Les pneus hiver à tout le moins recommandés


La généralisation d'hivers comme celui-ci justifierait l'obligation de monter des pneus adaptés!

C’est le genre d’incident – un léger dérapage sur la neige se terminant sur un muret- dont on ne parlerait pas si le dépanneur  commandité par  Touring n’évoquait pas son intervention récente dans un accident  dramatique dû lui aussi aux conditions hivernales : une  voiture qui s’est enroulée autour d’un arbre, tuant les deux enfants attachés aux places arrière.

Que les routes enneigées justifient le recours à des aides particulières, des 4 roues motrices aux pneus hiver – idéalement, les deux choix combinés- , personne n’en doute. Et bien sûr, les conditions exceptionnelles de ces dernières semaines ont largement justifié le choix de pneus adaptés, y compris en ville, pour ceux qui ont eu la chance d’en trouver!

En revanche, y a-t-il intérêt, au-delà d’une émotion bien compréhensible expliquant la ruée chez les marchands de pneus, à  retenir systématiquement cette solution sous notre climat dit tempéré ?Si les prochains hivers sont comme celui-ci, il n’y a pas à hésiter! S’ils s’apparentent à celui de 2006 avec des records de température frôlant les 14° et une moyenne générale de 6,6° (au lieu de 3,1° en moyenne), le propos doit être nuancé. Touring se dit pour « si on effectue beaucoup de kilomètres, si on dispose d’une voiture aux pneus larges ou à l’indice de vitesse H,V et supérieur ou si on habite dans les Ardennes ». Mais le choix n’est pas indispensable pour qui « roule peu en hiver, utilise des pneus de tourisme de dimensions réduites et à l’indice de vitesse inférieur (T) et habite au nord du sillon Sambre et Meuse ».

Mais où la confusion persiste, c’est entre pneus neige et pneus hiver. L’utilité de ces derniers ne se limite pas aux routes blanches ou verglacées: « on peut monter des pneus hiver lorsque la température risque d’ être inférieure à 7°, soit de la mi-octobre à la mi-avril », estime Federauto. Les avantages – meilleure tenue de route à basse température sur sol sec ou mouillé, meilleure adhérence sur la neige ou la glace, distance de freinage plus courte- sont liés à une technologie spécifique : la forte lamellisation – dix fois plus qu’un pneu été-  offre un meilleur soutien, plus de grip et moins de risque d’aquaplanning, tandis que la bande de roulement composée de silice permet de conserver  l’élasticité de la gomme et donc son efficacité par temps froid.

Lors d’ essais comparatifs entre pneus été et hiver organisés en novembre sur une piste allemande de l’ADAC à Grevenbroich, deux tests m’avaient impressionné: 5 à 6 mètres séparaient deux Golf amenées à ralentir brutalement de 50 à 0 km/h sur un sol mouillé  et froid; et sur une route en cercle recouverte partiellement d’époxy, une BMW Série 3 équipée de pneus été et roulant à 40 km/h  suivait péniblement une voiture identique et en pneus hiver, tout en sollicitant en permanence l’ESP.

Une précision : «  lors de tests, nous constatons des différences d’une marque et d’un type de pneu à un autre,  rappelle Touring. Il existe des sites donnant les résultats  comparatifs et il convient de se faire conseiller le pneu adéquat selon l’usage et le véhicule en considérant que ce choix est sécuritaire et non économique. En effet, l’ usure plus rapide des pneus hiver justifie leur utilisation à des périodes précises et donc un surcoût, d’autant plus qu’ils supposent aussi le choix d’une deuxième jeu de jantes en tôle moins sensibles aux effets du sel et leur stockage en été.

Au-delà de ces précisions, on comprend mal les réticences de l’IBSR relayées par le pouvoir de tutelle, le Secrétaire d’Etat Etienne Schouppe. Des déclarations qui ont fait bondir le secteur automobile et pas seulement  celui des manufacturiers.

Les différents types de pneus

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5 réflexions sur “Les pneus hiver à tout le moins recommandés

  1. Chère Simone,

    Notre pays a ajouté un surréalisme de plus à une collection qui s’enrichit chaque jour ! Au début de la récente offensive hivernale, n’a-t-on pas entendu le communicateur du BIVV (le pendant Néerlandophone de l’IBSR, l’Institut Belge pour la Sécurité Routière) déclarer lors d’une interview que les pneus « hiver » étaient recommandés dès que la température descend sous les 7°C et quelques heures plus tard, son collègue francophone déclarer le contraire aux auditeurs et téléspectateurs ! Allez comprendre ! Cette divergence fut clôturée quelques temps plus tard par notre génial Secrétaire d’Etat à la Mobilité, Mr Etienne Schouppe, qui déclara que les avantages des pneus « hiver » n’étaient pas suffisants dans nos contrées pour en justifier l’achat. Ce faisant, il obligeait le porte parole du BIVV à faire marche-arrière mais annonçait qu’il allait faire procéder à des tests comparatifs.

    Surréaliste n’est-ce pas ? Demandez à tous les conducteurs qui doivent continuer à rouler au plus fort de la tourmente ce qu’ils en pensent et leurs commentaires voudraient sans doute à certains d’entre eux des plaintes pour insultes à politiciens !

    En attendant la publication des résultats de ces tests annoncés (j’espère que Le Soir jouera à fond son rôle de gardien de la vérité en exigeant qu’ils soient publiés !), quelques explications pour faire comprendre pourquoi les voitures d’aujourd’hui tiennent moins bien la route sur la neige que leurs grands mères d’il y a 30 ou 50 ans.

    La tenue de route sur toute surface et a fortiori sur des surfaces glissantes tient à de nombreux facteurs dont les 4 principaux sont :
    – 1) la souplesse du caoutchouc de la bande de roulement du pneu,
    pour que les microenfractuosités de la surface de roulage puissent être « agrippées » par chaque atome de caoutchouc de la surface de roulement
    – 2) la pression au cm2 du pneu sur la route,
    pour que cette « agrippement » soit d’autant plus fort voire que la couche de neige puisse être « pénétrée » plus efficacement par les pavés du dessin du pneu,
    – 3) les dessins longitudinaux et surtout transversaux du profil de la bande de roulement, pour qu’ils aident également à la roue à s’agripper aux reliefs plus importants du revêtement ou de la neige,
    – 4) et l’équilibre de la répartition de la masse du véhicule sur ses 4 roues,de façon à ce qu’aucune roue soit « délestée » et se bloque au freinage ou patine à l’accélération.

    Comme les constructeurs ont voulu diminuer le coût d’utilisation de leurs véhicules, ils ont exigé des pneus plus durs dans leurs cahiers des charges aux manufacturiers, des pneus qui s’usent donc moins et qui, coup de chance, font également consommer moins grâce à leur plus faible résistance à l’avancement. Comme cette expression le dit clairement, la tenue de route spécifique (lire par cm2) s’en trouve donc diminuée et de façon assez marquante quand la chaussée est glissante, 1er handicap en hiver.

    Comme les constructeurs ont voulu augmenter la tenue de route sur sol sec et également diminuer les distances de freinage, ils ont augmenter la surface de contact des pneus avec le sol, en en augmentant la largeur mais aussi le diamètre, ce qui augmente également le confort. Ils ont donc diminué ainsi d’autant la pression au cm2 de chaque pneu : 2d handicap en hiver.

    Comme on a voulu des pneus sans cesse moins bruyants et sans cesse meilleurs face au danger de l’aquaplannage, les pneus ont vu les rainures longitudinales d’élargir et les dessins transversaux diminuer : 3ème handicap en hiver.

    Voilà donc pourquoi il est encore plus important aujourd’hui qu’hier d’équiper son véhicule d’un train de roues montées en pneus « hiver » ou de prendre les transports sur rails aux premiers flocons.

    Voilà aussi pourquoi, il faut cesser de se plaindre de l’absence du dégagement des routes ou ses méthodes souvent absurdes comme l’épandage de trop de sel sur des couches épaisses de neige alors que chacun sait qu’il faut d’abord passer le chasse-neige et ensuite seulement saler mais qui semble savoir cela dans nos administrations ?

    Voilà aussi pourquoi il serait peut-être judicieux de poursuivre avec des amendes administratives les conducteurs qui, par l’absence d’équipement adéquat de leur véhicule, bloquent la route en hiver en mettant ainsi gravement l’économie de notre pauvre pays en péril !

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  2. Réaction de Touring via le chat

    Imposer les pneus hiver est sans doute une mesure trop radicale. Mais Touring ne peut que conseiller très vivement aux usagers de s’en équiper. Sous 10°, quel que soit le temps, il sera plus efficace qu’un pneu route normal et améliorera nettement le comportement du véhicule. Le prix, me direz-vous? Rappelez-vous que pendant que vous utilisez les pneus hiver, vos autres pneus restent au garage et ne s’usent pas. Et bien sûr, chez Touring, tous les véhicules sont équipés en pneus hiver depuis le mois de novembre.

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  3. C’est bien beau tout cela, mais moi qui n’ai pas de garage, je les stocke où mes pneus hors saison ? Je ne vais quand même pas racheter un nouveau jeu de pneus tous les 6 mois ?

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