Rouler vite pour consommer moins


Une consommation réduite n'est pas liée au seul choix du véhicule, et une conduite dynamique peut même l'influencer positivement. (Ph. Alain Dewez)

Selon une enquête européenne de Touring publiée cette semaine, les jeunes de 18 à 24 ans sont moins attentifs à la consommation de carburant que leurs aînés.

Ils ne sont en effet que 56% à  s’en soucier contre 76% pour la catégorie d’âge des 65 ans et plus. Fallait-il vraiment une enquête pour arriver à cette conclusion attendue, à savoir qu’une relative sagesse, y compris au volant, vient en principe avec l’âge?

Plus intéressant est de savoir comment réduire la consommation de carburant. La manière classique est d’adopter un rythme de conduite plus calme et d’utiliser les indicateurs de consommation disponibles sur de nombreuses voitures, avec des résultats significatifs. Mais il existe une méthode plus dynamique, comme l’avait démontré  un test effectué avec dix lecteurs des « Routes » du Soir au volant de VW Passat Bluemotion et à l’invitation de la société D’Ieteren. De prime abord, les ordres du moniteur du Key Driving Competences avaient surpris : « Accélérez bien, passez rapidement les 3e, 4e et 5e rapports pour atteindre le couple moteur idéal ; lâchez les gaz, 4e, 3e ; le rond-point est libre, “gaz”, 4e, 5e, maintenez votre vitesse. »

Sur le parcours test de 13 km tracé sur un itinéraire sinueux et à travers des villages, la technique avait néanmoins fonctionné en appliquant quelques autres conseils de base: « Maintenez la vitesse en courbe à 70 km/h, lâchez les gaz en descente, ne vous rapprochez pas inutilement de la voiture qui vous précède car elle roule mal et vous n’avez pas la possibilité de la dépasser. Et dans un rond-point, il ne faut pas s’arrêter si cela n’est pas nécessaire ; on provoque des bouchons parce qu’on roule trop vite en ligne droite ou parce qu’on freine trop dans les virages. »

A l’arrivée, le comparatif chiffré entre un premier test libre et un second sous assistance était sans appel. Tous les paramètres plaidaient pour un style de conduite plus coulé et/ou plus dynamique utilisant en permanence le couple du moteur et donc des régimes peu élevés.

Bilan chiffré relevé par l’ordinateur : une consommation en baisse de 21 %, soit 5 l/100 km au lieu de 6,4, une distance de freinage réduite  (230 m au lieu de 1,04 km, 18 coups de frein au lieu de 34). Et surtout, 3,60 km parcourus avec l’arrivée de carburant coupé, au lieu de 2,37 km lors du parcours initial.

A l’évidence, la technique est efficace mais elle suppose une attention permanente et n’ est pas nécessairement optimale pour la sécurité.

L’eco-driving à l’essai

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9 réflexions sur “Rouler vite pour consommer moins

  1. « A l’évidence, la technique est efficace mais elle suppose une attention permanente et n’ est pas nécessairement optimale pour la sécurité ».

    C’est exact, cette conduite qui s’inspire du cycliste qui doit ménager ses efforts, profiter de son élan et soigner ses trajectoires est tout sauf une conduite pépère et prévenante.

    Quand on l’adopte, on râle d’ailleurs ferme quand on est derrière un boulet qui met 20 secondes pour atteindre 40 km/h après avoir démarré au feu rouge (une habitude belge que ma petite théorie personnelle attribue à la surconsommation de somnifères et de tranquillisants :-)).

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  2. L’éco-conduite offre bien plus de sécurité que la conduite normale.. au début, c’est peut-être l’impression qu’elle pourrait donner. C’est évidemment une conduite bien plus reposante. Le titre de l’article est calamiteux…il ne s’agit pas de rouler vite mais de vaincre rapidement la force d’inertie du véhicule. Donc, il faut arriver rapidement à la vitesse stabilisée désirée du véhicule (par ex 50 à l’heure en ville ou 110 sur autoroute) et à cette vitesse désirée, se retrouver sur un rapport long (5ème ou 6ème). A ce moment, à un régime moteur faible, voire très faible, le moteur consomme très peu. Ce régime n’est pas forcément celui du couple maximum (autre erreur de l’article); il ne faut pas confondre meilleure consommation spécifique, obtenue elle au régime de couple maxi, et traduisant la meilleure consommation pour une puissance déterminée : par ex, pour un couple maxi établi constaté à un certain régime/moteur (par ex. 15 kgm à 3000t/min) correspond une certaine puissance (par ex. 45 kw). Si ces 45 kw sont indispensables pour faire avancer le véhicule, dans telle ou telle circonstance de circulation ou de topographie, alors ok, c’est bien le régime qu’il faut utiliser mais la plupart du temps, ce n’est pas nécessaire. Dans la plupart des cas, une puissance bien moindre est suffisante. En fait, c’est tout simple : à vitesse stabilisée, plus le régime du moteur est bas, moins il consomme. Un bon truc, lors de l’accélération vous menant à votre vitesse stabilisée, « passer » une voire deux vitesses, de 2ème en 4ème ou de 2ème en 5ème par ex.

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    1. Cher Bob 4,
      Merci de votre remarque sur le couple maximum. En revanche, je confirme le choix du titre après avoir testé ce type de conduite sous la conduite d’un moniteur et observé d’autres personnes réalisant le même test: pour obtenir une réduction significative de la consommation dans le trafic, il faut d’une part relancer régulièrement le véhicule pour vaincre la force d’inertie mais aussi rouler sur le couple, couper les gaz et limiter les freinages, y compris dans les virages ou en descente, et ne pas hésiter à se « lancer » dans un rond point. Sur route et particulièrement sur un itinéraire sinueux, il s’agit bien à mon sens d’une conduite plus dynamique, plus attentive et nécessitant parfois de rouler plus vite. Même s’il ne s’agit évidemment pas de vitesse élevée dans l’absolu puisque ce type de conduite ne suppose évidemment pas de transgresser les règles de la circulation.

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  3. Que rajouter de plus ?! Peut-être les boulets de la bande de gauche à 110km/h voire moins allant à la même allure que leurs collègues de la bande du milieu qui délibérément ou par méconnaissance du code de la route refusent de se rabattre.

    Faisons circuler cet article !!!!

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  4. Il ne faut pas confondre consommation spécifique et consommation absolue. La 1ère est dépendante du régime-moteur où l’on constate le couple (force du moteur) maximum : c’est en effet à ce régime (par ex 2500 tours) que la conso spécifique sera la plus favorable, que le moteur aura le meilleur rendement…spécifique. Par ex, 1er cas : à 2500 tours, en 5ème, le véhicule circulera à 85 km/h, la puissance érodée à ce régime (2500 tours) sera, par ex, de 45 KW, le moteur consommera 4,5 l/100 km, soit 0,10 l pour obtenir 1 kW (= consommation spécifique). La plupart du temps, ton véhicule n’aura pas besoin de cette puissance : tu te retrouveras, en palier (à plat, si tu préfères) à 50 km/h avec le même véhicule, toujours en 5ème, par ex avec 20 kW à 1500 tours et tu consommeras 3 l/100 km (ce qui donne 0,15 l par Kw).

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  5. Le meilleur moyen de moins consommer, c’est de rester chez soi !!!
    A l’heure ou tout le monde ou presque dispose d’un ordinateur personnel, d’une cam, et d’internet je me demande ce que les gouvernements attendent encore pour favoriser le teletravail !

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  6. Merci pour votre article qui met le doigt sur la notion de constance de flux de la circulation, l’importance de la compréhension de son véhicule et sur la nécessité de vigilance. Ce sont les permanentes relances qui sont à l’origine des consommations élevées et des émissions de particules. Malheureusement, les limitations de vitesse appliquées ne semblent pas favoriser ce genre de conduite plus dynamique dans notre pays où les limitations sont plus répressives que préventives, sous argument de sécurité routière. Or, l’immense majorité des accidents sont dus à des erreurs d’appréciation et de négligence (changer de bande, ne pas utiliser ses rétroviseurs, …) mais pas la vitesse absolue en tant que telle. L’expérience personnelle me laisse penser que la rigueur des limitations et la fréquence des contrôles qui impose un train de sénateur, inadapté aux véhicules, diminue l’état de vigilance des conducteurs, ce qui retourne l’argument de prévention routière…
    D’autres voies pour augmenter le flux de circulation permettraient de diminuer les émissions globales, il s’agirait de s’attarder sur les réglages des feux et le placement judicieux des casses-vitesse, et de supprimer les différences de limitations sur des zones trop proches (tunnel à 70 puis 50 puis rappel 70…). Vous remarquerez que je n’ai pas aborder le bien-fondé de la limitation de vitesses sur autoroute lors des alertes smog

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  7. Rouler aux vitesses légales (ou ne les dépasser que d’une marge « raisonnable » ) pouvant parfois être tellement fastidieux, au point de favoriser l’apparition de somnolence, cela fait plus de 20 ans que pour maintenir un niveau de stimuli suffisant, je me suis attelé à surveiller ma consommation plein par plein, et à en « analyser » les résultats. A une époque, j’ai travaillé comme chauffeur de limousine, avec à l’occasion des missions s’effectuant en convoi. Mon patron ne comprenait pas comment cela se faisait qu’il devait chaque fois remettre moins de carburant dans mon véhicule alors que nous avions tous effectué la même distance à la même vitesse !
    J’ai par la suite suivi des cours de conduite économique, qui n’ont fait que renforcer ce que j’avais découvert de manière empirique.
    Selon moi, la méthode « grosse accélération puis laisser rouler  » est efficace, mais pas toujours facile à utiliser sur des parcours inconnus où la route n’est pas « lisible » à l’avance, de loin, ni lorsqu’il y a du trafic. De plus, elle demande des capacités de conduite supérieures à la moyenne, la voiture restant pour beaucoup de gens uniquement un moyen leur permettant de se déplacer du point A au point B sans la moindre notion des éléments de mécanique et de physique régissant les phénomènes en cours.
    Sur des parcours inconnus ou se « découvrant » très tard, je reviens à une technique plus douce, plus « classique ».
    Mais il reste qu’une des clefs est d’utiliser un minimum les freins, car l’énergie perdue au freinage est une énergie consommée en vain, et qu’il faudra reconsommer pour relancer la machine. Donc, lever le pied suffisamment tôt, ce qui coupe l’alimentation, et conserver un maximum d’énergie (de vitesse) à travers la courbe va nous permettre d’économiser du carburant.
    A titre indicatif, tout en roulant plus vite (je ne suis quasiment jamais suivi, encore moins dépassé, sur des petites routes), je consomme moitié moins en grosse berline allemande qu’avec la GS 1100 de ma jeunesse, et fais 90.000 km avec mes plaquettes avant !

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  8. Votre article est particulièrement intéressant. En le lisant, je me demandais pourquoi on ne donnait pas ce genre de conseils lors de l’apprentissage de la conduite. Mais conduire de la sorte requiert une certaine maîtrise du véhicule qui est pour le coup indispensable.

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