L’automobile: une passion royale


Cette miniature est une reproduction du cabriolet 342 America Pininfarina, une des Ferrari que posséda la Roi Lépold III.

On a fait grand bruit le week-end dernier de la vente à Paris, sous la verrière du Grand Palais, d’une Aston Martin DB2 ayant appartenu au Roi Baudouin.

Indépendamment de la valeur impressionnante de cette enchère (333.000 euros) et de quelques autres ( 747.500 euros pour une Porsche 906 de 1966, 943.000 pour une Bugatti type 51 de 1933), la présence d’une voiture de la famille royale parmi d’autres ancêtres d’exception n’avait rien d’étonnant.

Depuis les premiers  pas de l’automobile, nos rois  ont manifesté leur intérêt pour la « bella macchina ». Dans les archives spadoises du début du XXe siècle,  on retrouve ainsi le nom d’Albert I  qui, tombant en panne lors  d’une randonnée organisée sur les hauteurs de la ville d’eaux, envoya son  mécanicien chercher de l’aide. Le même Roi posséda quelques belles voitures dont une sportive  » KB 70/80 chevaux » Germain (du nom d’un fabriquant  de Monceau-sur-Sambre) qu’il avait dotée d’une carrosserie très spéciale. Plus tard et à l’initiative de Léopold III, la prestigieuse marque Bugatti faillit même s’installer en Belgique. On était en 1939 et le constructeur alsacien craignait la proximité de l’Allemagne en ces temps agités. Mais alors qu’ Ettore Bugatti évoquait ce projet au Château de Laeken, il fut brusquement rappelé chez lui suite au décès accidentel de son fils. Le conflit mondial qui s’annonçait ne permit pas de concrétiser cette initiative.

Dans les années 50 et 60, c’est  surtout de Maranello et de Turin que vinrent quelques-uns des plus belles voitures de la Cour de Belgique. Ainsi Pininfarina fut-il appelé à la fin de l’année 1954  à carrosser un cabriolet très spécial développé au départ d’un châssis allongé de la 375 Mille Miglia: direction à gauche, roues avant indépendantes, moteur V12 4,9 litres de 344 ch identique à celui utilisé dans les Grands Prix. Cette Ferrari unique – 375 MM cabriolet Pininfarina châssis 0488 AM- Enzo Ferrari la destinait à Léopold III.

La Princesse de Rethy était elle aussi passionnée par les produits de Maranello et  en reçut trois exemplaires entre 1955 et 1967, en plus du cabriolet 342 América Pininfarina que  possédait son illustre mari, le Roi Léopold III : une 250 Europa  GT à l’empattement raccourci qui fut la dernière oeuvre du carrossier Vignale et dont le V12 3 litres développait 220 ch; une autre GT 250 au moteur plus puissant (260 ch) et signée cette fois Pininfarina dans un style plus moderne et avec une poupe faisant penser aux Facel Vega; un coupé 330 GTC qui sera d’abord exposé au Salon de Bruxelles 1967 avant d’être remis à sa propriétaire puis construit ensuite en trois autres exemplaires pour des clients très privilégiés.

Si la photo de notre couple royal prenant un peu de recul sur les événements politiques en « s’échappant » au volant d’une Fiat 500 a fait le tour des médias, Albert II fut aussi un grand amateur de mécaniques sportives, notamment de « deux roues » au guidon desquelles il parcourait les Ardennes. Faisant étape dans les bâtiments de BMW Belgique à Bornem, il nous est arrivé d’apercevoir, penché sur le moteur de sa moto, un mécanicien hors du commun. Le même Prince Albert de l’époque avait  l’habitude, au-delà de l’inauguration officielle du Salon de Bruxelles,  de se ménager, après la fermeture des portes au public, une soirée privée où il demandait à quelques importateurs de lui accorder l’hospitalité pour une visite approfondie.

Albert II, dont le père aimait fréquenter le circuit de Francorchamps, accorda  en  2002 son patronage aux festivités du centenaire du Circuit des Ardennes dans la région de Bastogne. Dans un tout autre registre et face à une situation préoccupante pour l’avenir de l ‘assemblage automobile dans notre pays, c’est lui aussi qui, après la fermeture de l’usine Renault à Vilvorde, envoya discrètement une délégation belge auprès de l’Empereur du Japon pour essayer de convaincre Toyota de construire des voitures chez nous .Tentative vouée malheureusement à l’échec, à l’inverse du complexe français de Valencienne qui accueille notamment une main d’oeuvre belge.

Enfin, à l’abri des grilles du château de Laeken, tous les petits princes ont découvert prématurément les joies de la conduite automobile, y compris au volant d’une Bugatti type 52 baby. Quitte à inspirer quelques frasques à l’un ou l’autre!

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