Faut-il multiplier les radars en Wallonie?


Mille nouveaux radars vont être installés en France d'ici à 2012. Et en Belgique? (Ph. Pierre-Yves Thienpont)

Le débat relatif aux radars ne se limite pas à une conversation de bistrot entre les « pour » et les « contre ». Il vient d’ être relancé en France après une hausse des accidents mortels en janvier. En Wallonie, on compte  750 radars pour 1.400 en Flandre.Chez nos voisins  pionniers en la matière -le premier radar est apparu en 2003, deux ans après la Suisse- , les chiffres parlent d’eux-mêmes: 7.600 tués sur la route au début des années 2000, 4.273 en 2009 où la courbe s’est momentanément stabilisée, 3.994 l’an dernier. Bien sûr, si on se réfère aux 16.200 morts en 1971 (!), la répression n’explique pas tout: la sécurité passive des voitures en forte hausse, les assistances à la conduite et la qualité du réseau routier doivent être pris en compte. Mais il n’empêche…

Le sujet n’en  reste pas moins chaud dans l’Hexagone après une recrudescence des accidents mortels en janvier: 320 au lieu de 267  sur la même période de 2010 (+ 21%) pour des raisons à affiner (intempéries etc). C’est le moment opportun choisi par le ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, pour annoncer hier l’installation d’ici à 2012 de 1.000 nouveaux radars dont 100 mesurant la vitesse moyenne sur un tronçon déterminé. D’autres projets sont dans l’air: voitures banalisées avec camera dans le bas du hayon arrière, véhicules avec vidéos pour filmer les infractions etc.

Et en Belgique? Le choix, on le sait, n’est pas seulement sécuritaire mais aussi communautaire avec quelque 750 radars installés en Wallonie (Un tous les 72 km)  pour 1.400 en Flandre (Un tous les 40 km), et 80% des amendes perçues par la Flandre qui ne reçoit que 55% du « bénéfice ». Une disparité à combler? Le ministre wallon de la Mobilité, Guy Lutgen, s’en défend et ne veut pas faire des radars une opération d’abord financière (Les radars automatiques ont flashé 43.154 fois en Wallonie en 2010). Et sa collègue  flamande Hilde Crévits admettait il y a quelques mois la nécessité de réexaminer tous les emplacements des radars dans le nord du pays  et de ne pas en installer beaucoup plus  malgré les 250 demandes en attente dans des communes.  En outre,  » 20% se trouvent à la mauvaise place », estime le président du Syndicat national du personnel de police et de sécurité, Philip Van Hamme.

On en est là, et le débat reste latent chez nous où le réseau routier n’a rien à voir avec ce qu’il est en France, ni en quantité ni en qualité ni en densité de circulation:un des problèmes majeurs de la Flandre est constitué par des villages s’étirant en longueur de part et d’autres d’une route nationale bordée  par des maisons et des trottoirs et n’offrant aucun dégagement. Les usagers faibles (piétons et cyclistes) en sont fréquemment victimes.

La multiplication des radars peut-elle tout résoudre? A l’ évidence  non, mais le placement de radars fixes  à des endroits appropriés et signalés – comme en France- incite à lever le pied dans des zones considérées à risque. La formation des conducteurs à tous les âges est un autre axe majeur: cours de conduite défensive ou sur routes glissantes, simulateurs de conduite ou formations complémentaires pour les gens âgés sont quelques axes. Un meilleur ciblage des zones accidentogènes ou la lutte  sans relâche contre l’alcool  ou la drogue sont d’autres pistes.

Reste un élément qui n’est jamais assez pris en compte: la nécessité de considérer la conduite d’un véhicule comme une activité à part entière. Dans les constats d’accidents, la « vitesse inadaptée » est l’argument facile qui évite de se poser d’autres questions. Et si on s’interrogeait par exemple sur la distraction du conducteur négligeant d’anticiper les évènements sur un itinéraire qu’il connaît trop bien… ou trop occupé à rechercher les radars masqués?

Notre choix est fait depuis un moment:  un bon avertisseur  de radars! Pas pour transgresser les règles de la circulation en permanence mais pour rouler l’esprit tranquille et s’occuper de la route et du trafic plus que des limitations de vitesse variant parfois à un rythme difficile à suivre – sur les autoroutes de l’est de la France par exemple- , tout en limitant le risque de se faire piéger par l’un ou l’autre radar placé en descente sur une route déserte.

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5 réflexions sur “Faut-il multiplier les radars en Wallonie?

  1. Extrait d’un communiqué conjoint du Secrétaire d’Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe, et de l’IBSR donnant le coup d’envoi de « Go for Zero », une nouvelle initiative qui rassemble les entreprises, les organisations, les pouvoirs publics, les médias et les citoyens derrière un même objectif: un trafic plus sûr:

     » Au cours de la dernière décennie, le nombre de tués sur la route a diminué de plus de 36 % dans notre pays (de 1486 en 2001 à 944 en 2008, alors que le baromètre de la sécurité routière indique que ce nombre a continué de diminuer jusqu’en octobre 2010 inclus); … le comportement humain est la cause principale de la majorité des accidents de la circulation. En 2008, environ 300 personnes sont mortes sur la route en raison d’une vitesse excessive ou inadaptée, quelque 200 à cause de l’alcool au volant et approximativement 100 pour non-port de la ceinture. »

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  2. Non, plus de radars! C’est trop facile de jouer à la Gestapo en actionnant la pompe à fric de l’Etat sous couvert d’augmenter la sécurité routière tout en restant au chaud dans sa voiture ou encore au fond de son bureau!!!
    Si les Régions veulent vraiment faire quelque chose pour la sécurité routière, qu’elles assument D’ABORD leurs responsabilités en maintenant les routes et autoroutes dans un état correct. Les routes belges sont aujourd’hui profondément dégradées, on n’arrête pas de devoir remplacer des pare-brises en raison de projections de gravillons, nos amortisseurs sont usés prématurément par le passage répété dans des nids de poules dignes d’un pays en développement!

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  3. Pourquoi ne parle-t-on jamais de l’Allemagne? La vitesse est libre sur certains tronçons d’autoroute bien choisis (en réalité, la vitesse est modulée en fonction du trafic et de la météo) et pourtant le nombre de morts est plus bas qu’en France alors que l’Allemagne occupe une position centrale.
    La répression stupide et idiote est malheureusement porteuse dans notre société qui est de plus en plus obsédée par la sécurité, quitte à perdre toute vie privée (Caméra de surveillance, Geo-localisation, …)

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  4. Dans le top 3 de la sécurité routière en Europe, outre l’Allemagne déjà citée ci-dessus, il y a également l’Angleterre, où tous les radars sont bien visibles, car munis de bandes jaunes fluorescentes. Ces radars sont placés intelligemment, dans des endroits dangereux ou des entrées de village, et les conducteurs ayant dû de ce fait ralentir ont l’intelligence d’attendre la sortie du village avant de ré-accélérer.
    Et un conducteur anglais qui se fait rattraper sur une petite route va vous faciliter le dépassement en serrant sa gauche et en levant le pied. Rien à voir avec les réactions de petits justiciers vues si souvent par chez nous !
    Comparez une carte de France reprenant les points noirs de la sécurité routière, et une des radars, et vous verrez que quasiment aucun point ne coïncide!
    Ce qui prouve bien que le discours sécuritaire que l’on nous sert n’est qu’une vaste blague, car leur unique but est de remplir les caisses, comme le confirment les quotas de pv imposés aux agents par leurs supérieurs et responsables politiques ! S’ils voulaient vraiment faire ralentir les gens, il leur suffirait simplement de se rendre visibles, à des endroits dangereux, au lieu de se cacher dans des lignes droites en descente.
    Car il n’y a pas de chiffre magique pour la vitesse, et la vitesse en soi n’est nullement dangereuse. Du fait de la rotation de la terre sur son axe, les habitants de la zone équatoriale font en permanence plus de 1600 km/h, et celle autour du soleil nous emmène tous à plusieurs milliers de km/h !
    Ce qui est important, c’est d’adapter sa vitesse aux circonstances, aux aptitudes et à l’état du conducteur et du véhicule, du trafic et des conditions météo.
    Il m’est arrivé de descendre à – de 80 km/h sur autoroute, mais aussi de ne pas me sentir encore en danger à 240 km/h sur une autoroute allemande bien dégagée !
    Essayer d’influencer le comportement d’une population en instillant la peur dans leur esprit, en les empêchant d’utiliser leur capacité de jugement, porte un nom : du terrorisme.

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  5. Les » zigzagueurs » du dimanche soir
    Retour de la mer ce dimanche aux alentours de 20h. Même au coeur de l’hiver, l’air iodé et les grandes balades sur la plage attirent du monde à raison. Le trafic vers Bruxelles reste dense avec des arrêts sur l’une ou l’autre file toujours délicats, résultat du phénomène classique de l’accordéon. En cause, des vitesses variables, des zones traditionnellement chargées mais aussi ces petits malins sautant d’une bande de circulation à l’autre au gré des encombrements. La troisième bande à gauche bouchonne? Pas de souci, je saute sur celle du milieu , voire sur celle de droite (les camions sont rares) pour remonter les files puis me réintégrer à gauche quelques centaines de mètres ou un kilomètre plus loin. Nouveau bouchon? Nouveau mode de dépassement « original », quitter à accentuer dangereusement ce phénomène de l’accordéon.
    Et que dira-t-on aux automobilistes victimes d’un accident? Vitesse excessive bien sûr!

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