Le prix record de l’essence relance le débat sur la conduite économique


Diminuer la vitesse sur autoroute pour consommer moins? Il y a des mesures plus efficaces, surtout sur le long terme. (AP).

Depuis lundi matin et afin d’économiser le carburant, la vitesse maximale sur les autoroutes espagnoles a été réduite de 10 km/h. Et ce mercredi, le prix record de l’essence relance le débat sur la conduite économique.

Si le sujet – l’explosion du prix du baril de pétrole accentué par les événements au Moyen-Orient dont le diesel qui a grimpé de 27% en un an en Belgique- n’était pas sérieux, la mesure en cours ferait rire: depuis ce lundi matin, le gouvernement espagnol a ramené la vitesse maximale sur autoroute de 120 à 110 km/h. Au-delà de l’ effet psychologique non négligeable sur les automobilistes, les premiers chiffres donnent une idée de l’effet très malaisé à évaluer de cette mesure: le gouvernement parle d’une économie de 11 à 15% de la facture énergétique alors que les spécialistes la situent entre 3 et 5%.

A l’évidence, il y a matière à débat comme le confirment les réactions des internautes sur ce blog. Et si besoin en était, le record historique atteint ce mercredi matin – prix maximum de 1,624 euros pour l’essence à 956 octane- est un argument supplémentaire pour repenser notre façon de conduire.

Comment? En multipliant les limitations de vitesse et les contrôles liés à celle-ci? Si prévention  et répression sont utiles à la gestion du trafic pour des raisons diverses, cette seule approche est non seulement réductrice mais peu valable pour le long terme, si ce n’est en plaçant un policier à chaque carrefour. Il serait temps de rendre l’automobiliste plus responsable de sa conduite. Vaste sujet qui concerne notamment « ecodriving » beaucoup plus efficace pour la consommation qu’une simple réduction de la vitesse sur autoroute. Et ses effets se font surtout sentir sur les routes et en ville en combinant un pilotage en souplesse, la montée rapide vers le régime moteur idéal à conserver le plus longtemps possible et un comportement anticipatif qui permet de réduire  sensiblement le nombre de freinages et de ralentir naturellement le véhicule à l’approche d’un obstacle.

Les pouvoirs publics peuvent aussi influencer sensiblement la consommation en organisant des « ondes vertes », c’est-à-dire en coordonnant les feux rouges pour diminuer le nombre d’arrêts et de redémarrages. Le mauvais exemple type est le feu actionné par un piéton et sans lien avec les autres feux situés juste avant ou après. Que dire des étranglements artificiels des artères favorisant eux aussi freinages et redémarrages successifs?

Autant de mesures plus complexes évidemment qu’un simple changement de panneau. Elles passent par des campagne de sensibilisation et des cours de conduite de nature à faire découvrir une conduite non seulement plus économique mais aussi plus sûre car exigeant une plus grande attention derrière le volant.

Quant aux résultats, ils peuvent être mesurés d’emblée sur la plupart des voitures modernes proposant des contrôle de consommation instantanée et moyenne. Des tests fréquents sur une longue distance  permettent d’affirmer que les gains obtenus sont largement supérieurs aux 10 ou 15% espérés par le gouvernement espagnol. Encore faut-il se donner le temps et les moyens de mettre en place une telle approche. Il en va de même pour l’insécurité routière qui serait combattue plus efficacement par une meilleure formation des jeunes conducteurs. Mais allez expliquer cela à Etienne Schouppe, le Secrétaire d’Etat à la Mobilité…

Douze conseils pour consommer moins

Anticiper, (ré)apprendre des réflexes

La conduite, ce sont des mécanismes psychomoteurs qu’on a appris ou non, ou qu’on est prêt à apprendre et à appliquer », lancent les organisateurs du test. Démonstration théorique à travers douze conseils parfois inattendus prodigués par l’équipe de « Key Driving Competences » (1).

1. Démarrez calmement.

2. Faites monter le régime rapidement pour changer de rapport plus tôt et rouler le plus possible aux régimes les plus bas. « Tenez compte du couple maximum, souvent aux alentours de 2.000-2.400 tr/mn, et n’hésitez pas à lâcher les chevaux au bon régime. Pour juger de vos performances écologiques, consultez la consommation instantanée si vous disposez d’un ordinateur de bord. »

3. En phase d’accélération, utilisez les gaz, pédale presque au plancher, et entraînez-vous à avoir un bon feeling de l’accélérateur.

4. Roulez dans le rapport le plus élevé possible et maintenez une vitesse stable. En fonction du terrain et du rythme, vous pouvez passer du 2e au 4e rapport ou du 3e au 5e. À l’expérience avec la VW Passat BlueMotion, rouler à 50 km/h en 3e vitesse équivaut à un régime de 1.800 tr/mn et à une consommation de 7 l/100 km; en 5e vitesse et à 1.000 tr/min, on tombe à 4 l/100 km. « Rouler brutalement en sous-régime fait exploser la consommation mais à petite vitesse, il n’y a pas de problème. »

5. Anticipez le trafic, gardez vos distances.

6. Évitez les arrêts inutiles, par exemple à l’entrée des ronds-points.

7. Anticipez les freinages et les arrêts en roulant le plus possible gaz coupés, « notamment sur les trajets habituels que vous connaissez par cœur ».

8. Modérez votre vitesse maximum en descente. « Mieux vaut mettre la voiture au bon rythme sur route plate et relâcher l’accélérateur en descente. »

9. Utilisez les instruments de bord et les infos disponibles (régulateur de vitesse, consommation instantanée). « Si l’aiguille du compte-tours est verticale, cela veut dire qu’elle a atteint 3.000 tr/mn, un régime trop élevé. »

10. Vérifiez la pression des pneus une fois par mois car des pneus sous-gonflés augmentent la consommation sensiblement.

11. Ne laissez pas tourner le moteur dès qu’un arrêt dépasse… les 6 secondes.

12. Une priorité absolue : anticipez la conduite, regardez loin et large pour prévoir les ralentissements et s’adapter aux circonstances particulières.

(1) http://www.keydriving.be

Rouler vite pour consommer moins

Le reportage sur RTL-TVI

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12 réflexions sur “Le prix record de l’essence relance le débat sur la conduite économique

  1. Je me demande si ce n’est pas le commentaire du journaliste qui est un peu simpliste. Il suffit de faire un test de consommation sur 100 km avec régulateur de vitesse bloqué sur 120 ou sur 110. C’est le cas lorsque l’on quitte le Luxembourg (120) pour la Lorraine française (110). L’ordinateur de bord indique une autonomie qui grimpe en flèche. Alors bien sûr, d’autres mesures sont utiles et nécessaires, mais la limitation de vitesse est une mesure rapide à mettre en ouvre et très efficace.

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  2. Autre exemple: certains plans de mobilité. A St Josse, on a multiplié de manière insensée les sens interdits, ce qui oblige à faire sans cesse des détours avec des arrêts aux carrefours. Ainsi, la rue de la Limite est divisée en plusieurs tronçons avec chaque fois un sens interdit dans un sens différent. Pour aller de la Place Quetelet là où était mon bureau, rue de la Limite, au lieu de la ligne droite, il faut tourner huit fois. Et tout St Josse est ainsi. Fameux gaspillage, et multiplication du CO2 en ville!

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  3. Personnellement, au volant de ma Polo Bluemotion, si, sur autoroute, je cale mon régulateur de vitesse à 100 km/h au lieu de 120, j’économise 12% de carburant (diesel). En effet, je consomme alors 3,9l au lieu de 4,6l à 120 km/h. C’est scientifique… Le problème, c’est que si je le fais seul, ça ne sert pas à grand chose ! Si tout le monde réduisait sa vitesse, alors là, oui, ça réduirait en effet la consommation globale, mais il yen a qui s’en foutent… Allez parler de 100 km/h sur autoroute à un BMWtiste ou à un AUDIste, ou à un QUATREFOISQUATREiste, voire à un PORSHiste…

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  4. Je me permets de signaler que outre cette initiative, le gouvernement espagnol a mis en place toute une série d’autres mesures.
    Par ailleurs, malgré les avantages indéniable de l’éco-driving, réduire la vitesse est très simple à instaurer. Ceci n’empêche évidemment pas de mettre en place des cellules de formation pour une conduite plus efficace.
    Enfin, je m’étonne des chiffres avancés par vos « spécialistes », pourriez-vous citer vos sources d’informations? En effet, à plus haute vitesse (typiquement au-delà de 60 km/h pour une voiture familiale) l’énergie dépensée par km parcouru augmente avec le carré de la vitesse. Une réduction de 120 à 110 km/h (qui n’est somme toute pas énorme, -8% de vitesse) représente donc potentiellement une réduction d’environ 15% en consommation.

    Ceci dit, tant que le débat sera mené par certaines personnalités (Alonso) qui soutiennent qu’on s’endort à 110km/h, on est pas prêt de s’en sortir.

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  5. Quand consomme- t-on le plus sur autoroute ? Quand on est dans les bouchons. La meilleure solution serait de fluidifier le trafic.
    Aucune voiture moderne ne consomme 15% de plus à 120 km/h qu’à 110 km/h. De plus, on ne roule qu’une partie du temps à la vitesse maximale autorisée. La valeur de 3 à 5% est beaucoup plus réaliste. Comme toujours, c’est une nouvelle mesure pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat.

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  6. Pas si simple la solution « conduite économique ». Les faits. Je roule en Peugeot 307 – voiture banale. J’ai laissé le computer de la voiture fonctionner sans l’interrompre pendant 10 000km. Je roule +/- 25 000 km /an
    Verdict : consommation = 8,5L / 100 km; vitesse moyenne = 41 km/h.
    J’applique les préceptes de la conduite « réfléchie » quand c’est possible car c’est moi qui paie mon essence, pas un employeur . Bien sûr, sur un long trajet de 1000 ou 1200 km sur autoroute, la consommation diminue à 7,5l et la vitesse monte à plus de 100 à 110 km/h. Sur les routes de campagne ou dans de petites villes, il y a moyen de contrôler sa façon de conduire.
    Ma bête noire est Bruxelles. Là, rien à faire : ce sont les circonstances qui vous imposent votre façon de conduire. Si vous devez y circuler dans les 16 à 19h …. Alors « En pratique, la conduite économique (“ecodriving”) est beaucoup efficace qu’une simple réduction de la vitesse sur autoroute. Et ses effets se font surtout sentir sur les routes et en ville en combinant un pilotage en souplesse, la montée rapide vers le régime moteur idéal à conserver le plus longtemps possible et un comportement anticipatif qui permet de réduire sensiblement le nombre de freinages et de ralentir naturellement le véhicule à l’approche d’un obstacle. » Faut pas rêver ! = un beau rêve d’écolo ou d’intello. Seule solution : éviter Bruxelles. Ou s’y rendre à l’heure de midi!

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  7. Excellent article qui résume les principes évidents qui ne sont JAMAIS appliqués car en plus de ne rien rapporter – un jour de radarisation et ls panneaux sont remboursés – à l’Etat qui les met en place, ils coûtent de l’argent.

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  8. La politique spectacle s’accomodera toujours mieux d’annonces choc que d’actions concertées fondées sur des études raisonnables….

    Dans notre système libéral, on sait très bien qu’on brûlera tout le pétrole disponible tant que cela sera plus rentable (comme le charbon en Europe de l’Ouest) que d’autres énergies, alors que ce soit en 30 ans en roulant à 120 ou en 31 ans et demi en roulant à 110….

    Curieusement, cette démagogie ne s’applique pas encore aux inutiles voyages en avion ou aux non moins dispensables illuminations de noël de nos belles villes empuanties par les effluves de diesel fiscalement encouragées par l’Etat et la Région Wallonne…

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  9. Et quid des gens qui roulent en voiture de société ? Ils n’en ont que faire de vos comportements « éco »,ce n’est pas ces gens- là qui payent la facture de la carte de carburant à la fin du mois.

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  10. Je m’étonne tout de même de ne pas voir la moindre mention du nombre de personnes par véhicule… Une mesure simple de la diminution de la consommation: 2 personnes pour deux voitures = environ 2x la consommation de 2 personnes pour une voiture…

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  11. La seule question qu’il faut se poser mais que des tabous multiples renvoient immanquablement aux heures noires du 20 ème siècle, c’est la taille de la population et son éventuelle gestion rationnelle. 2 fois moins d’habitants, 2 fois moins de pollution, plus d’embouteillages…..

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  12. C’est l’ADEME qui a mis au point la méthode du bilan carbone, conçue pour mesurer les émissions de Gaz à effet de serre (GES) dues aux activités d’une société. Dans la pratique, il s’agit de déterminer chaque flux physiquesconcernant la structure étudiée : Les flux de personnes,Les flux de marchandises, Les flux d’énergie,etc…

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