Paroles de designer: le Belge Luc Donckerwolke se raconte


Luc Donckerwolke dirige le centre de design de Seat depuis 2005.

Directeur depuis 2005 du centre de design chez Seat, le Belge Luc Donckerwolke se raconte dans un livre consacré aux  designers belges. Rencontré au Salon de Genève, il est aussi interviewé dans les « Routes » de ce vendredi.

Après deux passages chez Audi et deux autres chez Skoda et Lamborghini, Luc Donckerwolke n’est pas au bout d’une très belle carrière dans le groupe Volkswagen.

Extraits d’un livre récent où le journaliste Bart Lenaerts lui a tendu son micro pour des propos qui ne tiennent pas de la langue de bois:

« A dix ans, j’ai déménagé pour la Belgique. J’y ai tout détesté: le temps, les gens, le pays. Avant cela, je vivais de façon complètement « sauvage ». Je n’étais même pas habitué à porter des chaussures. J’avais l’intention de retourner en Afrique directement après mes études. Mais quand j’ai découvert le design automobile, j’ai décidé de sacrifier cette existence libre. »

 » J’ai atterri chez Audi, avec Dirk Van Braeckel comme supérieur direct.J’ai pu commencé tout de suite à travailler sur une voiture complète.(…) Ensuite Dirk et moi sommes partis  chez  Skoda. Cela ressemblait à un suicide professionnel car la marque avait une mauvaise réputation et pas de modèles. Nous y avons travaillé très dur à la Fabia et à l’Octavia, et la mayonnaise a pris. »

« Chez VW, ils savent que je ne suis pas quelqu’un de facile et que je ne fais jamais ce que l’on me demande. S’il y a une règle, je m’empresse de passer outre. C’est justement pour cela que je suis la personne qu’il faut pour remettre sur les rails une société en difficulté. »

 » En réalité, je n’ai jamais travaillé pour Lamborghini. J’ai travaillé exclusivement pour moi-même,  totalement à ma  guise et souvent en bisbille avec mes collègues et la hiérarchie. Lorsque Walter de Silva, le directeur du design du groupe VW, a souhaité rencontrer mon équipe, je n’ai pas su quoi dire, car en fait je travaillais seul. »

« Lorsque j’ai dû déménager chez Seat à Barcelone, j’ai littéralement pleuré. J’avais déjà refusé cette offre trois fois. Parce que je ne voulais pas quitter mes amis de Lamborghini mais aussi parce que je suis designer, pas directeur. Tout à coup, je devais monter un studio et mettre à l’unisson 70 personnes. »

« Je sais créer des autos mais je ne suis pas un bon manager. Je suis émotif, je ne travaille pas de façon rationnelle et je change constamment d’avis. Ce n’est pas nécessairement un défaut; dans ce travail, il ne faut pas être trop sûr de soi. »

« Avec les années, notre branche est devenue beaucoup plus compliquée. La Mini d’origine ou la Porsche 911 ont atteint le rang d’icônes parce que la carrosserie y était modulée autour du moteur comme dans la haute couture. Aujourd’hui, chaque modèle doit héberger des dizaines de moteurs, d’équipements et d’options.(…) C’est donc la pire combinaison possible qui détermine le volume et les proportions. »

(Un livre sur les designers automobiles belges, anglais, français et néerlandais, Bart Lenaerts et Lies De Mol, http://www.belgiancardesigners.be)

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