Les D’Ambrosio de demain à la RACB Racing School


L'idée de base de la RACB Racing School: une barquette biplace partagée par l'instructeur et son élève. (D.R.)

Le RACB et Volkswagen relancent sur le circuit de Mettet une école de pilotage qui permettra peut-être de susciter des talents, à l’image du nouveau pilote belge de Grand Prix, Jérôme D’Ambrosio.

La qualification et le Grand Prix d’Australie 1 menés ce week-end à son terme par le pilote Jérôme D’Ambrosio – le vingtième Belge dans l’histoire de la Formule 1- ont été l’occasion de rappeler que notre pays a été une pépinière de talents en sport automobile. Il fut une époque où des générations de candidats en herbe à la conduite en circuit, armés de passion, d’espoirs souvent vains et d’un bout de papier pour les cours théoriques, se succédaient   à l’école de monoplace VW montée à Zolder par André Pilette, un ancien pilote de Grand Prix. Thierry Boutsen fut de ceux-là.

Reprenant l’idée,  quelques personnes ont imaginé il y 18 mois de monter une école de pilotage moderne sur base d’une idée originale: remplacer la monoplace par une barquette biplace permettant au moniteur de donner des conseils en direct à son élève et aux deux occupants de changer alternativement de baquet. La première démarche fut de trouver un véhicule: châssis tubulaire facile à régler, moteur VW 4 cylindres 1.9 TDI de 165 ch. et 330 Nm, boîte manuelle à 5 vitesses, conduite à droite, poids total de 620 kg et performances sportives (0 à 100 km/h en 4,6 sec, vitesse maxi de 200 km/h). Le projet fut réalisé par une école d’ingénieurs de Metz et le montage de cinq barquettes biplaces confié au préparateur lillois e-Race.

Il a fallu ensuite monter la logistique sous la houlette du RACB et d’un partenaire technique et financier (Volkswagen), choisir un coordinateur de l’opération (Alain Bascourt), faire appel à un ingénieur spécialiste du sport auto (Charles Deffontaine) et à un responsable de terrain (Bernard Haine), et bien sûr monter une équipe sous la direction de Marc Duez en charge notamment des instructeurs (Hemroulle, Vosse, Baguette, Bouvy, Leinders, Lemeret, de Mevius, Martin…). Pour cette première année, le nouveau petit circuit de Mettet (2,2 km) a été retenu.

Début mars, les premières voitures sont arrivées et ont été mises au point par Marc Duez et Bertrand Baguette. Avant, la semaine dernière, une première journée test avec des élèves cobayes puis un baptême du feu pour quelques journalistes ayant revêtu casque et combinaison bleue aux couleurs de la RACB Racing School (RRS), et munis d’un interphone pour bénéficier des conseils de l’instructeur.

-« Regarde loin devant toi, freine, va chercher brièvement la corde à l’extérieur de ce virage difficile, plonge à gauche, remets la voiture en ligne avant d’accélérer »; sous la conduite de Jean-Pierre Van de Wauwer, rallyman et pilote en circuit, les courbes vallonnées du petit circuit de Mettet s’enchaînent au grand air et, qui plus est, sous un soleil généreux. L’idée de pouvoir rouler à deux dans une voiture « sans essuie-glace » est géniale mais l’ambition des animateurs de la RRS ne s’arrête pas là. « Ce n’est pas un cours  de conduite ou de maîtrise automobile, précise Marc Duez, directeur de l’école. Il s’adresse prioritairement à ceux qui ont déjà une expérience du pilotage, par exemple en kart ou dans la VW Fun Cup, et qui veulent progresser ». « Le but est d’abord de gagner des secondes au tour même si chacun, pilote ou non, en retirera quelque chose », confirme Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen.

Pour arriver à son but, la RRS a mis en place des structures  professionnelles. A commencer bien sûr par l’équipement vestimentaire mis à la disposition des élèves et par ces barquettes biplaces (quatre plus une show car) qui, pendant le cours, vont être volontairement déréglées afin d’apprendre les bases de la mise au point (amortisseurs, ressorts, balance des freins). « Le programme mériterait deux jours mais, pour des raisons financières, on l’a concentré sur dix heures intensives de 8 à 18 h, commente Marc Duez. Avec un instructeur pour quatre élèves, ces derniers vont alterner théorie et pratique sur base d’un cahier des charges précis et identique pour chaque équipe de quatre, dont 1h20 au volant par candidat. On travaillera aussi sur des demi-circuits pour apprendre chaque virage, en plus des ateliers: freinage d’urgence, accélération, réglages, condition physique, changement de pilote rapide etc. ». En  outre, l’école bénéficie d’un système de télémétrie par GPS et les élèves pourront évaluer leurs performances – trajectoire, freinage, vitesse-  à chaque point du circuit.

Pour des raisons pratiques, il n’est pas possible d’organiser un examen d’entrée à ce cours mais on a bien compris à qui il s’adresse. Facturée à 985 euros – toutes proportions gardées, un prix compétitif-, la journée se terminera par un débriefing et permettra aussi de passer certaines licences de pilote. « Bien sur, un élève peut se présenter une deuxième fois au cours pour se perfectionner mais le programme sera le même. Nous avons prévu cette année cinq sessions pour 16 élèves, dont la première le 21 avril est déjà complète ». Les suivantes auront lieu les 20 mai, 14 juin, 29 et 30 septembre.

Après cette première année où sont aussi programmées des opérations d’incentive pour rentabiliser le projet, les promoteurs feront le point. Une étape 2 du cours est par exemple envisageable, à Francorchamps ou ailleurs. Avec quelle finalité? « On ne devient pas pilote en un jour, mais chaque élève apprendra quelque chose. »


Tout savoir

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11 réflexions sur “Les D’Ambrosio de demain à la RACB Racing School

  1. Bravo pour l’augmentation de pollution , pour les dépenses inutiles . Je suppose que les amis des amis vont aussi en profiter… Des subsides privilégiés vont suivre , je suppose….

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  2. N’ oubliez pas de dire qu’il faut une bourse assez conséquente… et qu’en général, les pilotes de F1, ils sont dans un kart depuis qu’ils ont 5 ans… donc bon…

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    1. Pour avoir suivi la F.1 dans une autre vie, je pense comme vous. Il ne s’agit ici que d’un premier -très petit- pas vers le sport automobile nécessitant déjà un investissement (pas loin de 1.000 euros). Des centaines de Belges ont rêvé de Formule 1 ces dernières années sans l’approcher même de très loin mais, de temps en temps, la magie se produit. Dans l’immédiat, j’ai retenu: 1. l’approche a priori professionnelle de cette nouvelle école susceptible de mettre en évidence un talent émanant par exemple du karting, et j’ai oublié de préciser que l’accès à la RRS était autorisé dès l’âge de 16 ans; 2. contre toute attente « logique », un jeune pilote belge est rentré cette année dans une équipe de Formule 1, et ce week-end a qualifié sa monoplace et a terminé son premier Grand Prix…; 3. Tout sport a besoin d’une locomotive et Jérôme D’Ambrosio, si la suite des événements le confirme, pourra jouer ce rôle.

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  3. SUPER !! Belle initiative. Il faut absolument donner les moyens à nos jeunes espoirs d’être encadrés correctement.
    Il ne manque plus que la volonté de certaines grandes , moyennes et petites entreprises pour sponsoriser ces espoirs et leur donner les moyens financiers de trouver des volants.

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  4. (…) Au moins, ceux qui passeront par ce type de formation sauront vraiment conduire, pas comme une grande partie des conducteurs actuels qui ne peuvent même plus réaliser un créneau correctement. Rien à voir ? Ben si justement, les distances, la place que prend sa voiture, la coordination des mouvements. Maintenant un abruti au téléphone à 100 km/h sur la bande de gauche risque moins qu’un autre concentré à 140 sur une autoroute déserte…

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  5. @turboman777 : la vitesse est responsable de tous les maux de la société actuelle et n’importe quel conducteur dépassant la vitesse limite quelle que soit son expérience est toujours plus dangereux que le papy à contre-sens sur la E19 par une nuit d’hiver, sans phares, mais respectant le 110 km/h; tous les propriétaires de voitures de plus de 67,42 chevaux DIN sont des tueurs en puissance, c’est à cause de la vitesse que le Titanic a coulé et si la terre avait tourné moins vite, on aurait pas eu de séisme au Japon (c’est un résumé mais attendez-vous à quelques attaques de ce genre par les bien-pensants du forum). Sinon, sérieusement, excellente initiative cette école.

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    1. La vitesse a laquelle ton message a été stocke dans la base de donnée de ce site n’est certainement pas a la hauteur de la connerie de son contenu! Sinon, serieusement: trop fun ton post!

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