La France va fermer huit centres villes aux véhicules trop polluants: un exemple à suivre?


Fermer les centres villes aux véhicules émettant le plus d'émissions nocives pour limiter la, pollution: huit villes, dont Paris, vont tester les "ZAPA" pendant trois ans. (Ph. Pierre VERDY, AFP).

Des automobilistes agissant « comme s’ils n’avaient plus conscience des dangers de la route », des villes ne respectant pas les objectifs de qualité de l’air fixés par l’Europe: la France veut repenser la sécurité routière et lance des zones d’action prioritaires pour l’air (ZAPA).

A Paris comme à Bruxelles, le soleil a drainé les citadins vers les terrasses à la fin de la semaine dernière et ce week-end, donnant au coeur de chaque arrondissement des allures de villégiature.  Seul bémol pour les Parisiens et les touristes ayant envahi cafés et brasseries autour des ronds-points ou le long des les grands boulevards: l’air,  pas vraiment pur. Le CO2, objet de toutes les attentions et non polluant, n’est pas en cause mais bien la concentration de dioxyde d’azote et aussi ces fameuses micro-particules de 2,5 microns (6 à  fois plus petites que la taille d’un cheveu) pénétrant dans les poumons et dont on vient de rappeler l’existence en Belgique à travers un débat relatif aux moteurs essence et diesel. A défaut de pouvoir faire évoluer rapidement un parc automobile largement « diésélisé », la France va lancer à titre expérimental des « Zapa » (zones d’action prioritaires pour l’air) en limitant la circulation des véhicules les plus polluants dans les centres de huit villes volontaires pour un test qui durera trois ans: Paris bien sûr, Aix-en-Provence, Nice, Saint-Denis, Lyon, Clermont-Ferrand , Grenoble et Bordeaux.

Sur quelles bases? Quatre  catégories ont été déterminées pour chaque type de véhicules (Deux-roues, voitures, utilitaires légers et poids lourds). En point de mire figurent surtout 1,6 million de deux-roues immatriculés avant le 1er juillet 2004 et 8 millions de voitures datant d’avant le 1er octobre 1997, mais aussi des utilitaires légers d’avant le 1er octobre 1997 et 300.000 poids lourds et bus d’avant le 1er octobre 2001. Comme on l’imagine, la mesure, inspirée par la norme antipollution « Euro », fait l’objet de critiques, notamment de ceux qui rappellent que la France (comme la Belgique!) a encouragé l’achat de voitures diesels rejetant peu de C02 mais émettant des particules! Et puis, socialement, elle va éliminer des centres villes les voitures diesels les plus anciennes n’appartenant pas aux classes les plus aisées de la population, contrairement aux berlines les plus récentes et aux très symboliques 4X4. Au-delà du choix malaisé des véhicules considérés comme les plus polluants, il faudra faire appliquer la mesure par les automobilistes  et les motards, et surtout la contrôler. La mise en place des ZAPA est programmée avant l’été 2012.

En pratique, les ZAPA pourraient exclure des centres 20 à 70% des voitures particulières, et 40 à 80% des poids lourds et autocars. En  Europe, 124 villes ont déjà pris des initiatives de ce type, avec des résultats significatifs sur la quantité de micro-particules. Selon une modélisation de la Commission européenne, ces dernières réduiraient l’espérance de vie moyenne dans les villes de 8,2 mois. A Bucarest, la réduction des micro-particules ferait même gagner 22 mois de vie! Encore faudra-t-il, comme le rappelle l’association des maires de grandes villes de France, favorable à l’expérimentation ZAPA,  que  »la mise en place des périmètres soit accompagnée d’un développement de transports alternatifs au service des populations concernées. » Le même raisonnement vaut pour la Belgique où existent des projets similaires mais qu’aucune ville n’a encore osé concrétiser, se contentant, comme à Bruges, d’organiser un plan de circulation chassant de fait les voitures du centre historique. Tandis qu’à Bruxelles, l’idée d’un péage urbain continue à faire son chemin.

Plus récurrent, l‘autre préoccupation est inspirée par un baromètre d’Axa Prévention sur le comportement qui se dégrade au volant: deux conducteurs sur trois ne s’arrêtent pas au feu orange, la moitié d’entre eux négligent le clignotant, un tiers d’entre eux téléphonent en voiture ou roulent cinq heures d’affilée sans s’arrêter, près de 30% prennent le volant après avoir bu deux verres d’alcool: et puis, un Français sur six envoie ou consulte ses SMS au volant. Deux aller-retour gare du Nord – Versailles en bus ou minibus ont confirmé quelques attitudes de cow-boy dans le trafic: une petite voiture essayant de s’infiltrer via la voie réservée aux cyclistes, un taxi ou un scooter coupant la priorité du bus, ou le conducteur de « notre » minibus ignorant systématiquement feux oranges et limitations de vitesse.

Surprenant? Pas vraiment. La France a tellement mis l’accent sur les radars – avec des résultats significatifs sur les autoroutes- que les autres aspects de la sécurité routière ont été négligés. Y compris par les automobilistes qui se contentent de respecter les limitations de vitesse ou de ralentir à l’approche des radars, oubliant par exemple, en roulant quatre ou cinq heures d’affilée, que la somnolence est la première cause d’accidents mortels sur les autoroutes.

A vrai dire, ces quelques observations n’étaient pas l’objet de ma visite mais bien ce qui devait être un « work shop » avec différents ateliers  sur les systèmes audios en voiture. Beau sujet a priori mais complètement bradé au cours d’une visite express dans le Technocentre de Renault  proche de Versailles. Bref, je me suis fait piéger par une opération purement promotionnelle, mais il y avait pire comme soirée,  après avoir vu des voitures exposées, pour les chaînes de télévision, au soleil couchant et face à la Tour Eiffel illuminée. Et avant un mini-concert dans un style jazz et soul de la langoureuse Melody Gardot dévoilant généreusement le galbe de jambes bien faites sous sa longue robe fendue. Suite et fin de la promo sur la vidéo ci-dessous.

Les « ZAPA »

Les voitures qui polluent vraiment moins

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