Le tsunami japonais pourrait affecter le marché automobile belge


La perte de voitures endommagées par le Tsunami est secondaire par rapport au recul de la production, faute de pièces. (Ph. AP).

ECONOMIE. Si le drame japonais a frappé de plein fouet l’industrie automobile locale, ses conséquences à l’étranger  sont encore imprévisibles. Toyota est le plus touché mais tout le marché auto pourrait être concerné, en Belgique comme dans le reste du monde.

On ne le sait pas assez: 14% de l’ électronique mondiale est produite au Japon et la fabrication de certains micro-processeurs peut atteindre 50% de la production mondiale. A l’heure où les conséquences du Tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima toujours en cours restent difficiles à mesurer, il y a lieu, au-delà d’un drame qui est d’abord humain, de s’interroger sur ses conséquences industrielles.

L’automobile figure bien sûr en première ligne. Si les dégâts sont maîtrisés ou en phase de résolution dans les usines d’assemblage, il n’en va pas de même pour les sous-traitants qui alimentent aux deux tiers la production des voitures locales mais aussi, dans des proportions variables, pratiquement tous les constructeurs automobiles, de la Chine aux Etats-Unis via l’Europe. « On l’a peut-être oublié, rappelle Karl Schuybroek, porte-parole de Renault en Belgique; mais lors de la crise financière de 2008, les sous-traitants japonais avaient  déjà revu leurs prévisions à la baisse, et ces derniers mois, ils ont dû s’adapter non sans mal à la reprise du marché automobile. » Aujourd’hui, General Motors par exemple souffre du manque de pièces mais aussi les usines Volvo, notamment à Gand, qui disposent d’un stock réduit. Aux Etats-Unis , Toyota a dû fermer des usines.

Au Japon, la production a chuté de plus de la moitié en mars par rapport au mois équivalent de 2010 suite aux problèmes des fournisseurs situés dans le nord-est de l’Archipel: Toyota a assemblé 129.491 véhicules (- 62%), Nissan 47.590 (- 52%), Honda 34.754 (- 63%). Pour les autres marques (Mitsubishi, Suzuki, Mazda et Subaru), le recul a varié entre 25 et 60%.

Avec quelles conséquences à l’étranger et notamment en Belgique? Tout dépend des modèles et de leur lieu de production. Chez Toyota, les ventes des Yaris, Auris, Avensis et Aygo assemblées en Europe sont peu affectées : « le délai de livraison supplémentaire ne dépasse pas une semaine », selon le porte-parole belge Koen De Koning. Pour les autres modèles arrivant du Japon après cinq semaines de voyage (Prius, Verso etc) , il peut être de quatre à six mois: « la fourniture de quelque 150 pièces, dont des caoutchoucs, des plastiques et des pigments, se fait attendre; les clients se montrent en général compréhensifs, mais ce retard peut poser un problème lorsque le délai de livraison avait déjà été fixé. » En pratique, la production  des Toyota est à nouveau interrompue depuis ce 28 avril et elle reprendra à 50% à partir du 9 mai. Ainsi, la Californie est presque privée de son modèle phare, la Prius. Le retour à la normale est prévu « dans les 4 à 6 mois ». Un nouveau coup dur pour le numéro 1 japonais déjà soumis aux campagnes de rappel et à une attaque en règle aux Etats-Unis en 2010. « En ce début d’année, rappelle Koen De Koning, les ventes venaient de repartir à la hausse ».

Chez Nissan dont les voitures distribuées en Belgique sont produites à 80% en Europe ou  en  Inde (Micra),  les retards actuels sont sans conséquence sérieuse mais « tôt ou tard, on risque de souffrir aussi », estime Marie-Louise Van Dijck (Nissan Belgium).

Même constat pour d’autres marques: « toutes nos voitures sont produites au Japon, commente  Peter Gemoets (Mazda Belgique) et nous disposons d’un stock de pièces pour trois mois. Mais on ne sait pas ce qui va arriver ensuite, si par exemple la production est ralentie pour pallier les coupures d’électricité« . « C’est seulement maintenant qu’on se demande de quoi sera fait l’avenir », confirme Vera Joris (Subaru) alors que, selon Suzuki Belgique dont les voitures arrivent essentiellement d’Inde ou de Hongrie, « les Japonais eux-mêmes ne sont pas en mesure de dire grand chose aujourd’hui. On étudie la possibilité de faire venir des pièces détachées d’Inde si le besoin s’en fait sentir. »

La pénurie n’est pas seulement redoutée par les importateurs de voitures représentant 12% du marché belge: « face à un approvisionnement déjà tendu avant le drame japonais, nous n’excluons pas des soucis d’ici quelques mois, reconnaît Karl Schuybroek. Ainsi, nous avons déjà dû remplacer le compteur kilométrique des Kangoo par celui des Clio. Un comité de crise évalue la situation en permanence et étudie l’appel à de nouveaux fournisseurs ou des solutions en interne. »

Ce n’est encore qu’une rumeur à confirmer: même Ferrari serait à la recherche de pigments pour ses célèbres voitures rouges! Bref, si les constructeurs restent discrets sur le sujet – la production automobile mondiale pourrait chuter provisoirement de 30%- ,  tout le monde espère une issue favorable et rapide au drame nucléaire de Fukushima afin que le Japon puisse panser ses plaies et se concentrer sur sa reconstruction.

Volvo Belgique concerné

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2 réflexions sur “Le tsunami japonais pourrait affecter le marché automobile belge

  1. J’ai commandé une Citroen C4 le 21/01/2011, avec délai de livraison au plus tard le 15/04. Je ne la réceptionnerai au plus tôt que le 02 ou le 03/05, soit plus de 15 jours hors délais, pour « cas de force majeure », et un mois après la date initialement prévue, puisqu’elle était à l’origine annoncée pour la semaine du 04 au 10/04. Vraisemblablement une conséquence indirecte des problèmes au Japon qui, apparemment, touchent Citroen également…

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  2. Une autre conséquence, à plus long terme, est peut-être écrite ici :
    http://web4.ecolo.be/?Securite-d-approvisionnement-en

    Écolo dit qu’il est possible d’obtenir une croissance de la production électrique de 0.8% par décennies sans nucléaire. Si la crise japonaise sonne réellement le glas de l’industrie nucléaire belge et/ou européenne, alors les voitures électriques sont de la science-fiction : pour électrifier le réseau automobile, il faudrait produire 25% de plus qu’aujourd’hui. À coup de 0.8% par décennies, hum…
    Cela dit, même en acceptant le nucléaire, la voiture électrique était déjà très douteuse :
    http://www.manicore.com/documentation/voit_elect.html

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