alcool+ drogue + accident de week-end: le cocktail infernal


Comment réduire le poids des accidents survenus durant le week-end? La réponse est complexe. (ph. Belga)

OPINION. Si on note une régression globale du nombre de tués sur les routes wallonnes, 40% des tués sur les routes wallonnes perdent la vie les week-ends, a rappelé le ministre Lutgen.

Benoît Lutgen, ministre wallon en charge notamment de la sécurité routière, tempère cette semaine l’optimisme inspiré par les dernières statistiques de l’IBSR selon lesquelles le nombre de tués sur les routes wallonnes a diminué de 16,3% entre 2009 et 2010. En cause,  le poids des drames du week-end sur les chiffres globaux: « 40% des tués sur les routes wallonnes perdent la vie les week-ends, précise le ministre, et les accidents de nuit les week-ends sont près de trois fois plus graves que ceux qui se produisent en semaine. »

C’est un accident parmi beaucoup d’autres survenu en février dernier: un samedi à 4h30 du matin à Pecq, le long de la chaussée entre Courtrai et Esquelmes, une voiture a escaladé un  ilôt central avant d’être propulsée violemment sur un pylône électrique. Deux des trois jeunes qui étaient à bord ont été tués sur le coup, et le troisième est décédé à l’hôpital. Après ce drame survenu près de la frontière franco-belge et sur un axe très fréquenté par les noctambules du week-end, la lecture des commentaires des internautes interpelle. A côté de quelques constats sur cette route « accidentogène » ou le cocktail infernal alcool + drogue + accident, des jeunes se rebiffent. Ils rappellent qu’ ils ne sont pas les seuls à commettre des accidents, rendent hommage à un des leurs qui était « une personne de coeur » ou attribuent le drame à la seule fatalité. La compagne d’une des trois victimes, réagissant un mois après l’accident, s’en prend  aux langues de vipère: « on n’est pas là pour critiquer les actes de chacun ou jeter la faute sur qui que ce soit; quand on est jeune, on est inconscient, j’en conviens, mais cet accident est arrivé parce que c’était décidé ainsi et on ne pourra jamais lutter contre son destin, c’était leur heure… » Ce commentaire est identique à celui recueilli auprès d’autres jeunes après qu’un des leurs, victime fin mars de son imprudence dans la neige printanière, ait été emporté en dévalant à ski un couloir d’ avalanche.

La nouvelle campagne lancée cette semaine va-t-elle freiner cette hécatombe routière? Ce n’est pas sûr mais c’est un petit pas parmi d’autres. Le besoin de tester ses limites et de les dépasser, y compris à l’aide d’adjuvants, n’est pas le propre des jeunes d’aujourd’hui, même si les drogues ont partiellement relayé  bière et alcool dur des générations précédentes. Et le jugement porté sur les issues les plus graves  – c’est la fatalité- ne serait pas désavoué, dans un autre domaine, par un certain nombre de fumeurs peu sensibles aux messages figurant sur les paquets de cigarettes. On est bien confronté à un problème de société complexe face auquel les conseils de sagesse des « anciens » n’ont aucun poids. Et si une partie de ces derniers, amateurs de virées nocturnes, n’ont pas subi en son temps les conséquences de comportements proches, c’est d’abord  parce qu’ils ont eu plus de chance!

Si on s’en tient à la cause première de ces accidents – la vitesse, l’ alcool et/ou la drogue empêchant de maîtriser la conduite- la question reste la même: comment réduire ce fléau qui ne date pas d’hier? Les réponses – elles sont multiples- devraient se situer entre information pertinente, si non percutante, écoute des jeunes, mise en situation sans risque pour faire prendre conscience des dangers, meilleure formation à la conduite dynamique, réflexion sur les véhicules mis dans leurs mains inexpérimentées,  implication des responsables de débits de boissons,  incitation à des tests d’haleine spontanés, multiplication des contrôles préventifs ou répression sévère. Une liste qui n’est pas exhaustive et dont fait partie aussi la campagne appelée « Bob »- la seule vraiment efficace de longue date-  ou la création des « Responsible Young Drivers ». Et il y en a d’autres à imaginer, pour que cette crise de l’âge parmi d’autres se termine sans drame pour ces jeunes et les victimes de leur comportement incontrôlé.

La nouvelle campagne de sécurité routière

Les statistiques françaises

Alcool et accidents de la route

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