Sécurité routière: des actions ciblées plutôt qu’un catalogue de bonnes intentions


Arrêtons de multiplier les effets d'annonce et les nouvelles mesures pour améliorer la sécurité.

« L’objectif fixé en 2002 de réduire de moitié le nombre de tués pour 2010 n’a pas été atteint, a reconnu le secrétaire d’Etat à la Mobilité Etienne Schouppe lors des Etats Généraux de la Sécurité Routière qui se déroulent aujourd’hui.

Il faut donc « s’engager davantage », par la mise en oeuvre d’une vingtaine de directives établies par les experts de la Commission fédérale pour la sécurité routière, estime Etienne Schouppe. Chaque mort sur la route est un mort de trop, avait dit il y a quelques jours le secrétaire d’Etat à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen), en lançant un nouveau plan d’action régional 2011-2020 à Bruxelles. Et d’annoncer neuf objectifs stratégiques et opérationnels avec pour chacun une série de sous-objectifs. Et pourquoi les Régions flamande et wallonne n’auraient-elles pas elles aussi leurs propres plans d’action? Bref, on est occupé à nous préparer un espèce de couscous géant où chacun apportera ses propres ingrédients, quitte à les pimenter de quelques attaques politiques. Quand Schouppe dit prôner des limitations de vitesse réalistes, on suppose qu’il s’en prend  à la multiplications des zones 30 que Bruno De Lille continue à défendre, même si elles ne sont ni respectées ni contrôlées.

Plutôt que d’énumérer des catalogues de bonnes intentions, ne vaudrait-il pas mieux des actions ciblées, réalistes, capables d’être comprises et admises par une majorité d’utilisateurs, mises en place correctement, contrôlées et dont le non respect serait sévèrement sanctionné? Dans une carte blanche du « Soir »‘ ce matin, Infor Drogues s’en prend ainsi aux contrôles sévères qui devraient toucher les automobilistes consommant de la drogue alors que le problème majeur non résolu reste l’alcoolisme.

Quelles sont ces  priorités? Les statistiques multiples autour des accidents de la route devraient permettre de les définir. Est-ce la vitesse sur les autoroutes, le permis de conduire mal conçu, l’absence de formation des jeunes conducteurs, la puissance des voitures, l’alcool, la conduite de nuit les week-ends, la circulation aux abords des écoles, la cohabitation urbaine entre voitures, motos, vélos, piétons et transports en commun, l’état des routes , la somnolence au volant, que sais-je encore? Après avoir établi une hiérarchie, il devrait être possible de progresser pas à pas, en tenant aux usagers un discours convaincant sur la mesure prise et culturellement admissible. Bruno De Lille a ainsi évoqué comme objectif commun à tous les responsables bruxellois une réduction générale de la vitesse de 5 km/h à Bruxelles. Si elle apparaît comme une vraie priorité répondant aux critères évoqués ci-dessus, allons-y. Dans la négative, arrêtons la multiplication des annonces qui sont diffusées dans l’indifférence générale.

Souvent critiqués pour un comportement guidé par les seuls objectifs commerciaux, les constructeurs automobiles, poussés par des initiatives de la Fédération Internationale Automobile dont ces fameux crash-tests, ont au moins le mérite de la cohérence: d’année en année, la sécurité active et passive des voitures progresse, au point de les rendre parfois… dangereuses tant elles pardonnent nos erreurs et n’exigent plus l’indispensable  concentration au volant. Mais on leur doit aujourd’hui une part sensible dans la réduction du nombre de victimes d’accidents de la route.

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6 réflexions sur “Sécurité routière: des actions ciblées plutôt qu’un catalogue de bonnes intentions

  1. A fixer des objectifs irréalistes, on a la possibilité d’utiliser des méthodes irréalistes mais lucratives pour les atteindre. Le bon peuple crie « Bravo! » et tout le monde est content.Dans le fond, les morts de la route, on les tue une deuxième fois.

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  2. 1.d’abord réparer le réseau routier de façon durable
    2.Faire des limitations de vitesses crédibles (fini les 30km/h pour le tas de sable sur l’accotement)
    3.Utiliser les radars aux endroits sensibles (sorties ‘école,villages…)plutôt que de les placer aux endroits où ils risquent de « flasher » un maximum.

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  3. Après avoir tout fait pour conscientiser les automobilistes, ne serait-il pas temps d’engager des actions (répressives) envers les autres usagers de la route ?

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  4. Ha la la, toujours des mesures ponctuelles, prises au coup par coup suite à des événements ponctuels (voiture sans permis). Pourquoi avoir autorisé ces engins et surtout ne pas les avoir cantonnés dans les intramuros de certaines agglomérations déjà soumises à des limitations inférieures à 50 ou 30 km, mais d’avoir de toutes façons exigé un minimum de permis de conduire pour user de ce type d’engin (c’est bien le cas pour certains scooters)?
    Quant à la sécurité routière, il est beaucoup plus aisé de poser son séant dans un véhicule « flasheur » que de parcourir toute la journée les routes du royaume et se rendre compte que des milliers d’infractions sont constatées et qui devraient être sanctionnées (infractions au code de la route actuellement en vigueur). De plus, avec les moyens informatiques actuels, il est loisible de répertorier les contrevenants, de débuter la verbalisation, dans certains cas par des avertissements, et d’ensuite d’adapter les prix des PV en cas de récidive ou d’accumulation.Et parfois en fonction de la législation rendre le conducteur indélicat à sa fonction pédestre, non?

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  5. OK pour les zones 30 près des écoles et dans certains quartiers résidentiels fort peuplés par des enfants. Mais ou je ne suis pas d’accord dans le système actuel, c’est à propos dess zones 30 près des écoles: que de 09h00 à 12h00 et de 13h00 à 15h30, la vitesse reste limitée à 30 km/h alors que les enfants sont dans les classes ou dans l’enceinte de l’école n’a pas de sens. Il faudrait revoir la signalisation et mettre des panneaux lumineux signalant zone 30 près des écoles, par exemple de 8h00 à 9h00 et de 11h30 à 13h00 pour la matinée et de 15h00 à 16h30 l’après midi. Les signaux seraient le fameux disque blanc avec bord rouge et le 30 inscrit dans la partie blanche et ses derniers seraient allumés automatiquement pendant les période scolaire par un système de minuterie. Dans ce cas, les radars seraient bienvenus près des écoles et pas pendant la journée car c’est facile: je place mon radar près d’une école pendant la journée et je flashe à tout bout de champs. Je me suis fait prendre une fois sur une route ou la vitesse est de 70KM/H puis vous avez une petite zone à 50km/H et ensuite très vite après à 30km/H suite près d’une école. Coût du PV 240€ et ce à 14h30 un jour en semaine. ET une deuxième fois en revenant du travail encore à HAMOIS , le radar était juste 10 mètres après la plaque indiquant agglomèration( 50km/h) et j’étais à 70 car 200 mètres plus haut limitation de vitesse 70km/H. pourquoi ne pas signaler aux automobilistes que la vitesse est réduite 200 ou 300mètres avant l’entrée dans les zones 30 ou 50?

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  6. Qu’on commence d’abord par mettre de l’ordre dans la signalisation des chantiers routiers.N’y-t-il vraiment jamais un policier zélé qui rappelle à l’ordre les responsables des chantiers ? Surtout les chantiers mobiles.

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