Ce n’est pas la voiture qui génère le fou au volant, mais l’homme


Un post récent sur le thème  » La devise de certains navetteurs en auto: moi d’abord » a été lu par beaucoup d’entre vous et provoqué des réactions  parfois excessives mais aussi empreintes de bon sens. Extraits.

La possession d’une voiture, la conduite et le partage de la voie publique sont autant de sujets de discussion inépuisables. Et lorsqu’ils sont réunis dans un même post, un peu provocateur dans la forme j’en conviens, ils provoquent une déferlante de réactions en sens divers.

Un mot d’abord des véhicules de société, objet d’un débat animé sur ce blog, et évoqués plus généralement cette semaine dans le baromètre européen annuel du « Corporate Vehicle Observatory ». On y lit que  « l’environnement est au coeur des préoccupations des flottes. » Y compris, doit-on ajouter, pour des raisons fiscales liées au rejet de CO2! Ainsi, 78% des entreprises de plus de 500 personnes appliquent des directives concernant la pollution. En revanche, précise le CVO, la sécurité  concerne peu les gestionnaires de flotte et « 12% seulement des entreprises de plus de 500 employés organisent des formations à une conduite sécurisante ». C’est peu eu égard à la circulation actuelle et à l’âge de beaucoup d’utilisateurs de voitures de société. Les autres coûts étant pris en charge, seul le risque de dégâts matériels  à répétition peut donc faire réfléchir ces utilisateurs. Un élément à ajouter au débat qui nous occupe!

Venons-en à vos réflexions, après avoir évacué une critique de nature à faire sourire ceux qui me connaissent. Ayant eu l’occasion de tester pour le journal « Le Soir » des centaines de voitures de tous gabarits et de toutes les puissances, je ne suis pas vraiment « un frustré du volant ». Conduire une Ferrari  599 GTB sur le circuit de Fiorano ou une Audi R8 au Nürburgring  (le petit circuit…)  et à Francorchamps fait partie de  souvenirs parmi d’autres. Et je  recommande, pour vous faire plaisir à moindres frais, le circuit de Mettet découvert récemment avec quelques lecteurs du « Soir ». Une bonne occasion de se défouler sans risque.

Mais le débat est ailleurs, dans des rues et sur des routes publiques  que partagent automobilistes, piétons, cyclistes, transports et communs et motards. Ces derniers sont d’ailleurs souvent oubliés dans les débats sur la mobilité: pourquoi les vélos pourraient-ils emprunter les voies réservées aux autobus et pas les scooters et motos?

Un premier constat est dressé par « Eric D », ex-navetteur bruxellois et aujourd’hui installé dans le Brabant: « On ne se rend pas  compte à quel point se taper les embouteillages quotidiens porte sur les nerfs. J’ai moi-même sillonné les axes de pénétration de la capitale et le ring à l’heure de pointe. Des années. J’ai adouci l’expérience en écoutant des livres audios dans la voiture, ça évite de se focaliser. On a beau être maître zen, on finit par conduire agressivement, à se faufiler dans le moindre emplacement, à râler sur ceux qui ne démarrent pas au quart de seconde, …Nous sommes tous des “moi d’abord”, juste à des degrés divers ».

Une autre réflexion  plante le décor quotidien des navetteurs selon « Xa »: « Bruxelles est devenu en peu de temps une ville totalement bloquée à cause de toutes les décisions politiques qui vont à l’encontre du bon sens et de la fluidité. Que ce soit au niveau régional flamand ou bruxellois, il n’y a aucune cohérence dans les décisions d’aménagement( …)  et cela concerne la mobilité au sens large, cyclistes, piétons et utilisateurs des transports en commun compris. »

Donc, pas coupables les automobilistes, notamment des voitures allemandes premium?  » Certes, c’ est le conducteur et pas la voiture qui fait le fou du volant, note « soda ». Mais l’agressivité intrinsèque de certaines voitures allemandes et le fait qu’ elles procurent un sentiment de toute puissance se traduit mécaniquement par une conduite plus agressive. » (…) Et si les cyclistes sont si agressifs, c’est d’abord parce qu’ ils sont dans une situation défensive. »

Une conclusion très provisoire de « Laurent »: « je pense que ces échanges un peu trop agressifs montrent toute la limite des voitures dans une ville où les gens veulent vivre et avoir des enfants. Comment en vouloir à un jeune de brûler un feu rouge à pied ou en vélo alors que cela a été imposé par ces voitures qui lui mangent son espace de jeux? (…) Chacun veut faire ses règles, personne ne veut écouter l’autre et se montrer raisonnable. (…) Je veux vivre, rencontrer les autres avec le sourire et offrir de l’indépendance à ma fille en vélo plutôt que de l’obliger à s’asseoir sur le siège arrière de ma voiture allemande. »

« Nico » ajoute: « j’aimerais que ceux qui décident de faire le même choix que moi -renoncer à ma voiture- évitent de déranger inutilement: klaxon, bruit de moteur excessif, crissement de pneus, danger pour les cyclistes et les piétons, absence de courtoisie. De quoi mettre tout le monde sur les nerfs. »

Un constat qui dépasse de loin les seuls navetteurs et les utilisateurs de voitures premium . Il suffit de rouler les soirs de week-ends dans certains tunnels bruxellois. Si l’utilisation d’un certain type de véhicule accentue des comportements ou peut symboliser l’approche de la conduite et la valeur sociale accordée à celle-ci, on est sans doute tous d’accord, comme le dit aussi « S. Fussganger »: «  ce n’est pas la voiture qui fait le fou du volant, mais l’homme ou la femme derrière le volant ».

Pas de quoi résoudre toutefois la difficile cohabitation entre les différents usagers de la route qui méritera un autre débat!

Tendances et évolutions 2011 des flottes d’entreprise en Europe

La conduite en ville

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5 réflexions sur “Ce n’est pas la voiture qui génère le fou au volant, mais l’homme

  1. C’est marrant que l’on parle systématiquement des voitures allemandes pour caractériser un type de conducteurs. Non seulement, je ne suis pas du tout d’accord tellement ce genre de véhicules brassent les différentes couches de la population mais en plus, si on veut faire le rapprochement voiture-conducteur, il existe un exemple bien plus éloquent : Les SEAT type Leon ou Ibiza.
    Dans 90% des cas et c’est sidérant de constater que ce n’est pas une exagération, les conducteurs de ces petites voitures sont extrêmement agressifs au volant et injurieux.
    Quand on voit la campagne publicitaire de cette marque, « on peut essayer de comprendre » que ces chauffards ont l’impression d’avoir un droit de passage prioritaire sur la route. Ce n’est franchement plus admissible qu’une campagne publicitaire pour véhicule mette en avant le tempérament sportif de ses voitures. Tout comme le tabac, on devrait légiférer sur les publicités pour véhicules. Ce ne serait pas une solution miracle mais elle serait assez aisée de mettre en place et si on peut calmer une partie de la population « tout à la voiture » ce ne serait pas si mal.

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  2. Motard et automobiliste patenté depuis plus de 30 ans (dont quelques unes en pro de la route, Taxi à Bruxelles), je ne puis que constater la lente mais sûre déliquescence de l’automobiliste moyen. On dirait vraiment que le niveau moyen d’un conducteur devient inversément proportionnel non seulement au nombre de voitures en circulation, mais aussi au niveau de sécurité passive accru procurant un sentiment de relative impunité en cas d’erreur et/ou d’accident (dont les motards font assez souvent les frais).
    Depuis longtemps la voiture n’est plus un outil utilitaire mais est devenu (merci le marketing sauvage) un symbole de statut social et même un patch aux estimes de soi défaillantes. Notre mode de vie actuel étant basé sur la compétition à tous niveaux, rien d’étonnant à ce que l’on retrouve cette compétition jusque dans sa voiture. « Au boulot je suis un sous-fiffre mais dans ma caisse, je suis le boss »… Creusez dans le tissu social et vous trouverez les réponses à cette agressivité au volant. Une chose est sûre et certaine , aucune solution à court terme n’existe. Réprimer aveuglément n’arrangera rien. C’est une évolution fondamentale des consciences qui doit être envisagée

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  3. Et pourquoi s’en prendre uniquement aux automobilistes roulant en ville ?
    C’est vite oublier que les cyclistes ne doivent pas posséder de permis pour rouler en vélo. Et font dès lors peu de cas des règles de circulation. Etant considéré comme usager faible, qui prendra la défense de l’automobiliste qui aura percuté un cycliste ne respectant pas la priorité ? Vite oublié aussi que beaucoup de motards profitent des 5 bandes de la rue de la Loi pour se faufiler entre les voitures histoire, eux aussi, de gagner un mètre ou deux obligeant les automobilistes à regarder à gauche, à droite, devant et derrière en même temps !
    Le problème soulevé est plus général et d’application à toute la société: aucun respect des règles: politesse, courtoisie, respect, bon sens … autant de mots oubliés par les temps qui courent !

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  4. @Vincent58 : quand on parle des allemandes, il ne s’agit pas des Opel Corsa 😉 donc pour le brassage social, j’ai des doutes…
    D’accord pour les Seat que vous citez, mon jeune (24 ans) voisin a une Leon toute blanche et surbaissée.
    Mais il y a 20 ans, j’étais un gros raciste quand je médisais des petits Italiens de la banlieue liégeoise qui trahissaient leurs origines en roulant dans des charrettes japonaises hideuses mais tellement puissantes…

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  5. En gros et gras, cela se résume comme cela, le piéton maudit la voiture, la voiture maudit le vélo et le vélo se fout des deux autres. Bref, objectivement parlant et sans apriori, on n’est pas dans la merde

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