La ville du Mans, boulevard des Anglais avant la course


Après le show, place aujourd'hui au vrai spectacle, pour Peugeot (notre photo) et les autres.

Retrouvant ses origines – le prénom Simone évoque une pionnière du sport auto- « En voiture Simone » fait escale ce week-end au Mans. Comme un vulgaire touriste. L’occasion, bien avant le départ des 24 Heures, de se plonger dans une ambiance « so british ».

S’il existe bien une stèle érigée à la gloire de ses pilotes de légende, dont Jacky Ickx , le Mans n’a prévu nu boulevard des Anglais ni monument en l’honneur de ses hôtes britanniques. Sans eux pourtant, le Mans ne serait plus ce qu’il est et pas seulement pour des raisons financières, même s’ils assurent bon an mal un tiers des quelque 200.000 spectateurs ou plus  pour un événement qui représente 75% des recettes annuelles en tourisme.

Mais il y aussi la manière et la passion d’un peuple, toutes classes sociales confondues, vouant à l’automobile un culte très particulier à travers des associations locales,  des courses de clubs et bien sûr l’amour des traditions. Une fois par an, des dizaines de milliers d’Anglais motorisés traversent la Manche pour communier à ce qui reste un événement sportif et humain exceptionnel, le seul en Europe ayant résisté à la déferlante de la Formule 1 dont les dollars ont tué les autres grands rendez-vous en sport automobile.

Venant de Belgique via Amiens, on rencontre les premiers Anglais au-delà de Calais où le spectacle pour les badauds commence dans une station service, lorsqu’un père et son fils adolescent se déplient non sans mal pour s’extraire d’un roadster Caterham , après avoir retiré le seul bagage  placé sur les genoux du passager. A quelques mètres de là, le parking prend les allures  d’un Racing Car show avec des TVR,  Porsche, BMW ou anciennes Jaguar   affublées  sur les portières d’un numéro et du sigle de leur  club qui leur permettra de se retrouver dans un des campings réservés sur le circuit. Elitistes, les supporters d’outre Manche ? Sur le « boulevard des Anglais » menant vers la Sarthe, on voit de tout, des Audi R8 à une vieille camionnette Ford Transit, toujours marquée de  deux signes distinctifs parfois écrits au marqueur sur un carton : GB + Le Mans 2011. Une seule constante : la sagesse de ces automobilistes à l’évidence bien informées de la présence de gendarmes en nombre tout au long du week-end.

Le temps de se parquer à  proximité de l’université et de prendre le nouveau… tram local (temple de l’automobile, Le Mans revendique aussi ses soucis écologiques), nous voici au premier rendez-vous incontournable du week-end, la grande parade du vendredi soir dans les rues du Mans. Non sans avoir slalomé au milieu de la foule – 160.000 personnes étaient massées le long des rues- , au pied des murailles romaines et de la Cité Plantagenêt, témoins du patrimoine local illustré chaque soir d’été par le spectacle de la « Nuit des Chimères ». Mais en cette mi-juin, les chimères ne se montrent pas, laissant la vedette aux centaines de bistrots déjà pris d’assaut par les supporters anglais, danois ou allemands découvrant la bière sarthoise tout en suivant ce mélange de défilé automobile, de caravane type « Tour de France » et de cortège villageois avec Miss locale,  fanfares et majorettes.. Entre les nombreuses voitures de collection sorties du Musée des 24 Heures et quelques belles GT, il y aussi  les pilotes des 24 Heures perchés à l’arrière des cabriolets et se prêtant de bonne grâce à cette présentation  retransmise en direct à la télévision locale !

Un défilé aussi aux accents belges. Notamment  grâce au cabrio Audi 1934 sorti pour l’occasion du musée D’Ieteren, précédant le défilé des pilotes et  arborant le trophée où figurent les noms de tous les vainqueurs des 24 Heures. Puis, au milieu de la parade, un équipage belge formé de Vanina Ickx,  Bas Leinders et Maxime Martin a droit à des honneurs particuliers. Des mains du Maire, Maxime Martin reçoit le trophée du «Rookie des essais » attribué au  pilote ayant réalisé le meilleur temps parmi les débutants aux 24 Heures. L’ensemble est bon enfant et, plus que les équipages Peugeot et Audi censés animer la course, les Daviiiiid enamourés  saluent le passage de David Halliday.

Pour  ne pas être bloqué par la sortie de la parade, il est temps de quitter la ville. Direction : Arnage, un autre repère des Anglais, puis un petit village perdu dans une campagne qui fait tout le charme de la région, Saint Ouen en Belin et l’auberge « Les Poésies Palatines ». Catherine, maîtresse des lieux et membre depuis quelques jours des bonnes tables sarthoises, nous fait  découvrir une cuisine toute en finesse dans une salle à manger à moitié vide : « nos clients sont essentiellement des locaux mais ce week-end ils évitent de sortir de chez eux ou quittent Le Mans ».

Retour vers la ville en empruntant en sens inverse un des lieux mythiques du circuit, la ligne droite des Hunaudières ouverte au trafic. Ni  Peugeot, Audi, Porsche ou Aston Martin ce soir mais seulement des camionnettes de CRS destinées à prévenir toute velléité d’éventuels apprentis-pilotes éventuellement éméchés.  Un clin d’œil en passant  au « village des Belges », le camping où se retrouvent les nombreux commissaires de piste belges travaillant aux 24 Heures  puis retour pour la nuit à notre… motorhome. Le long week-end des 24 Heures ne fait que commencer.

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