Et si on retournait à Spa ce week-end?


Audi est le principal favori des 24 Heures de Spa cette année, mais rien n'est joué (ph. RACB)

Après des hauts et des bas, les 24 Heures de Francorchamps – on dit aujourd’hui « 24 Heures de Spa » parce que le titre plus court passe mieux dans les médias-  s’annoncent très ouvertes cette année. L’occasion d’y repasser la tête ?

Ce fut en son temps, lorsque les voitures de tourisme y étaient reines,  le rendez-vous incontournable des amateurs belges d’automobile  dont beaucoup programmaient leurs vacances pour être présents à Francorchamps le week-end charnière entre les mois de juillet et d’août. Les vrais passionnés rejoignaient le circuit pour les essais nocturnes du jeudi soir, ceux qui aimaient surtout la fête et l’ambiance des 24 Heures attendaient le samedi après-midi et le moment très particulier où le peloton s’élançait pour la première fois dans le raidillon. Après quelques heures, les tribunes se vidaient partiellement et le spectacle se déplaçait dans le village et les chapiteaux des 24 Heures , ponctué de quelques retours en bord de piste pour se replonger à l’approche de la nuit dans l’ambiance de la course. C’était l’époque de grands duels intermarques dont BMW sortait souvent à son avantage, mais aussi d’un championnat européen en tourisme créé pratiquement  autour des 24 heures belges qui en constituaient le  point d’orgue.

Puis, dans les années 90, l’intérêt pour la catégorie s’est quelque peu étiolé et les tentatives de confrontations entre  voitures de tourisme et de grand tourisme s’avérèrent malaisées à concrétiser dans les règlements. Ainsi en 1993, il fallut l’annonce de la mort du Roi Baudouin pour interrompre la morne chevauchée des Porsche qui, plus sobres, avaient éclipsé leurs rivales en tourisme dont certaines avaient préféré déclarer forfait.

Plus globalement, le sport automobile  subit depuis une quinzaine d’années la concurrence d ‘ autres événements populaires, y compris dans la région avec le succès des « Francofolies ». Et au niveau international, la toute puissante Formule 1 a absorbé longtemps budgets et médias, à l’exception notable des 24 Heures du Mans qui encore drainé en juin plus de 200.000 spectateurs.

On en était là en 2001 lorsque le RACB, après beaucoup d’hésitations et des pertes financières, renonça à la catégorie tourisme pour rentrer dans le championnat  GT (Grand Tourisme) contrôlé par la Fédération Internationale Automobile. Les 24 Heures y laissèrent leurs traditions – l’épreuve avait été créée en 1964 par Paul Frère et le RACB- , leur ambiance bon enfant et une partie du public fidèle, tout en devenant financièrement inabordables pour beaucoup de pilotes belges amateurs. Sans doute n’y avait-il pas d’autre choix, en l’absence du soutien des constructeurs de voitures de tourisme, pour maintenir en vie  un événement dont le RACB a même abandonné le contrôle cette année à SRO (Stéphane Ratel Organisation) qui a conservé néanmoins le même GO local, Jean-François Chaumont.

Et puis, au fil des années, le plateau a gagné progressivement en qualité, valorisé par un circuit qui, même partiellement massacré – on va encore éloigner le public au sommet du raidillon pour réaliser de nouveaux dégagements exigés par la Formule 1-  reste magique.

On en est là à la veille d’un rendez-vous qui s’annonce exceptionnel. Jeudi soir, il a fallu attendre les derniers essais perturbés par la pluie pour voir émerger sur  une BMW Z4 le jeune Maxime Martin déjà consacré « rockie » aux dernières 24 Heures du Mans pour avoir signé le meilleur temps des pilotes découvrant le circuit de la Sarthe. Et, au sein du peloton des BMW Z4, Porsche GT3, Lamborghini LP600, Audi R8, Ferrari 458 et Mercedes SLS, un peu plus de quatre secondes seulement séparent les dix premiers ! Combiné à une météo qui s’annonce capricieuse sous le célèbre microclimat spadois, la lutte s’annonce belle, même si l’organisateur a introduit une curieuse règle tardive – ravitaillement obligatoire toutes les 65 minutes- pour ne pas laisser filer les Porsche GT3 de conception anciennes sans doute mais fiables et sobres.

Après avoir quitté  en 2001  une organisation  qui avait vendu son âme au monde hyperkinétique de la FIA,  j’y avais repassé une tête l’an dernier pour suivre notamment de belles bagarres dans le raidillon. De quoi m’ inciter à retourner ce samedi au sommet de la célèbre butte, le seul endroit où il n’est pas  nécessaire de se référer à la télémétrie ou à une batterie d’ordinateurs pour apprécier les performances d’un pilote de Formule 1. Tant que son tracé naturel  lui permettra de rester un des grands juges du circuit…

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