Retour aux sources pour les 24 Heures de Spa


Sur un sol humide, les Ferrari 458 Italia ont été un peu moins à l'aise. (ph. Belga)

Le sport automobile   se nourrit  de mécaniques mais aussi de belles histoires qui forgent les légendes. Elles n’ont pas manqué ce week-end aux 24 Heures de Spa qui, par la magie de quelques équipes et de pilotes prometteurs, a retrouvé l’ambiance d’antan.

Et si on retournait à Spa ce week-end?, demandions-nous vendredi après avoir évoqué l’historique du double tour d’horloge spadois et le passage malaisé de la catégorie tourisme aux GT1 puis, cette année, aux GT3 et GT4. A l’exception d’une météo une fois de plus capricieuse sous le célèbre micro-climat de Francorchamps, nous n’avons pas regretté notre déplacement dans les Ardennes où, à une heure de l’arrivée, le spectacle restait haut en couleurs au freinage du virage de la Source avec une Audi WRT comptant deux tours d’avance sur une BMW Z4, et une Mercedes SLS talonnée par une autre Audi revenant aux avant-plans.

Un peu moins puissantes sans doute, les GT3 ont fait vibrer les 24 Heures de bout en bout dans la foulée d’une équipe belge Audi  qui a fini par émerger peu avant la mi-course d’un peloton complètement débridé. Une belle consécration pour un team créé en 2009 par Vincent Vosse, René Verbist et Yves Weerts et où on trouve aussi Pierre Dieudonné – vainqueur ici il y a 30 ans sur Mazda RX7 et team manager du W Racing Team- et, dans les coulisses, JG Mal-Voy, l’âme de l’Audi VW Club et l’indispensable lien entre l’importateur belge et le département compétition d’Ingolstadt représenté ce week-end  par le Docteur Ullrich lui-même, artisan notamment des duels gagnants au Mans face à Peugeot. Cerise sur le gâteau: à côté des pilotes chevronnés du DTM Ekström et Scheider, un Liégeois, Greg Franchi, accéda lui aussi à la première manche du podium.

Avant que ne débutent les 24 Heures, une autre belle histoire avait été écrite par Maxime Martin, le fils de Jean-Michel, auteur de la pole position  sur une BMW Z4 rachetée par le team belge VDS il y a un mois seulement. De quoi donner des envies à  BMW dont une autre Z4 termine à la deuxième place, non loin des vainqueurs. Même constat pour les Mercedes que l’on n’attendait pas à pareille fête dont une troisième place pour un autre Belge, Stéphane  Lemeret, associé notamment à Kenneth Heyer, fils de Hans Heyer, deuxième ici il y a 40 ans au volant d’une Mercedes SLS AMG.

Avec les « fils de » Maxime Soulet, Maxime Martin ou Kenneth Heyer, la roue tourne à Francorchamps comme ailleurs, au moment où les « vieux » Marc Duez, Jean-Michel Martin et  Eric Bachelart se félicitaient d’avoir amené leur Ford Mustang à l’arrivée et « sans la pression d’autrefois quand on jouait la première place ». Ce que l’on pouvait craindre en revanche, c’est que les 24 Heures aient perdu leur spirit en même temps que la catégorie tourisme où chacun pouvait s’identifier à une marque, de BMW à Ford ou à Alfa Romeo. Sans pourrait-on suggérer aux organisateurs de mieux identifier les voitures aux lignes parfois proches et difficilement identifiables par le non spécialiste. Et en parcourant les paddocks le long de gigantesques motorhomes gardés par des cerbères, le spectateur ayant connu les 24 heures il y a 20 ans ou plus avait l’impression de se retrouver dans l’ambiance de la Formule 1. Pas de quoi déplaire, avouons-le, aux VIP confortablement installés par exemple dimanche midi sous la tente ALD pour suivre, verre de vin en mains, les passages dans la chicane précédant la ligne droite des stands.

Mais il suffisait de longer les campings surplombant les parkings de Ster, de voir les visages embrumés émerger des voitures dimanche matin ou de se retrouver en haut des Combes pour croiser le même spectateur passionné qu’autrefois, sac à dos en bandoulière. A 20 euros l’entrée générale en pré-vente, il n’avait pas été roulé, surtout s’il était prêt à venir tôt et à marcher quelques kilomètres pour éviter les 10 euros de parking. Ce week-end, s’il n’a pas retrouvé « sa » voiture en piste, le même spectateur  a été gâté par des dépassements fous et un sprint permanent dont témoignent les nombreux abandons: 31 voitures à l’arrivée sur les 62 partants.

Enfin, les promoteurs ont eu la bonne idée de recréer un vrai show dans le village des 24 heures, le DJ  Bob Sinclar prenant le relais des chanteurs français ou de Germaine Jackson à une autre époque. Le public ne s’y est pas trompé et le chiffre annoncé de 60.000 spectateurs n’est pas usurpé.  » Un vrai retour aux sources », concluait Jean-François Chaumont, GO belge de l’événement.  En toute logique, l’édition 2012 devrait être au moins de la même veine.

Le reportage video de RTL

Le W Racing Team

Le championnat du monde GT en 2012

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6 réflexions sur “Retour aux sources pour les 24 Heures de Spa

  1. En effet, c’était une belle édition. Il manque juste une fête foraine digne de ce nom (cette année elle était vraiment minimaliste) et ce sera tip top de passer plusieurs heures autour du toboggan des Ardennes. 20 euros, c’est en effet un très bon tarif. Finalement, il n’y a que la F1 qui est hors de prix, car même les autres courses internationales sont très accessibles (WTCC à Zolder pour 20 euros par exemple, avec accès gratuit aux paddocks).

    Quand les gestionnaires du circuit auront remarqué qu’il y a eu plus de gens au 24H qu’au GP, peut-être qu’ils auront une prise de conscience salutaire.

    Comme seul bémol, j’ai juste trouvé les 4 GT4 de trop. Pourtant j’aime beaucoup les Lotus et j’ai parfaitement compris que cette catégorie existe pour leur permettre d’aligner une voiture, mais uniquement des GT3 serait peut-être préférable (et trouver une solution pour la Lotus Evora afin de pouvoir l’aligner en GT3). Mais le problème est peut-être la classification « GT », toujours bizarre. Les GT3 sont les mid-GT et les GT1 les super-GT, ça c’est clair, mais la catégorie GT2 « endurance » est vraiment le cul entre deux chaises et ne correspond à aucun type de voiture en particulier. Pourquoi ne pas classifier simplement en low (Evora, 370Z), mid (458, Gallardo, 997, Z4, etc) et super GT (Murcielago, Ford GT, Z06, DBR9, GTR, etc) : GT1, GT2, GT3. Fin ça c’est du chipotage FIA.

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    1. D’accord pour vos commentaires. Quand j’évoque le village des 24 Heures, je pense surtout à Bob Sinclar qui a drainé beaucoup de monde samedi soir derrière les tribunes, comme à la « belle » époque des 24 Heures. Pour que les forains se déplacent, ils doivent être sûr qu’il y a du public, comme ce fut le cas cette année. Et à propos des catégories GT, c’est vrai qu’il vaut mieux être le plus clair possible pour intéresser un public non spécialiste.

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  2. Personnellement, autant j’ai adoré le superbe plateau, le nombre assez impressionnant de voitures pouvant jouer la gagne, la course en elle-même… autant j’ai énormément été déçu par l’absence total d’écran géant (qu’on avait pourtant lors des éditions précédentes) ! Impossible de suivre le classement de la course en étant sur place, sauf peut-être de temps en temps si on a la chance d’entendre le speaker faire un point sur le classement entre 2 voitures (car on n’entend pas grand chose quand les bolides passent)
    Et lorsque vous parlez de vrai show au village des 24h, ça me fait tout doucement rire… plus on avance dans les éditions, moins il y a d’animations, moins il y a de stands dans le village.

    Bon, c’est vrai qu’à 20€ l’entrée, on ne doit pas trop faire la fine bouche non plus, car au final le « spectacle mécanique » est bien là… Mais bon voilà, pour avoir déjà fait 8 éditions, je trouvais que dans la réussite qu’annonce la plupart des médias, il faut légèrement nuancer.

    Par contre, le gros coté positif pour moi, et que le circuit de Francorchamps restera toujours aussi mythique, aussi somptueux, aussi bien pensé pour les spectateurs.
    Pour avoir fait les 24h du Mans cette année, je peux vous dire qu’on a énormément de chance à Spa de pouvoir faire un tour complet du circuit à pied, de pouvoir apprécier le spectacle de près, de pouvoir voir les voitures à de nombreux endroits au-dessus des grillages (voir au travers les petites « fenêtres » prévues spécialement à cet effet).
    Au Mans c’est vraiment tout l’inverse : trop peu de zones spectateurs, des grillages de 3m de haut partout autour du circuit et quasi pas de position en hauteur en dehors des tribunes payantes (et très chères), impossible de faire le tour du circuit sans devoir sortir de l’enceinte de celui-ci et passer par la ville via des navettes ou à pieds…

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    1. L’information reste un vrai souci à Francorchamps: j’ai vu le départ dans la tribune du raidillon et il était impossible de suivre les commentaires de mon confrère Christian Lahaye. J’ai aperçu par ailleurs un seul écran géant au bas des paddocks et il est évident que ces images ne peuvent plus être réservées aux seules zones VIP. Je m’étonne aussi qu’au fil des années, on n’ait pas réussi à installer un tableau électronique donnant au moins le classement des dix premiers. Peut-être faudrait-il revenir à l’époque des petits scouts – dont je fus…- tournant les pages d’un compteur indiquant le classement et le nombre de tours parcourus! Plus simplement, il fut une époque où le RACB vendait pour un prix démocratique des radios avec écouteurs branchées sur la fréquence des 24 Heures. Cela devrait ravir les spectateurs tentés par un tour magique du circuit à pied, avec de nouveaux points de vue, par exemple sur les talus surplombant le freinage du virage de la Source.
      Un gros regret enfin, irrémédiable malheureusement: le déplacement des stands vedettes avant le virage de la Source; invisibles des rares spectateurs postés en face des stands, les ravitaillements par exemple des Audi de pointe n’étaient vu que par les quelques dizaines de VIP massées le long de la vitre de la loge Audi… et par les téléspectateurs. Alors que chacun sait depuis toujours que la première zone de spectacle du circuit est située dans la descente vers l’Eau Rouge et le passage du Raidillon.
      On l’a oublié mais pour en arriver là, il a fallu que les images d’un accident survenu au pied du raidillon lors d’une course test de Formule 2 précédant le retour des F1 à Spa soit déposé sur le bureau de Bernie Ecclestone par des personnes « bien intentionnées ». La zone de départ dut être déménagée en catastrophe et à gros frais (pour le contribuable!) et depuis, Francorchamps se partage entre ses deux zones sans, heureusement à ce jour, se séparer des insfrastructures situées dans la descente vers l’Eau Rouge et où fut d’ailleurs donné le départ des 24 Heures.

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  3. Y allant depuis…. longtemps, première édition en 1968, il est bien vrai que pour suivre la course, c’est impossible dans l’état actuel des choses… Où sont les communiques horaires? Où sont les comptes rendus des arrêts des voitures, pas toujours accessibles à tout le monde, mais il y avait toujours quelqu’un ayant un accès presse pour vous communiquer quelques détails…
    La sono est telle que je ne le peux l’écrire ici…
    L’ancienne-nouvelle tour, muette, noire, sans infos… et la base existe pour y mettre l’heure et surtout comme le dit un autre passionne… le classement…
    Ce sont les VIP, qui à mon humble avis, sont les moins passionnés, (en pourcentage) qui sont le plus au courant de ce qui les intéresse… peu…
    Cette anné, j’ai vu dans les tribunes face aux anciens stands endurance, beaucoup plus de monde que « d’habitude »… le petit crachin local était régulièrement présent, mais il y avait encore des gens… La première fois depuis belle lurette à mon humble avis…Et la « fête » dans le shopping center… oui il y a eu du monde, mais tellement peu d’echopes… dommage…
    En bref, une edition comme on en redemande, avec ce petit plus d’infos indispensables pour suivre la course, et un peu plus d’animation dans le Shopping Center…
    Vivement l’an prochain…

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  4. Pour les commentaires, je vous conseille une petite radio FM… Elles sont désormais souvent intégrées dans les GSM… Une fois qu’on a trouvé la bonne longueur d’onde, on peut alors suivre les commentaires du ou des speakers avec une petite oreillette… Cela dit, à terme, on pourrait également envisager (ou rêver à…) l’installation de relais wifi tout autour du circuit… . Le retour aux sources, c’est bien… Mais il faut aussi savoir vivre avec son temps dans certains domaines.
    NB: 2 ou 3 écrans géants (zone des stands, Combes et Raidillon ?)avec des images des directs TV pour le public ne seraient en effet pas non plus superflus… Bref, il faut essayer de gâter le public pour le faire venir…

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