Saab: le feuilleton de l’été se poursuit


La chaîne de production de Saab est toujours à l'arrêt, et le constructeur a pris l'initiative de déposer son bilan assorti d' "une demande de mise sous protection de la cour auprès du tribunal du district de Vänersbor" . (ph. AP)

Une Saab dégage un parfum particulier qui en fait une voiture pas comme une autre, d’où l’intérêt  accordé à l’ avenir incertain de la marque suédoise, entre craintes et espoirs de plus en plus ténus après les nouvelles péripéties de ce milieu de semaine et le dépôt de bilan à l’initiative du constructeur.

Pratiquement à l’arrêt depuis le mois d’avril suite au défaut de payement des fournisseurs, les chaînes de  Trolhättan aurait pu, après différents reports, redémarrer le 29 août. Mais rien ne s’est fait suite aux nouvelles actions entamées peu après la mi-août et consécutives  au non payement de dettes dues à deux fournisseurs.

Selon les commentaires  d' »Automotive News » en août, Saab entretiendrait des « discussions substantielles » avec des investisseurs potentiels mais refuserait de commenter différentes annonces parues dans les médias, notamment à propos de partenaires américain et chinois. L’objectif: dégager les moyens financiers à court terme  pour reprendre la production dès que possible tout en négociant avec les fournisseurs dont l’arrêt des livraisons bloque les chaînes .

Comme l’explique Gunnat Brunius, vice-président production et achat, « ce dont  nous avons besoin maintenant, c’est d’un engagement total sur la fourniture de pièces pour être en mesure de relancer la production et assurer un flot de production stable. Nous travaillons dur avec nos fournisseurs afin de verrouiller ces plans, nous engager sur un calendrier de livraison et démarrer la production des quelque 11.000 voitures que nous avons actuellement en commande. La pause estivale de l’ensemble de l’industrie a comme conséquence que certains fournisseurs clés ne sont pas en mesure de nous fournir en temps ».

Saab, faut-il le rappeler, est une des victimes de la crise financière de 2008 qui a obligé General Motors à vendre sa filiale suédoise à la société hollandaise Spyker de Victor Muller. Depuis, le chaud et le froid soufflent à Trolhättan au gré d’annonces diverses ou d’une faillite redoutée, sans empêcher les analystes de répéter leurs craintes liées à la taille réduite de l’entreprise dans le monde automobile actuel.

L’avenir de Saab fait aussi réagir des blogueurs passionnés, à l’image de « Remi »: « la réalité financière de Saab à ce jour et la conjoncture internationale  encouragent peu à une vision optimiste des choses. On en perd parfois le sens commun, le sens économique d’une entreprise qui a acquis un savoir-faire unique pour ne privilégier que l’aspect financier immédiat.  Et les médias semblent participer à cette grand-messe de la financiarisation. (…) . Depuis 5 mois, les salaires de 3800 employés à Trollhättan sont payés alors que la production est à l’arrêt. Si un sinistre plan de mise à mort et de liquidation des actifs avait été prévu, les dirigeants de Saab et de Swan l’auraient déjà mis à exécution sans tarder! « 

Suite au non payement en date du 18 août d’une dette de 633.000 dollars dues à deux fournisseurs dont un fabricant de pièces pour des sièges, de nouvelles actions ont été entamées contre Saab. 

Et, ce mercredi 7 septembre,le feuilletonl a enregistré un nouvel épisode avec un dépôt de bilan  à l’initiative de Saab Automobile et assorti « d’ une demande de mise sous protection de la cour auprès du tribunal du district de Vänersborg », a indiqué son propriétaire néerlandais Swedish Automobile NV (Swan, (ex-Spyker) dans un communiqué.

« Swan et Saab Automobile sont d’avis que, compte tenu des ressources financières limitées de Saab Automobile, cette mise sous protection volontaire de la cour créera les meilleures conditions afin d’utiliser les ressources existantes de la manière la plus efficace . Le but final de ce processus est d’assurer la stabilité à court terme tout en attirant des fonds supplémentaires, en attendant l’entrée au capital de Pang Da et Youngman », estime Swan qui a cédé plus de la moitié de son capital  à des entreprises chinoises  : soit 29,9 % à Zhejiang Youngman Lotus et 24 % à Co Pang Da, le premier distributeur automobile coté en Chine.

Pour rappel, Saab avait annoncé en juillet un accord financier, stratégique et « contraignant » avec deux partenaires chinois: le distributeur Pang Da et le constructeur Yougman qui assemblerait une version Saab destinée au marché chinois. De quoi garantir l’apport d’argent frais et le développement de trois nouveaux modèles sur base d’un joint-venture en Suède. Mais ces accords doivent recevoir l’approbation des autorités chinoises, ce qui peut prendre plusieurs mois.

D’où cette ultime tentative de prolonger la situation actuelle malgré les pertes accumulées (201,5 millions d’euros au premier semestre) et le retard dans le payement des factures et des salaires.

Affaire toujours à suivre donc…

Saab peut-il éviter la faillite?

Paroles de blogueur

La naissance d’une automobile

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