Genève consacre la stratégie du groupe Volkswagen


Entre grand luxe (ce concept Bentley explore le monde des SUV) et voitures populaires, le groupe VW revendique sa durabilité.

Futur numéro 1 de l’automobile mondial, le groupe Volkswagen a choisi le Salon de Genève pour donner le coup d’envoi d’une nouvelle « durablité ».

Pénétrer dans le Salon de Genève, c’est peu comme entrer en religion pour adorer le dieu automobile. Ici,  tout  n’est que luxe et volupté, loin  du trafic urbain, du bruit des moteurs, du stress, des tracas du quotidien. Il suffit de poser son regard et d’admirer les courbes des voitures comme celles des hôtesses, de laisser les pieds s’enfoncer dans la moquette d’un stand,  d’effleurer les boiseries d’un incroyable SUV Bentley ou de rêver devant la barquette Lamborghini Aventador iota construite à un exemplaire et déjà vendue à un peu plus de 2 millions d’euros.

Et la crise du marché automobile européen?  Sous les spots, son évocation apparaît limite vulgaire, face  à des interlocuteurs eux aussi tout sourire  et à des patrons prêchant la bonne parole de quart d’heure en quart d’heure, au rythme des conférences de presse suivies par une nuée de caméras et des centaines de journalistes.

Pour sa traditionnelle soirée de pré-ouverture, le  groupe Volkwagen avait fait salle comble, rassemblant 1.400 représentants des médias originaires de 44 pays. Une manière de valoriser un Salon qui s’apparente à une offensive allemande. Mais avant de rejoindre le Palexpo, le futur numéro 1 de l’automobile – un objectif qui sera atteint sans mal en 2018-, a voulu se donner une position plus statutaire. Optant pour un show plus modeste autour d’une douzaine de nouveautés, il a monopolisé un –trop- long  large temps de parole pour évoquer passion automobile et surtout engagement à l’égard de ses 500.000 collaborateurs et  production plus « propre ».  « Proposer de bons produits et gagner de l’argent ne suffit  pas à VW », a martelé son PDG Martin Winkerhorn. « Nous voulons affronter les questions de notre époque : créer des emploi sûrs et de haut niveau, soigner la formation, encourager la culture, favoriser l’épanouissement dans la société et adopter des comportements utiles à l’environnement ».

A vrai dire, ce genre de discours un peu stéréotypé n’est pas neuf mais le moment est peut-être venu de l’appliquer dans le monde de l’automobile qui, après la fin de l’âge d’or, ne peut plus tout se permettre. Genève aurait donc marqué, selon le vendeur de 8,3 millions de véhicules sur 153  marchés en 2011 (le meilleur résultat de son histoire), le coup d’envoi « d’une nouvelle durabilité ». Une des premières applications visibles est la présence de l’Audi A3 inaugurant la première des trois plate-formes (MQB pour Modulär Quer Baukasten) qui, à terme, régiront l’essentiel  de la production du groupe. De quoi réduire encore les coûts, mieux gérer la production et améliorer la flexibilité des chaînes d’assemblage face à des comportements automobiles variables en fonction des pays ou de l’économie et de la fiscalité.

En termes d’environnement, la nouvelle politique devrait se traduire notamment par une réduction de 40% des rejets de CO2  à la production (éoliennes, centrales hydroélectriques, reforestation, traitement des eaux usées…). Dès 2015, les rejets moyens des modèles européens se situeront sous les 120 gr de CO2 au km. Auparavant (2013), la e-Up ouvrira l’ère de l’électromobilité.

Ce passage en force, qui se traduit aussi par des investissements de 62, 4milliards d’euros d’ici 2016 – dont deux tiers consacrés à des technologies et produits plus efficients-, VW les doit  à une stratégie claire depuis un  quart de siècle : développer des produits à tous les niveaux pour grapiller des parts de marché à ses rivaux européens et asiatiques, et multiplier les plate-formes, composants et moteurs  communs pour réduire les coûts de production. Critiqué à l’époque pour ses risques de cannibalisation, ce dernier choix s’est généralisé depuis dans l’industrie automobile et personne ne s’étonne aujourd’hui de voir la petite VW Up  sous une robe de Seat, de Skoda, voire repensée par Giugiaro qui a imaginé un cabriolety type  « giardinetto ». Ce sont les milliards gagnés grâce à ces synergies que VW investit dans sa conquête de leadership mondial.

Invariablement, avant chaque conférence de presse du groupe, les caméras se tournent vers Ferdinand Piech  (75 ans) pour saluer sa présence et celle  de son épouse. Le dieu de VW, c’est lui, un ingénieur visionnaire sans qui le groupe ne serait pas ce qu’il est, de Skoda et Seat à Bentley, d’Audi à Lamborghini.

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