Des fermetures d’usines semblent inévitables en Europe


Au vu de la surproduction, l'industrie automobile européenne n'échappera pas à des mesures brutales.

En plus des commentaires autour de multiples nouveautés, trois sujets animent les conversations au Salon de Genève qui ferme ses portes dimanche: les alternatives aux moteurs à combustion, la mauvaise passe du marché européen avec en fond de toile une surproduction flagrante, et enfin les synergies en cours.

Sur l’avenir à court et moyen des voitures moins polluantes, on sait que les agendas varient: Renault/Nissan est pressé de concrétiser sur le terrain sa stratégie de leader de la voiture électrique; PSA Peugeot-Citroën est beaucoup plus modéré dans ses ambitions sur le même terrain et a bien progressé sur les hybrides diesel/électricité ; Toyota/Lexus veut garder une longueur d’avance en généralisant une gamme de véhicules hybrides; les constructeurs allemands ne voient pas de véritable démarrage avant 2020 et les autres marques avancent en ordre dispersé.

« Nous maintenons qu’il existe une large palette de solutions durables, nous a expliqué le Docteur Christian Mohrdieck en charge du développement de la pile à combustible et des batteries pour le groupe Daimler. Elles se situent entre les nouveautés présentées à Genève dont la E300 hybride diesel consommant 4,2 l aux 100 km, les moteurs essence et diesel toujours en plein développement, la voiture électrique, l’hydrogène et la pile à combustible. Tout cela prend du temps: il y a 15 ans que Toyota travaille sur l’hybridation et chaque développement d’un nouveau produit demande 4 à 5 ans. Aujourd’hui, nous avons une Classe B à pile à combustible aussi performante que son équivalente diesel ou essence mais pour la commercialiser, on a besoin de combiner différents paramètres: robustesse, fiabilité et prix. Or, la pile à combustible coûte trop cher pour être produite en petite série. Un seul exemple: si on a besoin d’un composant, on ne peut pas faire jouer la concurrence entre sous-traitants car ils sont trop peu nombreux. Si le réseau de distribution de l’hydrogène se développe, on aura plus de chance. » La remarque vaut aussi en France et ailleurs pour les bornes de recharge électrique. Et si le binôme Chevrolet Volt/Opel Ampera a été récompensé à Genève du prix de « la voiture de l’année », le maigre succès de ces modèles écologiques a entraîné des arrêts de production momentanés.

Deuxième sujet chaud: la crise de l’industrie automobile européenne sur un marché de remplacement secoué en outre par les débâcles financières. Selon la fédération allemande automobile (VDA), le marché en Europe de l’Ouest pourrait encore reculer cette année de 5% pour se rétracter à 12,1 millions d’unités, essentiellement à cause des pays du sud. Au niveau mondial à l’inverse, les ventes pourraient progresser de 4%, portées par  les Etats-Unis, la Chine et aussi le Japon qui se remet lentement du Tsunami.

Les difficultés de l’automobile n’affectent pas seulement la distribution mais, de manière structurelle, l’ industrie de l’assemblage en surproduction de 20 à 25 % et surtout les constructeurs produisant des petits modèles pour les marchés domestiques dont PSA Peugeot Citroën, Renault et Fiat. Certaines usines tournent à 60% de leur capacité, une situation intenable à moyen terme, d’autant plus que la tentation de délocalisation est forte pour réduire les coûts et maintenir la rentabilité (Voir l’usine Renault au Maroc). Le Directeur industriel de PSA prônait lui même à Genève une solution à l’américaine où on n’a pas hésité depuis 2008 à fermer  13 usines pour retrouver aujourd’hui le chemin de la croissance, dans le temps où l’Europe ne fermait que deux sites. Le temps de laisser passer les élections présidentielles, la France ne devrait pas échapper à quelques mesures brutales et urgentes. La remarque vaut pour d’autres pays et il n’y a pas de raison d’être plus rassuré en Belgique qu’ailleurs. Comme le rappelle un proche du dossier belge, « l’assurance vie d’une usine est limitée à la duré de vie d’un modèle, soit 4 ou 5 ans et pour autant qu’il se vende… »

En attendant, les synergies se multiplient, à l’image de la récente alliance entre General Motors et PSA dont on ne sait pas encore grand-chose aujourd’hui si non qu’elle se soldera par des achats communs et, d’ici à 2016, plus d’innovations développées en moins de temps. Plus concrètement, les accords entre  Mercedes et Renault vont permettre à Mercedes de pénétrer sur le marché des petits utilitaires (une Citan sur base de Kangoo sera lancée au Salon d’Amsterdam) ,de bénéficier d’un petit moteur 1.5 sur la Classe A et de travailler ensemble sur les futures plate-formes Twingo/Smart. On parle aussi d’une grande Renault qui bénéficierait de la technologie de la Classe E.

Vu  la situation économique et celle du marché automobile européen, on n’est pas au bout des synergies, dont le partenariat Renault/Nissan-Avtovaz à repréciser d’ici avril.

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