Une baisse du prix de l’essence sans doute très provisoire


Un litre d'essence à 2 euros n'est pas exclu d'ici à la fin de l'année.

Pour la première fois de l’année, le prix de l’essence super 95 coûtera demain  1,743 euro le litre, soit 2,6 centimes de moins par litre que le record historique (1,769 euro) atteint la semaine dernière. Le prix du diesel baissera quant à lui de 2,7 centimes  (1,552 euro le litre). Ces diminutions de prix font suite à la baisse des cours des produits pétroliers sur les marchés internationaux, selon le SPF Economie. Une brève accalmie avant de nouvelles hausses?

A vrai dire, cette petite baisse de tension sur les prix pétroliers ne suffit pas à rassurer. Elle va même  l’encontre des tendances générales, au moment où le dépassement du cap des 2 euros/litre enregistré la semaine dernière dans quelques stations parisiennes n’est pas qu’un  buz. L’essence à 2 euros/litre pourrait devenir réalité d’ici à la fin 2012 si les paramètres actuels n’évoluent pas. Les causes sont connues: un euro faible par rapport au dollar, le prix du pétrole brut en hausse, un environnement géopolitique peu favorable dans les pays producteurs dont l’Iran, une demande globale en hausse notamment en Asie et la raréfaction des ressources ou du moins la hausse des coûts d’extraction. S’y ajoute le rôle des spéculateurs. Un seul chiffre est révélateur de l’évolution de ces dernières années:le prix du baril de pétrole brut (159 litres) est passé de 30 euros en 2000 à 124 euros en 2012, avec une pointe à 145 euros au printemps 2008. Un passage à 175 ou 180 euros/baril n’est plus exclu aujourd’hui.

Au-delà de la conjoncture politique mondiale (risque d’embargo en Iran, tensions en Syrie et ailleurs) et des besoins de la Chine, c’est surtout le cours de l’euro qui pose question. Comme l’explique sur son site le magazine Challenge, « jusque il y à il y a peu, il existait une corrélation entre le prix du pétrole et la parité entre les devises européenne et américaine. Quand le baril montait, le dollar baissait et, inversement, quand le dollar montait, le baril baissait. Une aubaine pour les consommateurs qui paient leur essence en euros. L’augmentation du prix de l’or noir en dollar était un peu amortie. Or ce phénomène salutaire pour les automobilistes de la zone euro commence à s’essouffler » En cause, les troubles macro-économiques et géopolitiques déjà évoqués qui cassent cette corrélation, alors qu’une aggravation de la crise économique pourrait faire dégringoler l’ euro  de 1,31 à 1,20 dollar. « Dès lors, il suffirait que le baril de Brent atteigne les 175 dollars pour que le SP 95 franchisse mécaniquement les 2 euros. Le gazole serait lui à 1,83 euros ».

On en est là, à un moment charnière pour l’Europe: si la crise ne s’intensifie pas, les signaux rouges restent allumés avec un euro faible, les incertitudes pesant sur la dette grecque, les craintes concernant d’autres pays du sud, les risques de décotation ailleurs et une consommation au ralenti. A moins que les tendances actuelles ne s’inversent ( pas d’accroissement de la crise financière, début de reprise, hausse de la consommation), l’automobiliste européen risque de voir sa facture pétrolière s’alourdir encore, l’incitant à se pencher davantage vers d’autres types de véhicules et d’autres moyens de transport.

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