Pour réduire le nombre d’accidents, il faut analyser leurs causes en profondeur


Malgré une vitesse partiellement libre sur autoroute, le nombre de tués dans des accidents reste relativement réduit en Allemagne.

Les résultats de l’enquête d’accidentologie réalisée en Europe par la FIA et concernant l’année 2010 sont a priori surprenants et mettent en évidence un manquement flagrant: l’absence d’analyse en profondeur des circonstances et des causes ayant provoqué chaque accident individuel.

Une précision qui peut expliquer des chiffres surprenants publiés ce matin par Touring en référence aux données existantes: alors que les conséquences d’accidents (tués et blessés) sont en général évalués par million d’habitants, cette enquête évalue le nombre de morts et de blessés par 1.000 accidents. Derrière la Grande Bretagne que l’on peut considérer globalement comme plus respectueuse du code de la route sur un réseau aussi peu favorable aux excès en tous genres, l’Allemagne occupe la deuxième place eu égard au nombre de tués. L’occasion de rappeler  que la vitesse partiellement libre sur autoroute n’est pas une cause de danger supplémentaire, à l’inverse des messages que l’on nous répète depuis des années dans les campagnes de sécurité routière. Mieux: elle incite à mieux respecter les très fréquentes limitations de vitesse car l’automobiliste sait qu’elles ont un sens et qu’elles sont fréquemment contrôlées.

Autre constat sans surprise: la conduite inappropriée et la mauvaise qualité du réseau dans l’ Europe de l’est doivent inciter à la prudence les vacanciers tentés par ces destinations attrayantes.

Plus complexe est la comparaison avec nos voisins hollandais: si le nombre d’accidents a diminué 4 fois plus vite que chez nous depuis 2000, ils enregistrent le double de tués par 1.000 accidents en comparaison avec la Belgique. Faute d’informations complémentaires, ce dernier chiffre est difficile à commenter.

Dans cette enquête, la Belgique obtient des résultats contrastés par rapport aux autres pays européens: 21 tués par 1.000 accidents (elle est 6 dans ce classement) mais  1.342 blessés , un mauvais score qui la plonge au fonds du classement.

Bref, tout cela demande des examens plus approfondis que réclame à raison Touring. Les constats d’accidents se limitent trop souvent à l’expression « vitesse excessive ou inappropriée ». Une autre enquête de Touring avait par exemple mis en évidence le rôle des conditions atmosphériques en 2010:la pluie avait provoqué 9% des 325.000 accidents alors que les routes n’avaient été mouillées que pendant 6% du temps.L’occasion de s’interroger sur la conduite des automobilistes par temps de pluie ou sur les infrastructures. En France, on le sait, la vitesse autorisée sur autoroute est ramenée de 130 à 110km/h. Pourquoi ne pas envisager une mesure similaire en Belgique si l’examen le justifie?

L’accidentologie est une science complexe mais, si on veut réduire les accidents et leurs conséquences, mieux vaut l’approfondir que de concentrer ses efforts sur des slogans et des conseils de conduite généraux sans grands effets.

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LE COMMUNIQUE DE TOURING

Accidents les plus meurtriers en Bulgarie, les moins graves en Grande Bretagne

Pour le nombre de blessés, la Belgique parmi les plus mauvais élèves de l’Europe »

Bruxelles, avril 2012. “La chance de survivre à un accident de la route est la plus grande en Grande Bretagne et la plus mince en Bulgarie. Le risque d’être blessé est maximal à Chypre et minimal en Slovaquie. Notre pays se situe à une belle sixième place en ce qui concerne les chances de survie mais n’obtient qu’une mauvaise 18ème place pour ce qui est du nombre de blessés « 

C’est ce qui ressort d’une enquête de l’organisation de mobilité Touring sur base des chiffres les plus récents  de la Commission européenne et de la FIA, la Fédération internationale de l’Automobile.

Habituellement, on obtient les résultats en établissant une comparaison européenne se basant sur le nombre de victimes par million d’habitants” Pour faire la comparaison entre Etats membres, Touring précise avoir cette fois établi la proportion entre le nombre de victimes et le nombre d’accidents. Les plus récents chiffres disponibles sont ceux de 2010,

 Victimes

Pour mettre tous les pays sur le même pied et pouvoir les comparer, on a pris en compte le nombre des victimes par 1.000 accidents. La Grande Bretagne vient en tête du peloton avec seulement 12 morts par 1.000 accidents, suivie par l’Allemagne avec 13 morts, la Suède et l’Autriche avec 16 et l’Italie avec 19. Avec 21 tués, la Belgique occupe donc la sixième place, ce qui est un très bon résultat. Le plus mauvais élève est la Bulgarie avec 118 morts, précédée de la Pologne qui affiche le chiffre de 100 tués.

Par contre, avec 1.342 blessés, ce qui la situe à la 18ème place sur les 27 Etats membres, la Belgique affiche des résultats moins bons que ceux de la moyenne européenne, qui est de 1.321 blessés. Très étonnante aussi est la 22ème place occupée à ce titre par la Suède, habituellement reconnue comme un modèle en matière de sécurité routière. C’est à Chypre que l’on court le plus grand risque d’être blessé dans un accident : 1.481 victimes. Et en Slovaquie qu’on en court le moins : 1.001 blessés seulement.

Près de la moitié des victimes européennes sont des occupants de voitures. Ils sont suivis par des piétons (20%), des motards ( 17%) et des cyclistes (6,6%) Le reste des victimes se retrouve dans différentes catégories, comme par exemple des chauffeurs de poids lourds.

En 2010, on a totalisé en Europe 1.114.980 accidents. Dont 39.306 en Belgique. Un certain nombre de pays ont, depuis 2000, pu faire baisser de façon radicale leur nombre d’accidents. Les Pays-Bas sont champions dans le domaine avec une diminution de 74,5%, passant de 35.313 accidents à 10.778. C’est donc près de 4 fois mieux que chez nous où la baisse n’est que de 20% puisqu’on est passé de 49.065 accidents à 39.306. A ce niveau, nous nous situons à la 14ème place. Même Malte ( – 53% ) et le Danemark ( -52%) font mieux.

La Roumanie, quant à elle, accuse une hausse des accidents de 244% et est dès lors dernier de la classe européenne. Le nombre des accidents y est passé de 7.555 à 25.995. Plus étonnant encore : la Suède a vu son nombre d’accidents croître de près de 5%. En Slovaquie, où l’on dénombre le moins de blessés, on enregistre cependant une hausse des accidents de l’ordre de 3%.

Touring demande de prêter attention aux dangers qui sévissent en Europe de l’est où les risques sont en général plus importants tant au plan du nombre que des conséquences des accidents. De plus en plus de Belges se rendent volontiers dans ces pays en vacances. Il est donc important d’y faire attention. Le nombre total de tués sur les routes européennes a baissé moins vite en 2010 qu’en 2011. La Belgique est l’un des 12 Etats membres où l’on a même enregistré une hausse.

L’examen de ces chiffres démontre qu’il est très important d’analyser les accidents individuels et d’étudier en profondeur leurs causes et les circonstances qui ont prévalu à leur survenance. A l’heure actuelle, cela ne se passe pratiquement jamais.

Le problème de la faible diminution du nombre de conducteurs tués lors d’accidents de la route ( -5% en 10 ans) mérite qu’on y prête la plus grande attention. En Europe en 2010, ils étaient encore au nombre de 5.000, alors que dans le même temps, le nombre de tués en voiture diminuait plus vite.

Il faut rechercher les causes du nombre élevé de  blessés dans notre pays ; savoir pourquoi on assiste bizarrement à une montée du nombre d’accidents et de blessés en Suède alors que ce nombre de blessés est très faible en Slovénie et que les autres pays balkaniques ont de mauvais scores; pouvoir expliquer la diminution brutale du nombre total d’accidents aux Pays-Bas. Pourquoi y-a-t-il par exemple deux fois plus de tués par 1.000 accidents chez nos voisins du nord que chez nous ?

Il importe donc de déterminer avec exactitude les principaux facteurs de risques dans chaque pays. S’agit-il d’un mode de conduite, d’une qualité d’infrastructure, du type de véhicule conduit ou d’une combinaison de ces divers éléments ? Mesurer, c’est savoir. C’est pourquoi de meilleures statistiques, plus rapides et plus fiables, sont indispensables.

Ce n’est qu’en communiquant et en mettant en commun des données pour les comparer et les étudier en profondeur que l’Europe et les pays membres pourront parvenir à dresser des réglementations efficientes. C’en est fini du temps où chaque pays pouvait travailler individuellement à l’intérieur de ses frontières pour garantir la sécurité routière.

30.000 accidents à cause de la pluie

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Une réflexion sur “Pour réduire le nombre d’accidents, il faut analyser leurs causes en profondeur

  1. Quand l’intelligence prendra la place de la démagogie et des slogans simplistes, l’IBSR n’aura plus qu’à pointer au chômage.

    Un exemple : on est en train de placer des tas de réverbères -inutiles – au Bois de la Cambre, notamment dans des zones où des dizaines de voitures se plantent chaque année. Envie de tuer ou de blesser des gens pour augmenter les statistiques d’accidents et de justifier de ce fait une plus grande répression ou pure dysfonctionnement cérébral ?

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