Les « Routes de Simone »: balade automobile au château de Jehay


Le Château de Jehay, c’est une histoire étonnante, des jardins somptueux et un intérieur à découvrir avant la mise en route de grands travaux en 2013 ou plus tard. (Reportage photo Yves de Partz).

Face aux restrictions multiples, la voiture est de moins prisée sur le chemin du travail, mais elle reste un moyen de déplacement privilégié pour le tourisme de proximité. Balade au château de Jehay, dans l’entité de Amay et la province de Liège, au volant de la nouvelle Honda Civic. Une demeure à découvrir, avant la fermeture prolongée du château.

C’est un scénario qui devrait  inspirer un jour un romancier: fils cadet de l’ambassadeur de Belgique à Berne puis à Rome, enfant espiègle -il aimait  se promener sur les corniches de la villa diplomatique ou faire le mur en crochetant les serrures-, bel homme amateur de sport, d’art et de voitures italiennes de grand luxe, le Comte  Guy van den Steen n’aurait jamais du devenir le Châtelain de Jehay Bodegnée. Jusqu’au jour où son frère lui transmet une étrange lettre d’un petit-cousin qui se dit séquestré par sa mère avec la complicité d’un médecin. L’aventurier qui sommeille dans cet homme volontiers  farfelu se réveille sans mal: si une première tentative d’enlèvement échoue, le deuxième essai  est réussi et lui permet de retrouver son lointain cousin effectivement séquestré pour l’empêcher de faire valoir ses droits. Reconnaissant, le dit cousin fait de son sauveur  son héritier, avant de décéder un peu plus tard. Guy van den Steen  récupère ainsi une propriété achetée à la fin du XVIIe siècle à la famille de Mérode par un de ses ancêtres, François de Gand-Vilain van den Steen! On est en 1950 et le Château de Jehay, occupé par divers locataires,  abrite depuis 1942 des enfants de cheminots flamands de la SNCB.

Une nouvelle et étonnante vie va débuter pour cette propriété, ses dépendances et de splendides jardins. Entre-temps, peu avant son 42e anniversaire, cet ancien skieur de compétition (il a représenté la Belgique lors d’un championnat du monde) et amateur de  courses associant voiture et ski (!) a rencontré la femme de sa vie qu’il épouse le 3 août 1948.

En 1950, le Comte Guy van den Steen s’installe donc à Jehay avec son épouse Lady Moyra Butler, Marquise d’Ormonde, et se met en tête de transformer ce château avec faste. Sculpteur talentueux, il multiplie les créations destinées à animer la propriété et les jardins, et son épouse d’origine irlandaise et descendante des Marlborough habille Jehay d’une collection rare de meubles et d’objets  anglais.

Comme dans les vrais romans, le drame guette néanmoins. Cet homme à qui tout réussit va être touché cruellement et à deux reprises dans sa chair: son épouse Moyra  meurt le 26 mai 1959, moins de 11 ans après leur mariage. Puis, le15 avril 1985, son fils unique décède à son tour. Bien avant la disparition de celui-ci, Guy van der Steen a  nourri dans les années 70 le projet d’assurer la pérennité de son château au-delà des liens familiaux: l’ ensemble est vendu en viager à la Province de Liège en 1978. Heureusement, le châtelain vivra encore plus de 20 ans (il meurt le 20 décembre 1999 à l’âge de 92 ans),  partageant son temps entre Bruxelles, l’étranger et Jehay où il continue  à accumuler des trésors d’origines diverses tout en servant de guide pour les visiteurs. Depuis 12 ans, la Province de Liège s’efforce de gérer ce château  en bon père de famille à travers une ASBL qui rénove, restaure et investit.

Dès l’abord du premier pont conduisant à l’ancienne chapelle devenue église paroissiale, Jehay, cerné de douves, est identifiable à travers son curieux damier recouvrant les façades externes et les tours. Il est composé de pierres calcaires blanches placées en alternance avec des moellons en grès brun. Plus heureuses, les façades internes de ce château de style Renaissance dessiné en « L » sont en pierre calcaire. Le portail principal conduit à une cour intérieure abritant les dépendances et offrant un premier coup d’oeil sur le château, le jardin franco-italien  et les premières oeuvres du propriétaire dont « La mante religieuse » et les nymphes installées sur les guirlandes d’eau en escalier de la grand allée.

Actuellement, seul le rez-de-chaussée est visitable mais les neuf pièces regorgent de curiosités, d’autres étant accumulées aux étages supérieurs. Le hall s’ouvre par une grille extérieure en fer forgé de style vénitien (signée Guy van den Steen) qui donne accès à une grande galerie annexée au XIX ème siècle et imaginée par Alphonse Balat, architecte du Roi Léopold II. Au fond à droite trône l’oeuvre majeure du maître des lieux, « Marsyas et les Nymphes ». Cette grande sculpture inspirée par la mythologie grecque est une recherche sur la perspective en trois dimensions et a été réalisée en l’espace de dix ans, de 1956 à1966. De la bibliothèque évoquant l’Angleterre du XVIIIème siècle jusque à la petite salle à manger elle aussi anglaise via le fumoir  -une imposante vitrine en acajou de  Thomas Sheraton  abrite une collection d’argenterie- , le petit hall, la grande salle à manger, le grand salon ou les deux tours, chaque lieu mérite une visite: meubles anglais, français ou hollandais, tapisseries, tableaux, lustres en fer forgé, cartel de Charles Boel, soupière en argent au poinçon d’un Prince-Evêque de Liège, porcelaine de Limoges, Bruxelles et de Saxe, curieuse tête réduite aux allures de trophée, plafond polychrome.

Né à Paris, élevé à Rome par une nourrice allemande, peu intéressé par les études classiques mais ayant suivi des cours de peinture à Paris et à Bruxelles, amateur aussi de vitesse (Ford Spider, Lamborghini Miura, Mercedes 300 SL et autres Ferrari furent quelques-unes de ses voitures), Guy van den Steen avait des goûts éclectiques. Même s’ il  a fallu remettre un peu d’ordre dans ses collections variées. Le résultat et l’entretien des jardins et de  chaque pièce du château -rien que le polissage de l’argentière demande un mois de travail –  témoignent de l’amour du beau qui anime les gestionnaires d’un site qui accueille diverses animations tout au long de l’année et se veut ouvert à tous à travers des prix démocratiques.

Un sérieux bémol: l’état des poutres atteintes par la mérule et en décomposition au pied du grand escalier donne une petite idée du mauvais état général des structures. Toit, fondations (le site de Jehay est marécageux)  et charpentes ont besoin d’une sérieux lifting. « Un appel d’offres pour une enquête approfondie a été lancé à des bureaux d’ingénieurs, et des sondages ont été effectués dans  différents lieux, précise Emmanuel Closset, directeur du site. On devrait connaître en fin d’année les résultats de cette analyse. Il faudra alors établir les priorités, structurer l’agenda des opérations et débloquer les budgets nécessaires qui se chiffreront en millions d’euros. Pour ce bâtiment classé, le financement doit se faire à 95% par la Région Wallonne, les derniers 5% étant à charge de la Province de Liège qui devra aussi assumer seule la scénographie du château après transformations. Vu l’importance du cahier des charges à établir et la difficulté de trouver des fonds publics aujourd’hui, il n’est pas du tout certain que les travaux commenceront en 2013. Le château, après une année 2012 normale, pourrait rester ouvert un an de plus ».

En vue d’une fermeture prolongée  du Château- on parle de 10 ans-, à l’exclusion des dépendances et des jardins, un film d’une douzaine de minutes est en préparation. Après l’expo provisoire sur Paul Delvaux – les estampes sont la propriété de la commune de Wanze qui voudrait consacrer un musée  à l’enfant du pays-, les dépendances pourraient accueillir un florilège des plus belles pièces du Château occupant aujourd’hui 500 m2.

Faute d’une date de fermeture confirmée à l’heure actuelle, mieux vaut visiter le Château de Jehay tant qu’il est accessible.

Pratique

Adresse: Château de Jehay, rue du Parc,1, 4540 Amay

Ouverture:  jusqu’au 4 novembre; du mardi au vendredi de 14 à 18h, les samedis, dimanches et jours fériés de 11 à 18h, dernière entrée à 17 h.

Tarifs: Château, parc et expositions (actuellement, Paul Delvaux, « empreintes intimes »): 5 €  (gratuit pour le – de 6 ans, 3€ pour les enfants de 6 à 18 ans).

Audio-guide:  multilingue et vivement conseillé (1 €).

Accès en voiture: autoroute E42, sortie n°5 à Saint Georges, direction Amay.

Infos: 32 (0) 85 82 44 00; http://www.chateaujehay.be info@chateaujehay.be

A lire:Voyage dans les Arts (brochure éditée par l’Association pour la Gestion du Château de Jehay)

Le Château, de style Renaissance mosane, est construit en « L ». Sur la façade interne en pierres calcaires a été aménagée à la fin du XiX ième siècle une grande galerie néo-gothique.
Les sculptures, dont cette nymphe bordant l’allée principale du jardin, ont été réalisées par le maître des lieu, le Comte Guy van de Steen.
Le Grand Salon, une des neuf pièces du rez-de-chaussée encore accessible cette année au moins, avant d’importantes rénovations.
Le fumoir abrite une impressionnante collection d’argenterie portant des poinçons prestigieux, dont celui du Prince-Evêque de Liège, Jean-Théodore de Bavière, dont la famille régna longtemps sur la Principauté de Liège.

Le Château de Jehay

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La Honda Civic est la neuvième du nom depuis 1972. Sur la dernière version, les ingénieurs ont surtout amélioré le confort et perfectionné le moteur diesel 2.2 de 150 ch (Y. de P.)

BALADE A JEHAY AU VOLANT DE LA HONDA CIVIC 

Situé à 85 km de Bruxelles, sur la rive gauche de la Meuse, au sein de la commune d’Amay, le Château de Jehay, que l’on découvre à la sortie d’une zone boisée, manque malheureusement d’un fléchage adéquat. En son absence, le château ne saute pas aux yeux du touriste  de passage qui risque de manquer cette étape hesbignonne pleine de charme. Le MET pourrait y penser. Jehay peut aussi être rejoint aisément par autoroute depuis Liège, Namur, Maastricht ou Anvers ou en empruntant des itinéraires plus bucoliques le long de la Meuse ou via Huy.

L’occasion pour nous de découvrir au volant la 9e génération d’une Civic  née en  1972 et fer de lance de la gamme Honda. Sans doute ce dernier modèle n’a-t-il plus rien à voir avec la petite berline d’origine, d’autant plus que depuis 2001, le constructeur a développé une Civic spécifique pour l’Europe. Comme ses rivaux asiatiques à qui on a souvent reproché la fadeur esthétique de leurs créations, Honda a mis l’accent sur un design un peu chargé et un look  légèrement revu et s’inspirant de l’Insight: lignes extérieures fluides, planche de bord complexe avec affichage en position haute et basse, et même couleur des cadrans passant du vert au bleu selon le type de conduite. L’eco-conduite étant de mise aujourd’hui, la consommation instantanée est visible en permanence et la pression sur un gros bouton « ECO » agit sur les organes périphériques du moteur diesel  essayé : 2.2 i-DTEC, 150 ch., 350 Nm.

Par rapport à la Civic précédente, les ingénieurs ont retravaillé les réglages du châssis et du train arrière afin d’améliorer le confort de suspension souvent critiqué, et aussi optimisé le fonctionnement du moteur diesel 2.2 avec un chiffre spectaculaire à la clé: le rejet de CO2 au kilomètre a été ramené de 136 à 110 grammes, ce qui se traduit par une consommation conventionnelle en recul d’1,1 l/100 km (4,2 l au lieu de 5,3).

En pratique, le confort est effectivement tout-à-fait correct sur une voiture au comportement qui, sans être pointu, résulte d’un compromis entre agilité et agrément de conduite. Par contre, les rejets de CO2 réduits ont nécessité le recours à des 5e et 6 e rapports de boîte de vitesse allongés pénalisant le dynamisme en reprises. Menée à un bon rythme (ville, routes et autoroutes), notre Civic d’essai a consommé 6,3 l aux 100 km, une performance raisonnable. Deux petits regrets: la visibilité arrière est limitée par la barre transversale au milieu de la vitre du hayon, et le « start & stop » pourrait réagir plus vite.  En famille,chacun appréciera l’espace généreux et aussi la modularité astucieuse des sièges arrière compensant un coffre de taille moyenne (377 litres).

Installé un peu comme dans un cockpit avec les instruments de contrôle tournés vers lui, le conducteur peut garder sa clé en poche (le moteur est actionné par un bouton poussoir) et bénéficie  de tout le confort souhaité en version Executive (30.390 euros quand même): intérieur cuir, sièges avant chauffants avec réglage lombaire, climatisation à double zone, ordinateur de bord, téléphone mains libres, toit en verre panoramique, jantes alu de 17 pouces, caméra de recul, verrouillage centralisé, assistance au freinage d’urgence. Le GPS reste toutefois en option et peut être couplé au régulateur de vitesse adaptatif et au freinage anticollision avec caméra avant (4.190 euros pour l’ensemble). L’addition finale pour la voiture la mieux équipée et la mieux motorisée en diesel se rapproche ainsi de 35.000 euros.

Fiche technique Honda Civic 2.2 I-DTEC (150 ch)

Longueur:4,70 m

Coffre: 477 à 1378 litres

Poids: 1367 kg

Moteur: 2.2 i-DTEC,4 cylindres, 2199 cc, 150 ch, 350 Nm, boîte manuelle à 6 rapports

Consommation: 4,2 l/100 km (conventionnelle), 6,3 l/100 km (testée); rejets de CO2/km: 110 gr.

Prix: à partir de 24.290 euros (Comfort); 30.390 euros (Executive)

Bien vu: compromis dynamique, qualité de fabrication, confort, consommation, modularité des sièges arrière

A revoir: 5e et et 6e rapports de boîte très longs, visibilité arrière, start&stop un peu lent

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