Week-end auto sans bruit ni pollution à Zolder


Lancée en 2010 par le circuit de Zolder, la « clean week  » permet de dresser chaque année pour des spécialistes et le grand pubic la liste des technologies du futur en matière de mobilité et d’environnement, en mélangeant les genres et sans porter de jugement de valeur.

La « Clean week » à Zolder permettra de passer en revue ce week-end quelques technologies automobiles propres et de découvrir des véhicules volant ou guidon en mains.

Zolder, vous connaissez? Ce n’est pas qu’une piste de 4 km  réservée aux cyclotouristes comme le pensait le petit-fils d’un de mes confrères mais un circuit qui a accueilli pratiquement toutes les disciplines en sport mécanique sur deux et quatre roues. L’initiative en revint  au Baron Henri de Villenfagne de Vogelsanck, propriétaire du château de Zolder et des terres qui l’entouraient, mais aussi bourgmestre de Zolder de1953 à 1964. C’est sous son mandat que des routes furent progressivement aménagées pour des courses de moto, avant le lancement du circuit de Terlaemen Zolder en 1961. Des Grand Prix du Limbourg de Formule 2 via des épreuves de tourisme belges et européennes, d’autres courses de monoplaces jusqu’à la Formule 5000, des Grands Prix moto et de motocross et des championnats du monde de cyclisme, Zolder a tout accueilli, y compris le Grand Prix de Belgique de Formule 1 lorsque les pilotes boycottèrent en 1970 Francorchamps jugé trop dangereux. Entre deux rendez-vous à Nivelles (1972 et 1974) abandonné ensuite dans un contexte pour le moins discutable, Zolder hérita de son  premier Grand Prix en 1973, un peu grâce à Jacky Ickx: alors que la fronde gagnait le peloton mécontent de l’état du bitume, le champion belge s’élança au volant de sa Ferrari 312B2, bientôt imité par ses rivaux. Gagné par l’Ecossais Jackie Stewart, ce Grand Prix fut suivi d’autres dont, en 1982, un week-end tragique marqué par la mort de Gilles Villeneuve, idole des tifosi et protégé d’Enzo Ferrari. Jusqu’au moment où Francorchamps récupéra définitivement les Formules 1 en 1985, après d’âpres discussions communautaires et avec le soutien de Bernie Ecclestone et des pilotes séduits par les rapides courbes et le raidillon spadois.

Aujourd’hui, les grands posters de Jacky Ickx, Didier Pironi ou Nigel Mansell témoignent d’une époque révolue, et l’usure du temps marque les infrastructures. Face à la concurrence d’autres pistes permanentes (Francorchamps mais aussi Mettet), Zolder tente de se diversifier. Un meeting de quatre jours sans bruit, voilà en tout cas de quoi ravir les riverains du circuit qui, après avoir acheté pour une bouchée de pain des terrains proches du complexe limbourgeois, n’ont eu de cesse de lui compliquer la vie en réclamant des réglementations toujours plus strictes: nombre de week-ends de course limité, interruption des activités à l’heure de midi, contrôle des décibels etc. La cohabitation entre sports mécaniques et environnement y reste complexe et une route sépare le circuit d’une réserve naturelle de 4.500 hectares.

La « Clean week », dont la troisième édition a débuté jeudi pour les élèves d’écoles techniques flamandes et se terminera dimanche, est donc une heureuse initiative. L’occasion de croiser dans les paddocks voitures électriques, hybrides ou peu polluantes mais aussi motos, vélos, quads, kartcross, véhicules solaires, utilitaires légers et même élévateurs de chantier, tous faisant appel à des énergies alternatives. Mais aussi de monter en  piste, notamment au volant de la Ford Focus électrique qui sera sur le marché européen au début de l’année prochaine. Grâce à un centre de gravité bas et à un équilibre 50-50 entre moteur électrique avant, et batteries sous la banquette arrière et dans le coffre (réduit à sa portion congrue…), la silencieuse Focus se conduit comme un véhicule conventionnel en virage: outre ses 107 kW, elle bénéficie d’un couple de 250 Nm toujours impressionnant au démarrage. L’autonomie est estimée entre 120 et 160 km, la recharge complète demande 6 h à 6h30 et le prix n’a pas encore été fixé (39.200 dollars pour la version américaine déjà disponible), pas plus que la production qui se fera « à la demande » sur des chaînes flexibles à Saarlouis.

Chevrolet, avec la Volt hybride voiture de l’année, Renault – qui propose notamment l’amusante  Twizy à l’essai-, Nissan (Leaf), Volkswagen, Citroën  et Tesla sont quelques-unes des grandes marques représentées à Zolder, à côté de petits constructeurs et préparateurs.

Une question se pose toujours en 2012: quel sera le succès commercial de ces voitures plus « propres »?  » Plus il y aura de concurrence, mieux l’idée sera acceptée », rappelle Yves De Cauwer, porte-parole de Chevrolet Belgium qui a vendu dix Volt depuis la mi-mars grâce à cinq concessionnaires agréés. Renault a écoulé  cette année 250 Twizy et 300 Kangoo ou Fluence, et Nissan a commercialisé 100 Leaf sur un total annuel limité à 300 en attendant la mise en production en Angleterre l’année prochaine .  Un démarrage toujours en douceur et concernant surtout des sociétés.

« Il faut vraiment changer l’état d’esprit des gens, insiste Marie-Louise Van Dyck, porte-parole de Nissan Belgium. Les Japonais par exemple ont déjà appris à partager une voiture électrique en ville et à louer d’autres types de véhicules pour des trajets plus longs. A New York, 13.000 taxis conventionnels ont été remplaces par des Nissan électriques. Le but ne sera jamais d’augmenter l’autonomie des voitures électriques car d’autres modèles, notamment hybrides, répondent à ce besoin. Mais il faut donner confiance au client et relativiser les prix. Pour une Leaf, le prix de départ (36.990 euros) est ramené en Belgique à 27.800 grâce à la prime fédérale, voire à 24.300 euros en Wallonie. Avec un plein à 2 euros pour 175 km, 5 ans de garantie et un an de dépannage gratuit pour vaincre la peur de tomber en panne de batterie! »

Pour en savoir un peu plus sur ce nouveau marché des énergies alternatives et essayer l’un ou l’autre véhicule à 2 ou 4 roues, rendez-vous samedi et dimanche de 10 à 16 h. au circuit de Zolder. L’accès y est gratuit.

RENAULT TWIZY élu « eQuadricycle passager de l’année 2012 ».Dans le cadre de Clean Week 2020, Renault Twizy a été élu par un jury national « eQuadricycle passager de l’année 2012 ».Dans la catégorie des véhicules électriques à quatre roues, Renault Twizy l’a emporté devant ses concurrents : l’Electric Drive Buddy et l’Estrima Biro.Lors de cette première édition, le jury a attribué des points sur, entre autres, les qualités de conduite, la qualité de fabrication, l’eco-score et le design.

Le programme de la « Clean week »à Zolder

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