Avec la Classe A, Mercedes vise la BMW Série 1 et l’Audi A3


Si la nouvelle Classe A ne manque pas d’atouts, Mercedes devra encore convaincre de jeunes cadres d’opter pour la marque à l’étoile.

Adieu le SUV compact vanté  pour sa modularité, sa position de conduite surélevée et ses aspects pratiques. Après avoir lorgné du côté de Munich et d’Ingolstadt, Mercedes opère avec la nouvelle Classe A un impressionnant  virage à 180°.

Portoroz (Slovénie), juillet

L’objectif de Mercedes avec la Classe A est sans ambiguïté : séduire un public plus jeune avec une berline esthétiquement accrocheuse, dynamique, privilégiant  les matériaux à l’aspect technique (le métal plutôt que le bois par exemple),la tenue de route ou les équipements « on line » pour devenir, selon le constructeur, « un I-phone sur roues ». Deux raisons à ce choix : la main mise de la BMW Série 1 et de l’Audi A3 sur ce créneau des compactes « premium », et les perspectives d’avenir. Selon Johann Buss, project manager de la Classe A, « dans  les 10 ans, le marché des voitures compactes passera de 6,57 millions dans le monde à 10,621 millions.

Voilà donc le monovolume remplacé par une berline sensiblement plus longue ( 4,29m au lieu de 3,84 m) mais surtout moins haute de 17 cm (1,43 m), au centre de gravité abaissé de 4cm, au coffre ramené à 341 litres et aux formes totalement repensées : face avant plus personnelle, bouclier spécifique, flancs sculptés, lignes arrière horizontales pour accentuer l’impression de largeur. Les clients les plus conservateurs n’apprécieront pas trop mais Mercedes espère surprendre puis séduire les 28-38 ans.

Pour occuper la place qu’elle ambitionne dans le segment des berlines compactes – au pire, la même que  BMW et Audi, au mieux  la première dès 2013!- , la Classe A, on l’a dit, mise d’abord sur un look qui attire les regards et un habitacle  modernisé dont les cadrans et le métal évoquent un intérieur Audi. Mercedes a ensuite revu complètement le châssis avec une suspension avant McPherson  et un train arrière à quatre bras. Et puis surtout, la nouvelle génération de moteurs, si elle transmet toujours la puissance aux roues avant, n’a plus grand-chose à voir avec ceux de l’ancienne Classe A privés de développement.

En diesel, de nouvelles mécaniques animent la 180 CDI (109 h)  au moteur dérivé du Renault 1.5 et aux allures de référence pour ses rejets de C02 réduits à 98 gr/km ; s’y ajoutent la 200 CDI (136 ch) et la 220 CDI (170 ch). En  essence, des moteurs blueEFFICIENCY   sont disponibles en 1.600 cc en version A 180 (122 ch)ou A 200 (156 h) et en 2 litres sur l’A250 (211 ch). Associées à une boîte manuelle à 5 ou 6 vitesses et surtout à la très réactive boîte auto à double débrayage7G-DCT, ces mécaniques voient leurs consommations conventionnelles chuter :3,8 l/100km pour la 180 CDI, 4,3 l pour la 220 CDI, 5,5 l pour l’A 180. Mercedes a notamment travaillé l’injection piézoélectrique, prévu un système start & stop et développé pour l’A 180 un système de levée variable des soupapes appelé Camtronic. Gain de carburant annoncé : 4 à 10%.

Au volant lors d’un essai en Slovénie, dans la région tourisique de Portoroz et le long de la côte adriatique, la Classe A confirme le dynamisme annoncé : conduite nerveuse, châssis agile, direction électrique précise, freinage mordant, voiture collant à la route malgré un train avant un peu lourd. Une impression affinée  par quelques virages serrés entre des cônes, un test qui avait valu les mésaventures que l’on connaît à l’ancienne Classe A ! En revanche, après un test probant sur l’excellent réseau routier slovène, on attend de pouvoir juger une suspension très (trop ?) ferme sur d’autres routes. Et bien sûr l’accessibilité aux places arrière (gabarit correct) et l’espace pour les bagages ne sont plus ce qu’ils étaient. Face à ses berlines concurrentes, la Classe A apparaît ainsi plutôt bien armée, même si, pour les amateurs de conduite sportive, l’agrément d’une BMW Série 1 aux roues arrière motrices reste supérieur.

Dans l’immédiat – lancement en Europe continentale en septembre- le débat va se situer au niveau du rapport prix/équipement  (premier prix aux alentours de 25.000 euros pour l’A 180 CDI et l’ A180 BlueEFFICIENCY) et du marché  Fleet où Mercedes considère la Classe A comme sa nouvelle star : « elle ouvre pour nous de nouveaux standards dans le segment des compactes et va nous permettre de conquérir des clients fleet plus jeunes,  confirmet-on à Stuttgart. Ses premiers marchés seront l’Allemagne, la France, l’Italie et la Grande Bretagne mais nous misons aussi sur l’Europe de l’Est et la Chine. »

A propos de ses objectifs de vente, Mercedes ne cite pas de chiffres. L’objectif est au minimum de faire aussi bien que  la concurrence. Si les qualités du produit semblent indéniables, le service marketing devra se montrer convaincant et imaginatif (le sport auto fait partie des projets) pour inciter des cadres jeunes et d’âge moyen à préférer Mercedes à Audi ou à BMW. Avant de pouvoir s’appuyer sur les produits dérivés attendus, dont une vraie version AMG début 2013 et un SUV.

En cette fin de semaine, la production vient de débuter dans l’usine de Rastatt qui accueille déjà la Classe B conçue sur la même base.

Fiche technique Mercedes Classe A

Longueur: 4,29 m (5 portes)

Coffre: 341 litres minimum

Poids: 1.090 kg

Moteurs: essence de 122 à 211 ch, diesel de 109 à 136 ch.

Boîte: manuelle à 6 vit. ou auto à double embrayage et 7 rapports (7G-DCT)

Versions

Essence:

A 180 BlueEFFICIENCY, 1.595 cc, 122 ch., 9 CV, boîte manuelle à 6 vit.,5,5 l/00 km (consom. conventionnelle mixte), 128 gr CO2/km Prix: 24.926 €, TVA comprise.

A 200 BlueEFFICIENCY, 1.595 cc, 156 ch., 9 CV, boîte manuelle à 6 vit, ,5l, 129 gr CO2/km, 27.951 €.

A 250 BlueEFFICIENCY, 1.991 cc, 211 ch, 11 CV,boîte auto 7G-DCT, 6,1 l, 143 gr CO/km, 33.275 €.(A 250 Sport: 35.574 €).

Diesel;

A 180 CI BlueEFFICIENCY 1.461 cc, 109 ch, 8 CV, boîte man. à 6 vit., 3,8l, 98 gr CO2/km, 25.289 €. (Boîte 7G-DCT, 4,1 l, 111 gr, 27.467 €).

A 200 CDI BlueEFFICIENCY, 1796 cc, 136 ch, 10 CV, boîte man. à 6 vit., 4,3 l, 27.709 €.

Bien vu: style plus dynamique, aménagement intérieur, tenue de route, moteurs diesels bien insonorisés, boîte auto réactive, rapport prix/équipement..

A revoir: Espace intérieur réduit par rapport à la version précédente, repose-tête  volumineux, visibilité 3/4 arrière, suspension très (trop?) ferme.

Un SUV, un coupé et peut-être un break

 

 

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