Ethylotest en France: de qui se moque-t-on?


En principe obligatoire depuis le 1er juillet en France, l’éthylotest a toutes les chances d’être mort né.

Si on se réfère aux informations en provenance de France, le fameux éthylotest imposé en principe depuis le 1er juillet à tous les conducteurs circulant dans l’Hexagone, y compris les étrangers, serait abandonné. Comme beaucoup d’automobilistes, nous avons perdu du temps à rechercher ces fameux accessoires – 2 par voiture- et enrichi inutilement son unique fabricant de 5 euros.

L’alcool au volant n’est-il pas un sujet suffisamment sérieux pour éviter la pantalonnade actuelle à propos de l’éthylotest imposé ou non aux conducteurs se rendant en France? Vous me direz qu’au vu de l’actualité politique, la France est agitée par d’autres bouffonneries. Soit.

En référence à une enquête réalisée en 2010 auprès de 21 personnes dans 19 pays européens, l’alcool au volant reste notamment un problème en Belgique: si en moyenne 15% des conducteurs européens reconnaissent avoir roulé au cours du mois précédant après avoir dépassé les limites autorisées, le chiffre grimpe à 26% en Belgique. Et pour 17,5% de nos concitoyens, rouler en ayant bu ne pose pas de problèmes majeurs si on reste prudent.

A vrai dire, qui oserait prétendre n’être jamais sorti d’un restaurant ou d’une soirée chez des amis en ayant absorbé un apéritif et quelques verres de vin? Sans nier les risques d’un certain laxisme – assoupissement, moins bons réflexes-, la situation la plus inquiétante reste la volonté délibérée de boire et de prendre ensuite le volant. Elle touche majoritairement, comme chacun sait, un certain nombre de jeunes pressés de boire beaucoup et vite avant et pendant les soirées que l’on n’imagine pas de vivre autrement qu’en « planant » à coups d’alcool, de boissons énergisantes et de drogue. Et lorsqu’un éthylotest géant est placé à la sortie d’une boîte de nuit, il devient parfois un jeu pour des consommateurs qui mesurent qui est capable de faire monter le taux d’alcool le plus haut…

A ce stade, on n’est plus confronté à l’alcoolisme traditionnel que la peur du gendarme a fait régresser mais à un phénomène de société: refoulement d’un mal être noyé dans la vodka, besoin de s’extérioriser,de se valoriser, en somme de péter les plombs pour se sentir mieux… provisoirement. Plus que des gendarmes, ce sont les parents, les éducateurs, les sociologues et les psychologues dont on a besoin pour s’attaquer à la racine du mal. Les mêmes maux enduisent les excès de vitesse hors normes, quand alcool et vitesse ne forment pas le mélange explosif, avec son lot de drames du week-end à la clé.

Nous voilà loin, il est vrai, des éthylomètres à la française qui, à la lecture des éléments ci-dessous – monopole du fabricant, fiabilité des alcootests chimiques- apparaissent comme une inutile et mauvaise plaisanterie à propos d’un sujet méritant plus de considération.

Les infos en provenance de France 

Hier matin, Manuel Valls, le ministre français de l’intérieur, est revenu sur sur le très controversé dossier de l’éthylotest obligatoire dans toutes nos voitures. Si l’on se réfère à la loi, tout automobiliste doit avoir un éthylotest à bord de son véhicule depuis le 1er juillet dernier. Une contravention à 11€ devrait entrer en application au 1er novembre dernier pour ceux qui n’avaient pas le fameux ustensiles dans leur boite à gants mais cette sanction a été repoussée au 1er mars 2013 notamment à cause de problèmes de disponibilité des éthylotests homologués à la normes NF.

Premier problème : l’unique fabricant agréé  se trouve en situation de monopole avec un produit à changer tous les deux ans. Le second problème: il n’existe aucune obligation de se tester si on a bu et quid si on a utilisé le seul éthylotest présent dans l’auto et qu’on se fait contrôler?

Une commission va donc se pencher sur le sujet et rendre un avis dans quelques semaines. Il est très possible que l’avis soit négatif et que cette obligation soit abandonnée au plus tard au 1er mars 2013. Un des arguments est la fiabilité de ces éthylotests chimiques non garantie quand ils sont neufs et a fortiori au bout de 2 ans dans une boite à gants soumise aux variations de températures et d’hygrométrie. Depuis 10 ans, les gendarmes et policiers ne les utilisent quasiment plus. En outre, 80% des accidents mortels ont lieu au delà de 1.2 g d’alcool par litre de sang et à ses niveaux, seuls les systèmes embarqués par les forces de l’ordre sont fiables, contrairement aux alcootests chimiques qui ne marquent qu’un palier.

Néanmoins, pour l’association 40 millions d’automobilistes, cette future suppression de la mesure est un mauvais signal envoyé aux conducteurs : « L’alcool est aujourd’hui la première cause de mortalité sur la route. c’est pour ça qu’il  faut envoyer des signes positifs aux conducteurs et qu’a t-on aujourd’hui pour savoir si l’on est positif ou non, rien sauf… l’éthylotest ». 

Enfin, les causes habituelles (vitesse, alcool, somnolence, téléphone au volant, entretien de sa voiture, prise en compte du climat et de la saisonnalité) restent bien sur au programme en France tout comme les… 400 nouveaux radars qui seront mis en service en 2013.

(BlogAutomobile, AP, LeFigaro, SR)

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