Le Salon de Bruxelles, baromètre d’un marché difficile en 2013


Bruxelles reste un Salon coloré et esthétiquement attrayant.
Bruxelles reste un Salon coloré et esthétiquement attrayant.

Le Salon de Bruxelles ouvre ses portes au grand public ce vendredi dans un décor toujours soigné. Pour beaucoup d’importateurs automobiles, le bilan commercial au terme de ce mois de janvier sera décisif pour le résultat de l’année 2013.

A raison, les dirigeants de la Fébiac, organisatrice du Salon de Bruxelles, avaient le sourire hier sur le plateau du Heysel. Cette édition 2013 qui, comme chaque année impaire, ne représente pas toute la production automobile et fait la part belle aux véhicules de loisirs, a belle allure: à travers 80 exposants, on y retrouve voitures, motos, utilitaires légers et même avions, en plus des trucks et des vélos présents quelques jours tout comme les « dream cars »attendus le deuxième week-end , du 18 au 20 janvier.

Après la journée presse et VIP et la traditionnelle soirée de pré-ouverture, ce sont surtout les candidats acheteurs qui sont attendus de pied ferme dans le contexte économique actuel. Et ce n’est pas gagné d’avance: « l’an dernier, nous n’avons pas réussi notre Salon, rappelle Bernard Chrétien, le nouveau DG de Renault Belgique. Et ce qui n’a  pas été acquis en janvier est très malaisé à récupérer ensuite. » Numéro 2  derrière Volkswagen, Renault a enregistré en 2012 un recul de ses ventes de 25%, alors que le marché perdait en moyenne 15%. D’autres marques ont souffert davantage dont Ford qui a vu les ventes de la Fiesta plonger après la fin des aides gouvernementales, indépendamment du drame social en cours à Genk qui touchera 6.000 emplois. Toyota, Honda et plus encore Alfa Romeo, Seat et Smart sont en mauvaise posture dans un marché où, à l’exception de Chevrolet, seuls les gammes « premium » s’en sortent vraiment bien: Audi, BMW, Mercedes, Land Rover, Porsche, Jaguar…

Et que va-t-il se passer en 2013? Entre les deux principales fédérations automobiles, on ne s’accorde pas sur les prévisions. Après deux années exceptionnelles en 2010 et 2011, et un recul sensible en 2012 dû notamment à la suppression des primes CO2, la Fébiac table sur une relative stabilité en 2013 avec des immatriculations autour de 485.000 unités. Mais  Federauto, la confédération belge du commerce et de la réparation du secteur automobile,  mise plutôt sur 445.000. « Federauto est trop pessimiste »,lance Thierry van Kan, président de la Febiac, qui admet toutefois que « la rentabilité du réseau va souffrir ».

Après les bataillons de vendeurs et de conseillers qui testaient hier leurs connaissances sur les stand du Salon, les concessionnaires seront soumis à forte pression tout au long de l’année pour réaliser les chiffres de vente demandés par les importateurs. Quitte à brader les prix et à ponctionner dans les marges des vendeurs.

Reste un dernier paramètre pour évaluer l’automobile belge, microcosme de l’économie nationale: les ventes respectives de véhicules de société ou destinés aux particuliers. C’est ce dernier secteur qui a souffert en 2012, touché à la fois par une anticipation des achats fin 20112 (pour bénéficier des primes CO2) et un manque de confiance du consommateur. Le marché société a été en revanche relativement stable, tout en étant caractérisé par des choix de voitures rejetant moins de C02 (en moyenne, 125 gr de CO2/km au lieu de 134). Une conséquence de la nouvelle législation fiscale.

Le Salon de Bruxelles est ouvert du vendredi 11 au dimanche 20 janvier de 10 à 18h30, avec des nocturnes jusque 22h les vendredi 11, lundi 14 et vendredi 18.

Infos: http://www.autosalon.be

Le top 10 du marché belge en 2012: . Volkswagen, 52.104 unités (- 15,83% par rapport à 2011); 2 Renault, 45.996 (- 25,17%); 3.Peugeot, 9.932 (- 18,03%); 4. Citroën, 37.238 (- 18,33%); 5. Opel, 35.769 (- 16,53%); 6. Audi, 31.330 (- ,13%); 7. BMW, 30.442 (+ 3,20%); 8. Ford, 28.754 (- 26,15%); 9. Mercedes, 21.296 (+ 5,07%); 10. Nissan, 17.000 (- 7,24%).

A l'image d'Audi, ce sont les marques "premium" qui se sont le mieux sorties du marché belge en 2012.
A l’image d’Audi, ce sont les marques « premium » qui se sont le mieux sorties du marché belge en 2012.

Pas de crash des ventes, selon Thierry Van Kan, président de la Fébiac

 » Avec près de 487.000 ventes en 2012, les volumes correspondent à ce que FEBIAC attendait, estime son président Thierry Van Kan. Ces -15% ne constituent pas un crash des ventes d’automobiles. Il s’agît d’un coup de frein qui fait suite à une exceptionnelle année record. Le réel trend du marché n’est d’ailleurs pas de -15% mais d’environ -10%. Fin 2011, nous avions constaté non moins de 20.000 immatriculations anticipées suite à la fin de la prime écologique..

 Que recouvre ce chiffre de 487.000 unités ? Que cache ce recul de 15% ? En Belgique, en moyenne 55% des voitures sont immatriculées au nom de particuliers, 40% au nom de société et 5% au nom d’indépendants et de professions libérales. Au cours de l’année écoulée, cette répartition s’est vue bouleversée. En 2012, nous avons constaté uniquement 49% d’achats privés et donc 51% d’achats professionnels. 

La contraction du marché automobile que nous avons connue en 2012 s’explique exclusivement par le recul des achats privés. En effet, le marché particulier a perdu 25%. L’explication ne réside pas très loin : la crise, mais aussi et surtout la suppression des écoprimes et l’anticipation des achats qui en a résulté dans les derniers mois de 2011.

En 2012, les entreprises ont immatriculé exactement autant de voitures qu’en 2011, année record. J’y vois un double signal. D’abord, la voiture de société est un outil de travail qu’on n’abandonne pas du jour au lendemain. Ensuite, dans bien des cas, la voiture de société fait partie de la rémunération. En termes de revenu net, la formule reste intéressante. On remarque que le nouveau calcul de l’avantage de toute nature, qui a fait couler tant d’encre, n’affecte que peu le volume des immatriculations. Vu la hauteur de la taxation directe, la voiture de société reste une offre très intéressante..

Les nouvelles règles de l’ATN ont cependant entraîné un ‘resizing’. Les émissions moyennes de CO2 des voitures immatriculées au nom des entreprises ont baissé de 134 à 125 grammes. Une nouvelle preuve, très convaincante, de l’efficacité de la fiscalité automobile ! 

Peut-on pour autant parler de downsizing ? Pas sur le plan des motorisations. La puissance moyenne des moteurs et les chevaux fiscaux ne baissent que très légèrement. La baisse des émissions est donc bien le fruit des nouvelles technologies. Nous constatons en revanche que les entreprises choisissent des véhicules plus compacts et mieux équipés, et moins de voitures sportives ou de limousines, un segment beaucoup plus petit il est vrai. Bref, contrairement à ce qu’on annonçait, à ce qu’on craignait souvent, ni la crise qui frappe l’Europe, ni le nouveau calcul de l’avantage de toute nature n’ont provoqué de séisme sur le marché des véhicules professionnels et du leasing.

Ce sont les indépendants et les professions libérales qui affichent le plus net recul : -31%. Est-ce à cause du nouveau calcul de l’ATN ? Ou à cause d’une économie en panne ? Difficile à dire. On observe cependant que les professions libérales et les indépendants achètent sensiblement moins de voitures compactes et sportives, mais plus de grands modèles, de SUV, de limousines et d’ultrasportives. En d’autres termes, de nombreux indépendants ont différé l’acquisition d’un nouveau véhicule ou l’ont immatriculé en privé, mais ceux qui ont acheté ont souvent opté pour un segment supérieur. Dans ce contexte, le diesel ne représente plus que 69% du marché, contre 75% en 2011. La voiture éléctrique de son côté a immatriculé 1278 véhicules (quadricycles inclus).

Cela nous amène aux attentes du marché automobile pour 2013. FEBIAC a calculé le volume total des ventes avoisinera à nouveau 485.000 unités. Comme en 2012, donc. Et si je tenais compte des 20.000 immatriculations ‘déportées’ en 2012, comme expliqué précédemment, alors le véritable trend serait de -4 à -5%.

Nous prévoyons un redressement du marché particulier après une année très maigre, mais en même temps, nous nous attendons à une légère baisse des immatriculations dans les entreprises. Les restructurations et faillites de ces derniers temps n’y sont pas étrangères.

FEBIAC, enfin, est du même avis que ceux qui prévoient et espèrent un regain économique pour la deuxième moitié de l’année. Cela devrait se traduire par de meilleurs chiffres sur un marché automobile qui, comme vous le savez, demeure très sensible à la conjoncture. »

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Une réflexion sur “Le Salon de Bruxelles, baromètre d’un marché difficile en 2013

  1. : Commentaire de Jean-Paul Gailly, Directeur général Transport Routier, SPF Mobilité & Transports .
    : Faire mieux avec moins, mission impossible ?
    Un constat unanime a été fait dans le cadre du Salon Truck & Transport au Heysel : le secteur du transport routier de marchandises est en difficulté en raison de la crise économique. Au même moment les décideurs politiques n’ont d’autre choix que de restreindre les possibilités de recrutement des services publics et leurs moyens de fonctionnement.
    Le défi est donc de sortir de ce cercle vicieux et de progresser malgré tout dans la qualité du service offert à ces entreprises, pour les aider à passer le cap. « Faire mieux avec moins » donc.
    Certains y verront une volonté de nier les réalités de terrain. D’autres estimeront qu’il y a une contradiction majeure dans les termes et qu’il s’agit là d’une mission impossible.
    Loin de moi la prétention de nier les besoins qui existent pour certaines tâches ou activités de service au public, ce serait simpliste, voire malhonnête.
    Mais dans bien des cas, les procédures, les modes de travail, existent depuis des décennies sans qu’on aie pris la peine de les évaluer.
    Une telle évaluation doit prendre en compte autant l’efficacité que l’ efficience : le service est-il correctement rendu ? le rapport entre les moyens affectés et les résultats obtenus est-il bien le meilleur possible ?
    Elle doit être attentive aussi aux besoins attentes, et difficultés des citoyens et des entreprises. Non pas pour errer au gré de l’expression d’intérêts particuliers, mais bien pour prendre la mesure des réalités de terrain, en maintenant les exigences d’impartialité et d’égalité de traitement de tous.
    Cette évaluation et l’identification des améliorations souhaitables ne peuvent réussir sans les collaborateurs des services publics. Il est indispensable de leur faire confiance, de leur donner l’espace nécessaire pour amener leurs propositions et développer leur créativité.
    Enfin, il faut que les responsables puissent bénéficier d’une réelle capacité d’initiative, dans le cadre d’une relation avec les décideurs politiques basée sur la transparence et la confiance mutuelle. Avec aussi une garantie de cohérence, donc de continuité dans l’affectation de crédits pour le recours aux nouvelles technologies.
    Mon expérience est que chaque fois que l’on peut conjuguer ces facteurs de succès- libre réexamen des processus, écoute attentive des usagers, espace de proposition pour les collaborateurs, autonomie réelle de gestion et politiques cohérentes – les services publics peuvent accomplir des avancées étonnantes !

    Ainsi dans le secteur du transport routier, des améliorations majeures ont eu lieu , et d’autres sont en préparation.
    Aujourd’hui obtenir une plaque ou un certificat d’immatriculation est possible en un jour seulement et avec une seule démarche :plus de 75% des immatriculations se font par internet via le courtier ou l’assureur, et la plaque ou le certificat sont livrés le lendemain à l’adresse choisie par le demandeur.
    Les entreprises de transport exceptionnel obtiennent dorénavant également leurs documents d’autorisation via internet en 5 jours maximum (au lieu de 15 auparavant) ; de nouvelles améliorations demandées par le secteur ont été mises en production ce mois-ci.
    Enfin les carrossiers et autres professionnels, qui apportent des transformations à un véhicule de base, pourront bientôt dès février prochain réaliser leurs demandes d’homologation par internet et obtenir ces certificats en quelques jours (au lieu de deux mois auparavant).
    Ces évolutions ont permis non seulement de rendre un meilleur service, mais aussi de réduite l’ampleur des tâches répétitives pour les collaborateurs, et de réaffecter certains d’entre eux à d’autres missions de service public qui étaient en difficulté.
    Faire mieux avec moins est donc possible, mais alors en faisant autrement.
    C’est toute une culture du service public, du service au public, qui doit, qui peut changer.

    Jean-Paul Gailly, Directeur général Transport Routier, SPF Mobilité & Transports

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