PSA et Opel, deux malades qui se cherchent


 PSA Peugeot-Citroën pourrait fusionner avec General Motors en Europe, mais le succès n'est pas garanti.
PSA Peugeot-Citroën pourrait fusionner avec General Motors en Europe, mais le succès de l’opération est tout sauf garanti, malgré la collaboration déjà en cours.

La plus  grosse perte de l’histoire de PSA Peugeot-Citroën  annoncée ce matin – 5 milliards d’euros en 2012- n’est même pas une surprise. Opel, la marque européenne de General Motors,se porte à peine mieux. L’union entre deux malades de l’industrie automobile européenne peut-elle donner naissance à un constructeur en bonne santé?

Au-delà de drames sociaux qui continuent à toucher  l’industrie automobile européenne  à travers des milliers de licenciements, existe-t-il des solutions à court et  à moyen terme pour nos constructeurs européens généralistes dans une économie mondialisée et au sein de  sociétés de plus en plus privées de classes moyennes?  Pas sûr. Tout le monde aujourd’hui est conscient de l’évolution des modes de vie, notamment de cette génération Y plus passionnée d’outils et de technologie internet que d’automobile. Une automobile   décriée par les pouvoirs publics compliquant à dessein sa mobilité et jugée de moins en moins politiquement correcte dans les médias. Et puis surtout, l’Europe et les Etats qui la composent n’ont plus les moyens de soutenir une industrie en déclin.

Quid dès lors de l’avenir d’un groupe comme PSA qui brûle 200 millions € de liquidités par mois, va fermer au moins une usine – Aulney-sous-Bois – et supprimer d’ici à 2014 11.000 postes sur 91.000? On voit mal comment PSA pourrait, malgré les mesures annoncées, relancer ses ventes dans un segment moyen très sensible à la conjoncture. Même constat face à la concurrence, du moins pour ses usines installées en Europe occidentale: le coût horaire moyen de l’industrie manufacturière est de 36 € en France ou en Allemagne, au lieu de 10 € en République Tchèque, Slovaquie ou Turquie, de 6 € en Pologne, voire de 3 € en Roumanie ou en Turquie!

Et puis, faut-il encore rappeler la surcapacité chronique des usines automobiles européennes ou une réalité évoquée par Sergio Marchionne, CEO de Fiat/Chrysler, à savoir qu’un groupe doit produire au moins 6 millions de véhicules par an pour être rentable? En Europe, Toyota, General Motors, Volkswagen, Fiat/Chrysler, Nissan/Renault et Hyundai/Kia sont dans la norme, mais PSA doit se contenter de 3 millions de véhicules.

La survie de PSA passerait donc par une fusion, et il existe un candidat potentiel avec qui des accords de coopération ont été signés au printemps dernier: General Motors. Mais d’une part, on sait qu’en plus des achats communs programmés dès cette année, les trois projets de développement n’aboutiront qu’en 2016. Il s’agit de plate-formes communes  dans le segment des monospaces moyens, dans le segment B (Peugeot 208) et dans le segment C (Peugeot 3008).  D’autre part, si GM se porte de mieux en mieux, il le doit en Europe à la marque Chevrolet et pas à Opel.  Non seulement, Opel continue à souffrir (recul des ventes prévu de 4 à 5% cette année, plans sociaux, bras de fer en Allemagne avec les syndicats de l’usine de Bochum) mais il n’est en rien complémentaire à PSA dont il est le concurrent direct.

Le principal gagnant d’une nouvelle entité GM/PSA  pourrait être  le constructeur américain qui bénéficierait d’une meilleure implantation en Europe. Sans pour autant donner nécessairement accès à de gros marchés où il est très présent (Chine et Brésil).

De quoi faire réfléchir la famille Peugeot détenant 25,3 % du capital de PSA et 37,9% des droits de votes. On voit mal néanmoins comment PSA, à l’image de Fiat, pourrait s’en sortir seul.

PSA annonce 5 milliards d’euros de pertes

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3 réflexions sur “PSA et Opel, deux malades qui se cherchent

  1. Pour redevenir rentable, le groupe PSA doit envisager des partenariats et l’augmentation de sa présence globale

    Un commentaire de Martyn Briggs, Programme Manager à Frost & Sullivan

    Paris, le 14 février 2013. En 2012, l’industrie automobile européenne a, de nouveau, connu un ralentissement pour la 5ème année consécutive, avec des ventes en baisse de plus de 8 %. Tous les constructeurs européens de marques grand public ont connu des difficultés en Europe, à tel point que le gouvernement français a proposé des prêts garantis par l’état au groupe Peugeot Citroën, plan qui est actuellement à l’étude à la Commission Européenne.
    De nombreux constructeurs automobiles ont annoncé des pertes en Europe, comme Fiat, Ford, General Motors et PSA. Mais deux différences majeures existent entre Peugeot Citroën et les autres constructeurs mentionnés ci-dessus : d’une part, le fait que la plupart des voitures vendues par PSA le sont en Europe (environ 62% en 2012) ; et d’autre part, un nombre de partenariats internationaux limité. Ce qui s’est traduit par une annonce de perte opérationnelle en 2012.
    Le groupe PSA doit envisager plusieurs options pour retrouver la rentabilité, et notamment :
    – Une réduction des coûts et/ou des effectifs : fermer des usines et licencier. Le groupe a annoncé la fermeture prochaine de l’usine d’Aulnay et d’autres mesures qui permettront une réduction des effectifs de 8 000 personnes.
    – Augmenter la présence mondiale : vendre plus de voitures dans les marchés émergents. Il est prévu d’accroître les ventes en dehors de l’Europe de 30 % des ventes du groupe en 2012 à au moins 50 % en 2015, avec comme marchés principaux l’Amérique latine, la Russie et la Chine. Le partenariat avec General Motors pourrait permettre de nouvelles percées en Russie et en Amérique latine – où de nouvelles fusions sont envisagées. Le groupe PSA a sa propre feuille de route pour augmenter sa part de marché en Chine à 5%.
    – Partenariats industriels : s’appuyer sur des partenariats dans les marchés stratégiques de croissance, mais aussi générer des économies de coûts dans un marché européen à la baisse. Les termes du partenariat avec General Motors annoncé l’année dernière commencent à être plus clairs : les deux groupes devraient partager 3 plateformes en Europe (y compris la nouvelle Zafira/3008) et ils devraient étendre leur collaboration au développement de produits et aux achats. Ce partenariat devrait permettre des économies annuelles de 2 milliards de dollars pour les deux groupes.
    – Evolution vers des segments plus rentables : PSA est particulièrement présent sur les segments A et B qui sont moins rentables et plus concurrentiels. Il est prévu d’augmenter proportionnellement les ventes dans les segments plus élevés (C et D), ainsi que dans les segments des crossovers comme le 2008 et le 3008, et dans les véhicules sportifs comme le RCZ afin d’augmenter la rentabilité et d’attaquer de nouveaux segments de marché pour accroître sa part de marché.

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  2. PSA EN CHINE. Lu dans Fleet Europe/Automotive News Europe:
    PSA Peugeot-Citroën expects China to become its biggest market in 2015, overtaking even its domestic market of France. Sales in China by the two brands this year are forecast to reach 540,000 units not including the DS line. This would be an increase of 22% over last year.

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