Prolonger la formation des jeunes conducteurs pour réduire l’hécatombe routière


La détention d'un permis de conduite induit un sentiment de liberté qui a ses limites.
La détention d’un permis de conduite ne signifie pas qu’on maîtrise les règles et la pratique de la conduite automobile. Rien ne remplace l’expérience.

Avec 13 jeunes tués par an et par million d’habitants sur les routes, la Belgique est un des plus mauvais élèves de l’Europe, note la Commission Européenne. Une formation approfondie à la conduite devrait réduire  cette hécatombe à moyen terme.

En 2011, 141 jeunes Belges de 18 à 24 ans sont morts sur les routes, un chiffre malheureusement sans surprise si on se réfère aux statistiques des compagnies d’assurance: « si  7% des automobilistes sont responsables d’un accident par an en Belgique, rappelait ce matin à la RTBF Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia,  la proportion passe à 20% pour les jeunes.Parmi les facteurs de risque figurent la puissance des véhicules, la conduite de nuit et de week-end et la charge des voitures – 3 passagers arrière- supérieure aux conditions rencontrées dan les écoles de conduite ».

Comment faire mieux? Les uns critiquent les écoles de conduite, les autres évoquent à raison l’alcool, la vitesse, la conduite de nuit, la drogue ou la fausse liberté qu’ inspire après quelques milliers de kilomètres  la réussite du permis de conduire. Et si on rappelait d’abord que la conduite automobile est un vrai métier manuel exigeant formation, expérience, attention permanente, respect mutuel et remise en question?

La règle n’a rien de scientifique mais il est communément admis qu’il faut  7 ans pour maîtriser une automobile dans ses composantes multiples: conduite en ville et sur route, dans le trafic, sous la pluie, dans le brouillard, de nuit, avec un véhicule chargé, contrôle de la puissance et du freinage, évitement d’un obstacle imprévu…

Quel adulte oserait nier qu’il s’est fait peur quelques fois pendant les premières années de conduite  et que seule la bonne fortune lui a parfois évité  le pire? Pas moi en tout cas!Le problème est que cet apprentissage se fait « en direct » et sans garde-fou aujourd’hui que l’assistance électronique de voitures devenues  beaucoup plus sûres.

Si la solution miracle pour compenser le manque d’expérience n’existe pas, il y a des formules alternatives pour accélérer la maîtrise au volant: formation continue sur routes avec un moniteur, cours de conduite défensive, découverte de pistes glissantes en circuit fermé.

En aviation, on n’imagine pas de lancer des élèves pilotes dans les airs au terme de leur formation théorique et pratique. L’examen d’un commandant de bord comprend la maîtrise de nombreux tests sur simulateur où sont reproduites les situations les plus complexes et les plus dangereuses . Or, des simulateurs de conduite automobile très performants existent et pas seulement sous la forme de jeux. Des cours sont notamment dispensés aux conducteurs de poids lourds.

Il est temps que les responsables de la sécurité routière, après nous avoir répété à l’envi les dangers non négligeables mais surévalués de la vitesse dans l’absolu -mais pas de manière ciblée- se penchent objectivement sur la question  et qu’au-delà des slogans,  des choix soient opérés afin de mettre en place un cadre législatif autre que répressif.

Tout en sachant qu’on devra toujours, comme dans tous les secteurs de la vie en société, déployer d’autres moyens pour combattre les 10% d’irréductibles refusant d’autres règles que leurs envies du moment. Les 90% restants ne demandent qu’à être mieux formés, y compris sur un plan pédagogique, pour affronter le terrain trop dangereux de la conduite automobile.

Mieux: les moyens financiers sont là: comme le suggère Touring, l’Etat fédéral et/ou les Régions pourraient, sur les 387 millions d’euros générés l’an dernier par les amendes routières, consacrer 50 millions à la post-formation.  Ce « retour sur investissement » justifierait partiellement le montant d’amendes souvent jugées excessives eu égard à l’infraction commise, et a priori sans effet probant sur la sécurité routière.

Bref, si on essayait autre chose que la répression et les campagnes d’information et d’ affichage?

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2 réflexions sur “Prolonger la formation des jeunes conducteurs pour réduire l’hécatombe routière

  1. Quelques réactions à ce poste épinglées sur lalibre.be

    LTPG – Belgique
    23.04.13 | 16h14
    Combien d’adultes ne mettent pas leur clignoteurs 100m avant leur manœuvre?

    Combien d’adultes n’allument pas leur phares non pour mieux voir mais pour mieux être vus?

    Combien d’adultes roulent avec leurs feux de positions?

    Combien d’adultes roulent avec des feux « borgnes »?

    Combien d’adulte ne respectent pas le signal attention à un carrefour et forcent le passage?

    Qui peut dire: « sur une journée je n’ai commis AUCUNE infraction au code de la route?

    Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de pv qu’il n’y a pas eu infraction!

    La signalisation est-elle toujours rigoureuse? Parfaite? Lignes blanches nettes? etc etc etc.

    Avant de pénaliser tout le monde détaillons les statistiques des décès des jeunes? Quand? Où? Pourquoi? Après seulement on trouvera le remède.

    ole – Bruxelles
    23.04.13 | 15h20
    On en revient toujours à la même conclusion quelque soit le dossier: l’éducation!

    Toebosch – Beersel
    23.04.13 | 14h15
    Mon pére m’a appris à conduire dés mes 18 ans. pas question de lui emprunter sa voiture sans sa présence. Pas question d’utilser sa voiture pour sortir avec des copains. J’ acheté ma 1ere voiture vers mes 22ans. C’était :si tu bois tu ne conduis pas, si tu conduis tu ne bois pas. Le problème n’est politique mais d’éducation parentale.

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  2. Quand nos autorités politiques et autres dirigeants comprendront-ils – mieux exprimé : sont-ils capables de comprendre – que la conduite d’un véhicule est une activité « artisanale », c’est-à-dire qu’elle fait appel à plusieurs registres de caractéristiques ? Il faut en effet disposer, de connaissances, de quelques talents, d’une certaine adresse physique naturelle, de vivacité d’esprit, mais aussi d’expérience et surtout de plaisir à accomplir cette tâche qu’est la conduite.
    Le meilleur artisan n’est-il pas en effet, à talent égal, celui qui prend le plus de plaisir à la tâche ?
    Il m’est arrivé d’interroger un ancien directeur de l’Institut Belge de Sécurité Routière (le fameux IBSR) sur ce point. Quelle ne fut pas la stupéfaction des journalistes et autres personnes qui l’entouraient ce soir-là quand ce monsieur, supposé responsable, nous répondit tout de go : « je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision car j’associe le plaisir à la transgression ! »
    Une des personnes présentes lui demanda alors poliment la permission d’interroger l’épouse de l’auteur de cette réponse ! S’il lit cette anecdote, il se reconnaîtra sans doute !
    Quand on prend vraiment conscience des conséquences de cette approche de la sécurité routière, on peut se réjouir que les résultats de la Belgique ne soient pas encore plus mauvais !
    J’ai la chance de rouler chaque année dans une bonne dizaine de pays européens et souvent outre mer et les comparaisons sont intéressantes sur l’esprit qui règne parmi les conducteurs qui doivent se partager le même espace de plus en plus étroit. Certains se respectent par discipline, d’autres par intelligence et compréhension de la mécanique harmonieuse du trafic, d’autres encore par admiration mutuelle de leur talent à conduire, d’autres aussi par compréhension des facteurs du bonheur de vivre harmonieusement ensemble. A ces bons exemples dont les connaisseurs auront reconnus les pays d’origine, on doit malheureusement opposer quelques mauvais exemples dont bien malheureusement la Belgique où l’agressivité voire le tempérament dominateur de certains donnent les résultats que l’on connaît.
    En ce qui concerne plus spécifiquement l’apprentissage de la conduite, je voudrais suggérer que les débuts de la conduite se déroule au volant de voitures à boîte automatique. En effet, pour un débutant, le maniement voire même la compréhension de la boîte de vitesse et surtout la synchronisation des mouvements de l’accélérateur et de l’embrayage génère une difficulté totalement inutile. La conduite n’est-elle pas essentiellement faite de la maîtrise de l’accélérateur, du frein et du volant ? Au volant d’une automatique, le débutant se concentrera sur l’essentiel et, une fois ceci plus ou moins maîtrisé, il ou elle pourra passer à la boîte « mécanique » si l’envie lui vient.
    Philippe Casse

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