La Chine ne pourra pas assouvir les rêves de tous les constructeurs automobiles


Symbolisé par deux bras en référence au partenariat entre BMW et Brilliance, ce sigle annonce une nouvelle marque automobile chinoise appelée Zinoro.
Symbolisé par deux bras en référence au partenariat entre BMW et Brilliance, ce sigle annonce une nouvelle marque automobile chinoise appelée Zinoro.

Le marché européen automobile recule, même en Allemagne, et beaucoup de constructeurs espèrent trouver leur planche de salut en Chine. Mais le « China dream »  a ses limites.

Le marché automobile européen se porte mal. Même l’Allemagne a enregistré en mars un recul de ventes de 17% touchant surtout les marques généralistes. Les constructeurs doivent impérativement trouver des débouchés ailleurs et notamment en Chine, objet de toutes les convoitises au moment où se déroule le Salon de Shanghai très courtisé par les marques allemandes de luxe, d’Audi à Porsche.

L’époque où les Européens, dont Volkswagen, écoulaient leurs modèles les plus polluants en Chine est révolu. Mieux: dans un marché du luxe automobile toujours porteur mais plus concurrentiel, le jeune cadre local demande à être « chouchouté » autant, si pas plus, que ses homologues européens.

Témoin, la succursale Mercedes de Zhongsheng dans la banlieue de Shanghai. Daimler a investi 32 millions de dollars dans un bâtiment  surmonté d’une énorme  étoile visible par les passagers des avions volant à basse altitude. Ici, les dernières nouveautés trônent sur un îlot entouré d’eau – symbole de richesse en Chine- où frétillent des poissons rouges. Dans les étages de cette concession ouverte 7 jours sur 7, les visiteurs venus en famille ont à leur disposition  centre de fitness, cinéma,  salle avec billards et jeux vidéos!

Par rapport à Volkswagen – présent depuis 30 ans en Chine-, BMW et Audi, Mercedes doit, il est vrai, rattraper son retard et se forger une image . Sur un marché devenu mature dans les grandes mégapoles et le long des côtes, il faut aller chercher les clients dans les villes de taille moyenne à travers de nouvelles concessions, et investir dans de nouvelles usines avec les indispensable partenaires locaux.

Ainsi, General Motors va construire d’ici à 2015 quatre usines qui assembleront plus de 5 millions de véhicules; Mercedes va assembler à Pékin plus de moteurs que dans son centre historique de Singelfingen; BMW va lancer en fin d’année avec Brilliance Automotive  une nouvelle marque de voitures électriques , Zinoro, destinée à la classe moyenne chinoise.

A priori, BMW, le groupe VW et Mercedes, détenteurs d’un quart du marché automobile local (3,3 millions d’unités sur 14,68 millions), devraient encore profiter du « China Dream » ces prochaines années.Idem pour Général Motors, premier groupe automobile étranger, qui a écoulé l’an dernier  2,84 millions de véhicules à travers 7 marques différentes.

Mais quid, à côté des Coréens et des Japonais, de l’avenir des autres constructeurs européens attirés par cet eldorado automobile ? Fiat/Chrysler annonce la construction de 100.000 Jeeps avec le groupe chinois Guangzhou Automobile Group (GAC); PSA Peugeot-Citroën, qui « sinise » ses modèles dans un « China Tech Center » à Shanghai pour les rendre plus voyantes, se félicite de son début d’année (141.00 voitures, + 31%) mais son objectif de 4% du marché fondé notamment sur le succès de la gamme Citroën DS semble irréaliste aux yeux des analystes qui le voit plutôt revenir à 3%. Un pourcentage  de toutes façons très éloigné des 20% du groupe VW. De son côté, Carlos Ghosn, PDG de Renault, après avoir reconnu son erreur de stratégie et revu largement à la baisse ses prévisions pour le marché européen de la voiture électriques (3% au lieu de 10 %), espère écouler sa gamme de voitures électriques dans les grandes villes polluées du premier marché automobile au monde. Mais les Chinois n’ont pas attendu Renault pour anticiper  la restriction attendue des moteurs à combustion en milieu urbain.

Si, comme le prévoit General Motors, les immatriculations chinoises font plus que doubler    au-delà de 2020, il y aura malgré tout des déçus parmi les constructeurs occidentaux arrivés tardivement sur ce nouveau marché très particulier et difficile à apprivoiser. D’autant plus que d’ici là, la Chine, après avoir exporté quelques pâles copies de modèles européens ignorant nos critères de sécurité, nous enverra par bateaux entiers des voitures  conçues et assemblées avec l’aide de ses partenaires étrangers!

La Chine, premier marché automobile mondial

Les constructeurs allemands fuient aussi l’Europe

Le bel avenir du marché chinois

 

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