Faut-il rendre le prix du parking dissuasif dans les villes?


Une demi-journée de parking à 50 euros à Bruxelles.
Une demi-journée de parking à 50 euros à Bruxelles! (Ph. PVC)

C’est une tendance dans quelques grandes villes européennes soucieuses d’améliorer leur mobilité à court terme: rendre le parking suffisamment cher pour qu’il incite à se tourner vers les transports en commun.

Les résidents et les occupants des bureaux dans un quartier proche du Cinquantenaire à Bruxelles ont été surpris récemment par un nouveau panneau: l’absence d’un ticket de stationnement ou le dépassement du temps imparti se traduit dorénavant par  le paiement d’une redevance de 50 euros par demi-journée! On est loin des 12,50 ou des 25 euros pratiqués ailleurs.

Péage urbain, meilleure offre de transports publics, mobilité douce, diminution du nombre de parkings, zones piétonnes :toutes les grandes villes réfléchissent à des scénarios qui, d’une manière ou d’une autre, veulent diminuer  la pression automobile. A Bruxelles par exemple, l’objectif ambitieux est de réduire le trafic de 20% en 2018 par rapport à 2001.

Compliquer la tâche des automobilistes à la recherche d’un espace dans les centres villes est une des pistes privilégiées, y compris à Bruxelles avec l’instauration prochaine -2014?- de zones rouges, oranges et vertes dans toute l’agglomération. Le tarif horaire en zone rouge pourrait atteindre 4 euros! De quoi dissuader sans doute les squatteurs de parkings mais aussi  faire fuir  les automobilistes vers les commerces en périphérie.

L’approche est la même dans d’autres villes à l’étranger: depuis le 1er février, Luxembourg a augmenté le tarif des parkings de 30% (2 euros/heure, 3,20 euros à partir de la 6e heure) et à Paris, l’inflation du prix des parkings souterrains devenus trop peu nombreux transforme en casse-tête le stationnement en surface qui a perdu 30 % d’emplacements en dix ans.

Faut-il privilégier le parking dissuasif plutôt que le péage urbain comme à Londres? La mesure est plus simple à mettre en place et, dit-on, elle passe mieux politiquement, tout comme les réductions d’espaces qui se font en douce et sans guère de concertation. Quitte à faire marche arrière ultérieurement, comme dans la rue de la Loi qui vient de récupérer sa 2e bande entrante de circulation devant le parlement.

Reste la question essentielle: à côté de la mobilité douce (vélo, marche) concernant essentiellement les trajets courts et de l’auto-partage en progression, qui va absorber le flot des ex-automobilistes navetteurs rejetés d’une ville comme Bruxelles? La STIB, qui a accueilli 348,8 millions de voyages en 2012 (+ 5,76%) devrait en absorber 415 millions en 2017 et 550 en 2025! Les investissements devraient atteindre 615 millions d’ici  à 2017 au sein d’une société à la recherche de 3.100 collaborateurs. On parle notamment du développement de l’axe nord-sud et d’un métro automatique.

Bref, les projets ne manquent pas et une nouvelle volonté politique semble se dessiner,  à côté du RER aux allures de monstre du Loch Ness. Mais ne vaudrait-il pas mieux accélérer ces projets divers avant de ralentir artificiellement le trafic automobile par des aménagements eux aussi coûteux et sans effet positif sur la mobilité? Et lorsqu’un grain de sable perturbe le trafic comme ce matin au square Montgomery, tout Bruxelles est bloqué. Une fois de plus.

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Une réflexion sur “Faut-il rendre le prix du parking dissuasif dans les villes?

  1. QQ commentaires via lalibre.be:
    metearth – Belgique
    29.05.13 |
    Et puis, si on veut augmenter la mobilité à Bruxelles, peut être que les politiques devraient avoir le courage de :

    a)créer des boulevards à sens uniques
    b)evacuer la circulation des boulevards engorgés, sans en ramener d’avantage à cet endroit
    c)prolonger les voies du métro et du tram en dehors des limites de la région bruxelloise
    d)transformer des rues en impasses
    e) créer des parking gratuit à proximité des gares et des autres stations
    f)augmenter la fréquence des moyens de transports en communs
    g) diminuer le prix des taxis
    h) encourager la décentralisation des bureaux administratifs au sein des grandes entreprises et des administrations publiques
    i) augmenter la taille des trottoirs et créer des amménagment de zones de livraisons
    j) aller voir comment la ville de Lyon s’en est sortie avec brio des encombrements structurels
    k) embellir la ville pour favoriser le déplacement à pied.

    imetearth – Belgique
    29.05.13
    Pourquoi pas, mais uniquement si des alternatives réalistes sont mises en oeuvre.
    De plus ces alternatives ne doivent pas être pénalisantes, par exemple: ne pas pénaliser les usagers lors des grèves sauvages, ne pas vouloir la rentabilité de certaines lignes, allouer suffisamment de moyens de transports endéans des périodes d’attentes courtes entre 06H00 et 21H00 , sans se limiter aux seules « heures de pointes » scolaires ni aux calendriers scolaires.
    Mais bon, je suis utopiste… la réalité risque d’être: « on augmente les tarifs, sans augmenter l’offre, car cela fera + de sous dans la caisse publique, sans coût supplémentaire de nouvelles politiques »…

    juanlespins
    29.05.13 |
    Quand les transports en commun seront suffisants, propres et ponctuels et qu’ils ne donneront pas le sentiment d’être dans une diligence attaquée par les sioux …
    On en reparlera !

    Tchuudi – Wezembeek-Oppem
    29.05.13
    1. Construire des parkings souterrains aux frais du conribuable
    2. Réduire le nombre de places de parking en surface ou rendre leur prix prohibitif
    3. Revendre l’exploitation des parkings souterrains (devenus la seule alternative au parking, et donc en situation de monopole) à des sociétés privées…
    Pas compliqué, si efficace, et puis, c’est le citoyen pigeon qui paye…

    dememe – Ans
    29.05.13
    Quelle est la limite acceptable non seulement pour les navetteurs mais aussi pour les riverains? voilà aussi une bonne question. Si on compare Bxl par rapport à Londres où il faut payer pour entrer en ville on constate que le centre de Londres est devenu réservé aux gens aisés, les autres s’installant en banlieue. Aller vous balader à Londres et vous n’y verrez, à part les taxis et bus, que des grosses bagnoles (j’y suis allé il y a 2 semaines et je n’avais jamais vu autant de Rolls, Maserati ou Ferrari en si peu de temps). Si on compare avec une ville comme Cologne on constate là-bas qu’autour de la ville il y a plus de 20 parking (P+R) clairement identifiés, propres, couverts et gardés (!!) et totalement gratuits pour peu que vous preniez le tram pour vous rendre au centre-ville.

    Totem One – Australie
    29.05.13
    Pas grave : ça ne fera que renforcer la part croissante de l’e-commerce 😉 Pourquoi payer 5€ minimum de parking (et il faut aller vite, MAX une heure) alors que cela correspond +/- aux frais de port d’un article par un transporteur…

    PS : bon courage aux riverains qui seront situés en dehors de ces zones « olivier » (rouges, oranges et vertes)! Trouver une place dans ces quartiers va devenir une épopée (cfr Londres ou d’autres grandes agglos ou ce système est déj en place).

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