Mis hors jeu injustement, Audi tente de forcer le suspense aux 24 Heures de Spa


Très loin sur la grille des 24 Heures de Spa, les Audi n'en menaient pas large avant le départ. (Ph. YdP)
Très loin sur la grille des 24 Heures de Spa, les Audi n’en menaient pas large avant le départ. (Ph. YdP)

HUMEUR. Imagine-t-on  le team Red Bull-Renault  écarté de la lutte pour le titre mondial en Formule 1  suite à une pénalité technique  de la FIA? C’est ce qui se passe cette année dans la Blancpain Endurance Série.

Très –trop?- à l’aise  ces deux dernières années dans ce championnat GT  et victorieux en 2011 et 2012 aux 24 Heures de Spa, les clients du constructeur Audi  affichaient  grise mine ce samedi après-midi. Des sept  R8 LS ultra engagées, une seule s’était hissée dans le top 20 sur la grille de départ . Et encore son pilote Laurens Vanthoor avait-il dû forcer son talent au prix d’une sortie de route qui endommagea l’aileron arrière.

A la base de cette débâcle figure  la nouvelle balance des performances qui  affecte cette année  les performances –admission d’air  bridé- et la tenue de route des Audi. Le sport automobile est ainsi fait qu’il faut parfois rééquilibrer artificiellement les performances de différentes voitures engagées dans la même catégorie. Le Royal Automobile Club de Belgique l’avait appris à ses dépens en 1993 en tentant d’influencer le rythme des ravitaillements pour faire rouler ensemble des voitures  aux moteurs à essence et diesel. Le décès inopiné du Roi Baudouin entraîna l’arrêt de la course et… mit fin à la polémique. « Rééquilibrer les performances, d’accord, notait JG Mal-Voy, consultant pour le Belgian Audi Club ;mais pénaliser sur base des résultats, c’est autre chose ». « Non seulement, nous perdons deux secondes au tour à Spa, ajoutait Pierre Dieudonné, directeur technique du team belge WRT, mais nous sommes aussi pénalisés en ligne droite. »

Connaissant la qualité des pilotes Audi – dans ses rangs figurent notamment André Lotherer et Marcel Fässler, doubles vainqueurs aux 24 Heures du Mans, on pouvait difficilement leur attribuer l’échec de ces essais. Le Dr Wolfgang Ullrich, patron d’Audi Motorsport, accueillit néanmoins ces chiffres avec  une sobriété apparente : « le résultat des qualifications est clair …». Pas sûr que dans le monde survolté de la F1, un patron d’écurie aurait fait preuve de la même philosophie. Dans le milieu très fermé de la FIA, il est vrai, s’en prendre ouvertement au pouvoir sportif n’est pas exempt de risques même si, soulignait-on avec dépit chez Audi Belgium, « notre professionnalisme est mal récompensé ». « Comme toujours, soulignait  Pierre Dieudonné, nous avons préparé très méticuleusement les arrêts au stand. Ainsi, chaque soir à l’atelier, les mécaniciens s’entraînent pour effectuer le changement de roues en un minimum de temps après avoir bénéficié d’une préparation physique dans ce but. Mais le challenge s’annonce difficile. »

Vint donc la couse entamée sous le soleil et une chaleur lourde, avec une multitude d’incidents et une lutte très serrée en tête entre les Aston Martin, Porsche, Ferrari, BMW et autres Mercedes. Et les Audi ? Pas vraiment larguées :après 2 heures, la n1 du Belgian Audi Club aux mains de Vanthoor, Ortelli et Rast pointait, avec une quarantaine de secondes de retard, au cinquième rang d’une épreuve menée par la BMW Z4 de Maxime Martin et Bas Leinders, l’autreZ4 du team VDS Racing, une Porsche 997 et une Ferrari 158 Italia. Puis la Porsche força le passage en tête, alors que l’Audi perdait du terrain.

Mais l’épreuve n’en était encore qu’à ses débuts au sein d’un peloton très agité où n’on n’attendait plus qu’un  acteur :la pluie sans laquelle les « 24 Heures » failliraient à leur réputation.

 

Une édition maudite pour WRT mais une belle course sans pluie dimanche matin

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3 réflexions sur “Mis hors jeu injustement, Audi tente de forcer le suspense aux 24 Heures de Spa

  1. UNE MAIGRE CONSOLATION POUR AUDI

    Press Release 28.7.2013

    Le podium, une maigre consolation pour le Belgian Audi Club et le Team WRT lors de frustrantes 24 Heures de SpaLe Belgian Audi Club et le Team WRT sont prêts pour la plus grande course de la saison !

    La 65e édition des Total 24 Heures de Spa a été une grande déception pour le Belgian Audi Club et le Team WRT. La troisième place d’André Lotterer, Frank Stippler et Christopher Mies, conquise grâce à la régularité et à la fiabilité de l’Audi R8 LMS ultra après une course-poursuite de 24 Heures, doit être vue comme une réussite pour les pilotes et l’équipe. Mais le résultat n’a pas répondu aux attentes. Plus encore que les abandons des autres voitures (à cause d’un problème technique pour Ortelli-Vanthoor-Rast et suite à des incidents de course pour Ekström-Sandström-Fässler et Mayr-Melnhof-Frey-Halliday), l’origine de la frustration était à trouver dans l’incapacité des Audi R8 LMS ultra de se battre avec leurs rivaux à cause d’une Balance de Performances défavorable. Malgré le résultat de Spa, la lutte pour les titres Pilotes et Teams dans la Blancpain Endurance Series reste totalement ouverte. Frank Stippler et Christopher Mies sont co-leaders chez les Pilotes et le Team WRT ne pointe qu’à 8,5 points des meneurs chez les équipes alors qu’une course rapportant le double des points d’une épreuve habituelle doit encore être disputée.

    La 65e édition des Total 24 Heures de Spa a été une grande déception pour le Belgian Audi Club et le Team WRT. La troisième place d’André Lotterer, Frank Stippler et Christopher Mies, conquise grâce à la régularité et à la fiabilité de l’Audi R8 LMS ultra après une course-poursuite de 24 Heures, doit être vue comme une réussite pour les pilotes et l’équipe. Mais le résultat n’a pas répondu aux attentes. Plus encore que les abandons des autres voitures (à cause d’un problème technique pour Ortelli-Vanthoor-Rast et suite à des incidents de course pour Ekström-Sandström-Fässler et Mayr-Melnhof-Frey-Halliday), l’origine de la frustration était à trouver dans l’incapacité des Audi R8 LMS ultra de se battre avec leurs rivaux à cause d’une Balance de Performances défavorable. Malgré le résultat de Spa, la lutte pour les titres Pilotes et Teams dans la Blancpain Endurance Series reste totalement ouverte. Frank Stippler et Christopher Mies sont co-leaders chez les Pilotes et le Team WRT ne pointe qu’à 8,5 points des meneurs chez les équipes alors qu’une course rapportant le double des points d’une épreuve habituelle doit encore être disputée.
    Au moment de tirer le bilan du week-end, Vincent Vosse ne cachait pas sa déception. « Nous avons fait tout ce que nous pouvions au vu des circonstances et je voudrais remercier les pilotes et toute l’équipe pour leur travail et leur totale implication », précisait le Team Principal de WRT.  » Cette arrivée sur le podium, la troisième en trois ans, n’est qu’une maigre consolation. Je pense qu’il était clair pour tout le monde que nous étions totalement incapables de suivre le rythme, comme si nos voitures emmenaient des sacs de sable. Nos pilotes ont essayé de compenser. Mais à force d’être toujours à la limite, on augmente le risque d’un incident, spécialement dans le trafic. »
    Lors des essais, les R8 LMS ultra étaient constamment loin des meilleures positions. La seule Audi ayant pu participer à la Superpole, qui regroupait les 20 voitures les plus rapides des qualifications, a été la #1 de Laurens Vanthoor, grâce à un tour extraordinaire du jeune Belge durant la qualification de nuit. Malheureusement, Laurens partait à la faute et touchait un mur de pneus durant cette Superpole. « Je crois que j’ai attaqué trop fort pour compenser le manque de performance », expliquait-il.
    Vingtième, la #1 était néanmoins la mieux placée des Audi sur la grille de départ devant la #2 (31e), laquelle était suivie de la #13 (32e) et de la #0 (35e). Dans une telle situation, le team pouvait seulement envisager une course-poursuite et espérer grimper dans la hiérarchie au fil des heures.
    Malheureusement, la course allait apporter son lot de désillusion. L’Audi #1, remontée à la 5e place après deux heures (notamment grâce à deux périodes de safety-car), se retirait durant la 4e heure à cause d’un problème de transmission. « C’est vraiment dommage », regrettait Stéphane Ortelli. « Parce que nous étions bien remontés malgré un petit problème d’allumage. Mais nous avons ensuite commencé à avoir des problèmes avec l’axe de transmission et la boîte de vitesses. Nous ne savons pas ce qui s’est passé exactement. »
    Après le cap des 6 heures, alors qu’une première attribution de points était effectuée, la #13 d’Ekström-Sandström-Fässler pointait à la 8e place et la #2 de Lotterer-Stippler-Mies au 10e rang. Mais quelques minutes plus tard, la #13, alors pilotée par Marcel Fässler, était impliquée dans un accrochage avec une Ferrari attardée. « Ca a été un début de course très difficile », racontait le Suisse. « C’était vraiment très chaud dans le trafic et il était parfois difficile de doubler des voitures de la catégorie Pro-Am, mais notre R8 se comportait mieux que lors des essais. Malheureusement, il y a eu ce contact à Blanchimont avec une Ferrari moins rapide. Je voulais passer par la gauche, mais le pilote ne m’a pas vu et il m’a percuté. » Si les dégâts à la roue arrière-droite semblaient limités, une inspection minutieuse dans les stands révélait des dommages trop importants sur les supports de suspension, contraignant la voiture à l’abandon.
    Le retrait de la #0, qui était dans le top 25, a eu lieu à 4h30 quand une crevaison lente envoyait Matt Halliday dans un mur de pneus. « Ca avait déjà été une course difficile », expliquait Niki Mayr-Melnhof. « Il n’était pas simple de trouver un bon rythme avec autant de trafic en piste et la chaleur dans les habitacles. Nous avons aussi eu quelques contacts et puis cet accident. Ce n’était décidément pas notre année. »
    La #2 d’André Lotterer, Frank Stippler et Christopher Mies était finalement la seule rescapée. Entrée dans le top 5 juste après la mi-course et en lutte pour le podium durant plusieurs heures, l’équipage était prêt à se contenter de la 4e place après un changement de plaquettes de freins et un tête-à-queue d’André Lotterer. « C’est vraiment une course très, très difficile », estimait Frank Stippler. « Nous sommes toujours à la limite pour essayer de rester dans le rythme de nos adversaires et nous marchons donc tout le temps sur un fil. » L’abandon de la Ferrari précédant la meilleure Audi permettait à l’équipage de revenir en troisième position.

    L’équipe va maintenant prendre une pause bien méritée avant de retrouver le chemin des circuits en FIA GT Series les 17 et 18 août sur le Slovakiaring. La cinquième et dernière manche de la Blancpain Endurance Series est quant à elle programmée les 21 et 22 septembre au Nürburgring.
    Blancpain Endurance Series – Round 4
    Spa-Francorchamps, Belgique
    25-28 juillet 2013

    Classement général (Pro Cup)
    1. Schneider-Buhk-Götz (Mercedes SLS) 564 tours en 24h00m09s667
    2. Lieb-Lietz-Pilet (Porsche 997) + 2 tours
    3. Lotterer-Stippler-Mies (Audi R8 LMS ultra) + 6 tours
    4. Haase-Jarvis-Primat (Audi R8 LMS ultra) + 8 tours
    5. Hennerici-Maassen-Soulet (Porsche 997) + 14 tours
    Abandon: Mayr-Melnhof-Frey-Halliday (Audi R8 LMS ultra) 270 tours
    Abandon: Ekström-Fässler-Sandström (Audi R8 LMS ultra) 179 tours
    Abandon: Vanthoor-Rast-Ortelli (Audi R8 LMS ultra) 49 tours

    Classement Pilotes (Pro) après 4 manches sur 5
    1. Zampieri-Rigon-Ramos (Ferrari F458) 48 points
    1. Stippler-Mies (Audi R8 LMS ultra) 48
    2. Leinders-Buurman-Martin (BMW Z4) 47,5
    3. Lieb-Pilet-Lietz (Porsche 997) 39
    4. Schneider-Götz (Mercedes SLS) 38
    5. Sandström (Audi R8 LMS ultra) 31
    11. Ortelli-Vanthoor-Rast (Audi R8 LMS ultra) 24
    17. Halliday-Frey-Mayr-Melnhof (Audi R8 LMS ultra) 4

    Classement Teams (Pro) après 4 manches sur 5
    1. Marc VDS Racing 66,5 points
    2. Belgian Audi Club Team WRT 58
    3. Kessel Racing 51
    4. HTP 50
    5. Phoenix Racing 33

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  2. Bravo Chère Simone de cet article bien senti qui essaie de mettre les pendules à l’heure face aux élucubrations de certains « penseurs en chambre » de la Place de la Concorde (siège de la FIA!). Changer les règles du jeu en cours de saison alors que ces règles n’ont pas été détournées par les compétiteurs est non seulement déloyal vis-à-vis des « joueurs » qui investissent des millions voire davantage pour faire le show mais pipe les dés face au public.

    Il est légitime que l’organe suprême du pouvoir sportif sorte de l’ombre quand les règles sont détournées par un petit malin qui invente un truc auquel personne n’avait pensé et qui donne un avantage déloyal (ex: la Brabham Alfa-Romeo de F1 « aspirateur ») et qu’il faut l’interdire autant pour des raisons sportives que de sécurité.

    Mais ici, on se demande quelles « influences » (je modère spécifiquement mon vocabulaire) ont joué contre Audi.

    A bientôt au plaisir de vous lire, Chère Simone.

    Philippe Casse

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