24 Heures de Spa: « un plateau de rêve mais difficile à gérer »


Un superbe peloton mais qui doit être encadré par un règlement strict.
Un superbe peloton mais qui doit être encadré par un règlement strict.

Retour sur la Blancpain Endurance Séries et les Total 24 Heures de Spa disputées le dernier week-end . La balance des performances trop défavorable aux Audi va être modifée. Interview de Jean-François Chaumont, Event Director chez SRO Motorsports Promotion.

Jean-François Chaumont, Event Director chez SRO Motorsports Promotion.
Jean-François Chaumont, représentant belge de SRO (Stéphane Rathel Organisation).

Quel bilan global tirez-vous de ces 24 Heures?

Il y a deux points de vue. Les 24 Heures ont réuni un plateau de rêve avec beaucoup de voitures capables de gagner, la course a été très spectaculaire, les animations et manifestations annexes ont été réussies, le public nombreux, la météo très favorable et les images bien rendues en télévision. Au niveau sportif,  Mercedes, dont on ne parlait pas beaucoup, a parfaitement construit  sa victoire après d’autres  succès aux 24 Heures de Dubaï et du Nürburgring. Ce fut donc une très belle 65 e édition.

En revanche, la catégorie GT3 retenue pour la Blancpain Endurance Séries a atteint son apogée et est  devenue difficile à gérer avec plus de 60 voitures, des équipes d’usine -Audi, Mercedes, BMW, Porsche, Aston Martin…-, des semi-privés et des privés. A l’inverse des 24 Heures du Mans qui appliquent strictement le règlement FIA GTE, SRO a opté pour un assemblage de voitures diverses avec une balance des performances qu’on modifie tout au long de la Série en agissant sur les brides et le poids. Ce règlement est d’autant plus malaisé à ajuster que les adaptations imposées n’ont pas les mêmes effets d’un circuit à un autre. Spa n’est pas Monza ou Silverstone. Et ce week-end, la balance des performances n’a pas permis aux Audi de se battre pour la victoire face aux Mercedes, Porsche ou BMW. Stéphane Rathel (SRO) a annoncé qu’un ajustement de la balance affectant les Audi serait opéré pour le reste de la saison. Tout en continuant à accueillir les gentlemen drivers sans augmenter le nombre de voitures, nous devons délivrer un message de confiance aux  constructeurs qui doivent conserver leurs chances de victoire. Il convient de bien encadrer un plateau cohérent, et un règlement strict est d’autant plus important aux 24 Heures que la présence des constructeurs y est plus officielle.

Que penser de quelques accidents spectaculaires et de  la dégradation fréquente des pneus ?

Le rythme a été infernal dès le départ et on a assisté sous une chaleur intense à un sprint quasi de 24 heures, avec les risques d’incidents qui en découlent. Il n’y a eu aucun souci avec les pneus fournis par Pirelli mais il faut voir l’usage que les teams en ont fait et les pressions qu’ils utilisaient.

Les infrastructures de Francorchamps destinées au public sont-elles toujours adaptées à une course de 24 heures?

Il y a eu des évolutions sensibles ces dernières années autour du circuit, notamment dans l’aménagement des sanitaires. Le seul problème rencontré fut lié à des ruptures de courant. Il existe aussi des projets à court terme pour construire de nouveaux gradins dans les zones les plus spectaculaires, notamment à l’extérieur du raidillon qui devrait retrouver sa tribune d’antan.

Les 24 Heures de Spa sont-elles rentables pour l’organisateur SRO ?

On a annoncé plus de 60.000 personnes, spectateurs et autres, présentes tout au long des quatre jours, ce qui est un peu plus qu’en 2012. Mais on ne connaîtra les chiffres de vente définitifs que dans un mois lorsque les tickets consignés seront comptabilisés.

Que signifiait le bandeau « Baku Challenge » apposé sur les pare-brises?

Baku est devenu sponsor des 24 Heures et le but est d’attirer l’attention sur l’ Azerbaïdjan qui accueillera, du  18 au 20 octobre, 30 voitures pour la finale  sprint de la FIA GT Série, plus 22 Formule 1 historiques de 1966 à 1985.

(Propos recueillis par Yves de Partz)

SRO va changer la balance des performances pour Audi

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4 réflexions sur “24 Heures de Spa: « un plateau de rêve mais difficile à gérer »

  1. Mercedes n’a pas une grande histoire au 24 Heures. Contrairement à Porsche et surtout BMW, Stuttgart n’a jamais porté beaucoup d’intérêt pour nos 24 Heures.

    On ce qui concerne la 1ère victoire en ’64 (édition moderne des 24 Heures), elle ressemble un peu à celle de dimanche…

    Flash back, 24 Heures de Spa 1964. Dimanche après-midi, Böhringer-Glemser (Mercedes 300 SE) comptent un tour d’avance sur la BMW de Rauno Aaltonen-Hubert Hahne (le frère de Armin, qui gagne en ’82 et ’83) et quatre sur la 2ème Mercedes de Robert Crevits et Taf Gosselin. Un peu plus tard, la BMW perd 25 minutes pour une intervention sur les freins. Crevits et Gosselin se hisse au deuxième rang. La Mercedes de tête rentre également aux stands avec des freins en feu. L’équipe ayant été chercher de nouveaux freins en dehors des stands, la Mercedes est mise hors course. Crevits et Gosselin héritent ainsi de la première place et passe sous le drapeau à damier avec une boîte de vitesses à l’agonie, devant la BMW 1800 Ti de Aaltonen-Hahne (à 1 tour) et l’Alfa Romeo 2600 de Giancarlo Galimberti et Carlo Facetti.

    Sous influence du succés de la formule Tourisme au 24 Heures, beaucoup des marques signent présent en ’65, ’66 et ‘67, mais pas Mercedes. C’est seulement après la modeste 28ème place de la 250 S de Leysieffer-Eck en ’68 que Mercedes veux frapper fort et engage en ’69 trois 300 SEL voor Ickx-Hermann, Aaltonen-Glemser et Ahrens-Waxenberger. Mais des soucis de pneus – qui ne supporte pas le poids de la 300 et qui explosent pendant des essais au Nürburgring – et sans doute aidé par les images de l’accident au Mans en ’55, Mercedes retire les trois voitures…

    En ’71 il y a eu finalement l’engagement par AMG (encore privé, et isolé de Mercedes) – le A de Hans Werner Aufrecht, toujours là, Eberhard Melcher et Grospach, le lieu de naissance de Aufrecht – de la 300 SEL de Heyer-Schickentanz. Malgré une consommation excessive et l’usure des pneus, Hans Heyer et Clemens Schickentanz arrivent à mettre la Benz 3ème au classement général. Quand Mass-Birrell, avec la 2ème Capri d’usine, abandonnent, la 300 SEL hérite la 2ème place, à trois tours de la Capri des vainqueurs Dieter Glemser et Alex Soler Roig !

    Et puis plus rien. Sauf des initiatives (belges) privé, comme l’engagement d’une 450 Emilio, au couleurs de Marlboro, pour Bernard De Dryver-Bernard Carlier-Alain Corbisier, qui ne passe pas des essais en ’77, ou la 450 automatique préparé par Serge Power pour Claude Bourgoignie-André Lierneux-John Cooper en ’82, et idem en ’83 mais avec De Deyne-Duez.

    Après le lancement par Mercedes en ’84 de la 190E – avec une course vedette sur le Nürburgring avec Senna, Prost & Co – Mercedes retourne finalement vers le racing, mais uniquement en DTM. C’est par le biais de Snobeck Racing Service et Carlsson que des 190E sont engagés au 24 Heures en ’86 avec le trio Snobeck-Cudini-Destic, mais en Classe 2 (avec la 325i comme concurrent) et Duez-Di Gioia-Vojtech chez Carlsson. Idem en ’87 pour Snobeck, mais cette fois contre la nouvelle M3, qui gagne avec le trio Martin-Van de Poele-Theys.

    18 ans aprés la 2ème place de Heyer-Schickentanz, AMG est de rétour dans les Ardennes. En ’89 AMG engage deux Mercedes 500 SEC pour Ludwig-Cudini-Heyer et Heyer-Weis-Mertes. Bien que Mercedes se battent en DTM avec la 190 contre la BMW M3, AMG préfère ce concentrer sur la 190 en DTM et de préparer cette 500 pour des courses d’endurance, comme les 24 Heures de Nürburgring et donc Spa.

    Au petit matin, Cudini-Ludwig-Heyer sont 6ème, quand ils abandonnent avec des soucis de boîte de vitesse. L’autre 500 SEC est déjà rentré samedi soir dans le paddock…

    Et puis il y a eu, en 2001, le passage des 24 Heures en FIA GT et neuf ans plus tard le retour de Mercedes au 24 Heures avec la SLS…

    KW

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  2. Encore des Mercedes! En ’86 le trio De Dryver-Van Dalen-De Deyne participait au 24 Heures avec une 190 « made by Serge Power », au couleurs de Monroe! Et en ’87 un l’équipe AMG/Marko (en effet, Helmut Marko, l’actuel manager des jeunes chez F1 Red Bell) fesait courir une 190e pour Peter Oberndorfer et Franz Klammer, ancien champion en ski!

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