Mobilité: à Bruxelles, l’usage du vélo au quotidien reste anecdotique


Dimanche lors de la journée sans voiture, Bruxelles sera envahi par les vélos. En semaine en revanche...
Dimanche lors de la journée sans voiture, Bruxelles sera envahi par les vélos. En semaine en revanche…

OPINION. Merveilleux objet de loisirs de plus en plus privé pour la balade, le vélo reste très peu utilisé à Bruxelles au quotidien et ne représente que 3,5% des déplacements internes. On lui accorde néanmoins beaucoup d’importance dans les campagnes d’information, les investissements en pistes cyclables et les règlements relatifs à la circulation routière. A raison?

Si la météo s’y prête – et ce devrait être le cas-, tous les vélos seront de sortie dimanche à Bruxelles pour la journée sans voiture, et on peut même prévoir des embouteillages dans certains quartiers comme le Cinquantenaire! Lundi en revanche, plus de 90 % d’entre eux seront rentrés au garage si on a la chance d’en avoir un  (60% des ménages bruxellois n’ont pas de place pour les ranger), abandonnant les voies d’accès vers la capitale aux voitures, aux transports en commun et… aux marcheurs. Faut-il le rappeler? Alors que la part modale de la voiture a chuté de 17,6 points en 10 ans, la marche monopolise 37%  des déplacements internes, ce qui en fait le premier choix des personnes se déplaçant dans la capitale, suivi de près par la voiture (32%) puis par les transports publics (26%).  Des chiffres qui devraient inciter les pouvoirs publics à améliorer la qualité et la taille des trottoirs (pas seulement pour freiner les voitures…), au lieu d’obliger  des commerçants à entourer au marqueur les trous entre deux pavés comme nous avons pu le constater dimanche dans le quartier du Grand Sablon!

A l’inverse, si le vélo a presque triplé ses parts de marché au cours de la même période, il reste limité à 3,5% des déplacements au quotidien. Ses adeptes répéteront à  raison que son usage est bon pour la santé, que les infrastructures restent trop limitées ou que les cyclistes souffrent du manque de respect des automobilistes, de la pollution urbaine ou de l’augmentation des vols. Et à voir les cyclistes évoluer dans des avenues encombrées, on ne peut qu’être impressionné par leur volonté de se démarquer de la voiture, par leur courage, si non par leur audace lorsque ce moyen de transport sert à conduire des enfants à l’école.

Il n’empêche: si on compare cet usage anecdotique au flux de « 2 roues » depuis de nombreuses années au coeur des centres urbains sans relief de Flandre ou dans de grandes villes étrangères comme Copenhague, on doit  s’interroger sur ce score très faible auquel la topographie de Bruxelles n’est pas étrangère: il suffit de grimper quelques artères bruxelloises lors de la journée sans voiture pour se rendre compte que sa pratique, en dehors d’un usage local  ou occasionnel favorisé par les infrastructures de « Villo », est plutôt sportive et pas accessible à tout le monde. Le développement de vélos électriques de plus en plus performants, moyennant l’implantation de parkings avec charges pour les batteries, devrait quelque peu réduire ces inconvénients, mais leur coût est plus élevé.

De là à imaginer comme le prévoient certains groupements de cyclistes une  part modale du vélo de 20% en 2018, il y a de la marge. Selon nous, le vélo ne devrait pas a priori modifier la mobilité à Bruxelles à court ou moyen terme. En revanche, tout ce qui peut être fait pour rendre son usage convivial là où sa pratique a un sens doit être encouragé, y compris pour la santé, à l’inverse de certaines pistes ridicules qui n’ont de cyclables que le nom et dont l’usage est vivement déconseillé.

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Une réflexion sur “Mobilité: à Bruxelles, l’usage du vélo au quotidien reste anecdotique

  1. QQ réactions via lalibre.be:

    Anatole Bailly – Belgique
    M. de Partz me semble de parti-pris. Quand je viens à Bruxelles, je laisse ma voiture dès la sortie Anderlecht du grand ring et poursuis mon chemin à vélo.
    En avouant 63 balais et un physique non athlétique, je ne trouve rien de méchant aux dénivelées bruxelloises. Il suffit de rouler à son rythme, accepter de basculer sur la plus petite vitesse lors passage un rien plus raide. Bruxelles, c’est pas l’Aubisque, pas même l’Ardenne!
    Oui il m’arrive de rouler sur les trottoirs quand la circulation m’effraie. Je crois l’avoir toujours fait en roulant lentement et mettant pied à terre si tôt qu’il le fallait pour ne pas gêner les usagers. Evidemment c’est aux piétons qu’il revient de me juger.
    Ce n’est moins le parcours qui freine l’emploi du vélo à Bruxelles ou en Wallonie que l’absence infrastructures ou leur mauvais état. Là où les pistes existent, elles sont sont souvent dans un état pitoyable qui les rend dangereuses. Certaines ressemblent plutôt à des décharges d’immondices.

    cahetel – Forest
    Peut-on savoir pourquoi les lobbies du vélo ont de plus en plus la parole dans la presse?
    Combien coûte à la collectivité les aménagements urbains pour à peine 3.5% de cyclistes?
    Quand imposera-t-on une immatriculation et une taxe de circulation des vélos à l’instar des autos et motos?

    Oui la mobilité doit changer mais l’idéologie aveugle de nos politiques face aux pro-vélo commence sérieusement à se voir et à me gonfler.
    Pendant ce temps, la circulation des autos est de plus en plus ralentie et donc engendre de plus en plus de pollution. Bien loin de l’objectif de diminution des émissions de CO2.

    edouarddenis – Woluwe-Saint-Pierre
    @remi25a

    Mon employeur n’est en rien en-dessous de la moyenne, au contraire. Il y a bien des douches, l’usages du vélo et surtout des transports en commun est encouragé. Mais vous m’expliquerez le plaisir que l’on peut avoir le matin à monter l’avenue de Tervueren et le soir le Botanique, en respirant à pleins poumons les émanations des moteurs diesel qui ne sont toujours pas interdits en ville !!!. Il y a d’excellents transports en commun dans la capitale, toujours améliorables, bien sûr.
    Mon vélo, c’est pour me balader le dimanche loin des bagnoles…et sans faire la chasse aux piétons que pratiquent tant de cycloterroristes !

    aphex – Belgique
    c’est marrant ces gens déchaînés contre les vélos. Moi ma simple observation c’est :

    – faut être maso – ou peu intelligent – pour préférer s’enfermer aux heures de pointe dans une boite à l’arrêt plutôt que se dégourdir un peu en 2 x moins de temps.
    – AUCUN automobiliste ne respecte le code de la route (hors embouteillage) 50 sur la petite ceinture ?; Sas vélo devant feux ? double-file ? zone 30 ? Alors bon, se dire choqué par le comportement des cyclistes nettement moins dangereux potentiellement, fallait oser.
    – l’automobiliste pollue. Point. L’espérance de vie plus basse en ville est donc en partie leur faute. Faudrait pas l’oublier
    – l’automobiliste est bruyant et répand son bruit partout.
    – l’automobiliste occupe 80 % de l’espace public, pourtant financé par tous.
    – les automobilistes ne sont pas coincés dans les embouteillages. Ils sont les embouteillages.
    Je suis moi-même à mes heures automobiliste, mais faudrait pas oublier à assumer ses actes.

    en Lechat – Schaerbeek
    J’ajoute que comme Mr de Partz, j’adore les voitures. Mais je n’en possède pas. J’en loue une de temps en temps quand j’ai envie et le temps de voyager à la campagne. Mon loueur me fournit toujours d’excellents véhicules modernes, confortables et faiblement polluants que j’utilise certes en ville, mais juste pour la quitter. Passer de la propriété à la location, une autre évolution à laquelle nous nous mettrons sans doute aussi avec un tout petit peu de retard. Mais nous y viendrons. Parce que c’est tellement plus avantageux !

    bl001 – Belgique
    Pour moi le boulot c’est à pied, 25 minutes matin et soir, bon pour la santé et bien plus cool que les transports en commun bruxellois bondés, irréguliers et parfois dangereux. Par contre j’étais à Berlin en août et j’ai vu la différence entre la stib et le système U-bahn et S-Bahn: jamais beaucoup d’attente, rames non saturées, propreté, et on se sent plus en sécurité (même s’il y a peut-être là-bas aussi des « quartiers sensibles » comme on dit). Si on veut une alternative à la voiture, c’est dans ce domaine que les responsables politiques DOIVENT agir et non culpabiliser l’usager.

    udev – Belgique
    Comme dans certains pays étrangers, Bruxelles pourrait mettre a disposition de la population des vélos électriques.
    L’abonnement serait certes plus cher que pour un Villo classique. Mais moins cher qu’une auto …
    Il existe des système de bornes en forme de range-vélo où le chargement de la batterie se fait automatiquement …
    Bref, généraliser l’usage du vélo électrique à Bruxelles n’a rien d’impossible.
    Mais il est tout à fait exact que des pistes cyclables digne de ce nom restent à développer.

    Pop’s – Bruxelles
    Les dégâts économiques causés par les membres de la secte vélocipédique sont immenses. : embouteillages, pollution, fuite des sociétés hors de Bruxelles, coût économique du temps passé dans les emboutes. Dans un ville de chômage massif, il fallait oser !
    Prendre en enfant derrière vélo un relève de la folie pure dans une capitale pendant les heures de pointe et en sens interdit relève de la folie.

    Tchuudi – Wezembeek-Oppem
    … Et toujours pas de réflexion quant à la présence de garages sécurisés dans les entreprises pour les vélos, ni de vestiaires/douches permettant réellement de se changer autrement que dans le kot à balais.
    Se rendre à son travail à vélo, c’est bien, mais si on peut le faire malgré l’infrastructure routière plus que nulle (il ne suffit pas de tracer 2 traits de peinture blanche sur une route pour avoir une piste cyclable, comme certains responsables semblent le croire), une fois au boulot, il faut pouvoir s’assurer qu’on ne sentira pas le bouc toute la journée..

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