La télématique au service de la mobilité reste sous-utilisée en Belgique


La gestion optimisée des feux est une des applications télématiques les plus efficaces pour améliorer la mobilité.
La gestion optimisée des feux à travers des ondes vertes est une des applications télématiques les plus efficaces pour améliorer la mobilité.

A la fin de cette année, un nouveau véhicule sur sept devrait être équipé d’un système de télématique embarquée. La sécurité mais aussi la mobilité devraient en tirer profit.

La mobilité est sur toutes les lèvres aujourd’hui et chacun, du citoyen lambda au dirigeant de parti, a son idée  pour l’améliorer.  A côté d’infrastructures lourdes pour développer les transports en commun et aménager les itinéraires routiers, un domaine offre d’énormes possibilités de partenariat entre le public et le privé: la télématique, le nouvel eldorado pour les constructeurs, les opérateurs télécom, les équipementiers, les sociétés informatiques et les spécialistes de la navigation.

L’illustration la plus visuelle,  à côté du télépéage sur les autoroutes, est le GPS pratiquement inconnu dans les années 90, sauf pour son usage militaire. Et on verra apparaître progressivement fin 2015 l’ e-call, service d’assistance automatique en cas d’accident qui devra équiper les nouvelles voitures. Mais la télématique peut aller beaucoup plus loin au service de la mobilité, à l’image  de la « fiscalité intelligente » relancée récemment par la Fébiac ou de la gestion des flux routiers et des feux rouges beaucoup plus avancée dans d’autres pays, et notamment en Hollande, qu’en Belgique. On pense au développement des ondes vertes:   une voiture qui roule à la vitesse de l’onde ne rencontrera pas de feu rouge une fois la première intersection dépassée. C’est-à-dire que le véhicule sera synchronisé avec le rythme de passage des feux au vert sur toute la partie de l’axe de circulation régulé de cette manière.

Pour évoluer, la télématique a besoin d’infrastructures télécoms et informatiques aptes à capter et à traiter d’énormes quantités de données utilisables immédiatement grâce à une grande réactivité. Toyota a ainsi annoncé  le lancement au Japon d’un service info-trafic  « Big Data ». Il reposera sur un maximum d’informations récoltées en temps réel via des services télématiques – emplacement des voitures sur une route donnée, vitesse de chacune d’elles, densité du trafic, travaux, accidents- et la collaboration d’usagers reliés à la plate-forme par une tablette, un PC ou un smartphone. Après avoir digéré tous ces éléments en y incluant ses propres statistiques, le T-Probe, basé sur le « cloud »,  permettra de planifier des itinéraires, de régler le flux ou le rythme des feux de manière plus affinée ou de guider les services de secours.  De quoi réduire le calvaire quotidien et imprévisible des conducteurs japonais, malgré une gestion efficace du trafic qui s’exprime notamment dans les travaux effectués de nuit et interrompus chaque matin pour rendre les rues et routes à leur usage normal.

A Lyon, une autre expérience est en cours, via de multiples caméras et des boules de comptage, afin d’établir des prévisions de trafic à 1 heure avec un taux de réussite à 90%. Le but est d’optimiser sur base de ces données le fonctionnement de 1.500 carrefours dotés de feux. D’autres applications sont envisagées: communiquer sur les smartphones des particuliers une information prédictive multimodale et leur indiquer le mode de transport actuel correspondant à leurs besoins; ou encore, sur base des programmes de livraison enregistrés la veille au soir, mieux gérer les itinéraires des véhicules utilitaires.

Autre application possible:  le « parking intelligent » avec un capteur à  chaque place de stationnement en rue éviterait  à l’automobiliste des tours et détours inutiles.

Plus simplement, les panneaux existants sur nos axes urbains et autoroutiers pourraient offrir d’autres informations que « files », « accident » ou « manifestation », y compris la généralisation d’une limitation de vitesse modulée selon le trafic et la météo.

Tous ses développements ont bien sûr un coût mais, après des choix judicieux en fonction des priorités et des résultats des  tests, on devrait être rassuré quant à leur utilité pratique, plus évidente que les multiples transformations de carrefours, ralentissements artificiels  et  voies réservées dont le côté pratique échappe  à beaucoup d’usagers.

Quelle que soit l’ efficacité de la télématique, elle ne nous évitera pas néanmoins de repenser  nos modes de déplacements! Mais c’est un autre débat.

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Une réflexion sur “La télématique au service de la mobilité reste sous-utilisée en Belgique

  1. Chère Simone,
    Dans les années ’50, bien avant que l’informatique ne soit même imaginée et que l’écologie ne prenne le pouvoir des consciences, l’Allemagne s’était dotée d’un système appelé « Grüne Welle » (ce sont donc eux qui ont inventé la « vague verte »!) qui consistait à relier entre elles les temporisations des feux sur des axes principaux des villes et d’y ajouter quelques portiques en amont de ces feux qui indiquaient la vitesse constante à pratiquer depuis cet endroit de façon à arriver au feu suivant « au vert » sans devoir s’y arrêter et ensuite repartir ! Et en plus, comme beaucoup de nations sérieuses, ils avaient doté leurs carrefours de feux sous forme d’horloge dont l’aiguille tournait sans désemparer en passant de secteurs rouges à secteurs verts. Chacun savait alors de combien de temps serait l’attente et pouvait ainsi au besoin couper son moteur à bon escient.

    Génial, vous me direz ? Oui, mais seulement dans un pays où la raison régit les choix des responsables de la mobilité et pas … l’obsession doctrinale de dégouter les automobilistes de rouler.

    Au cours des dernières années, j’ai été le témoin direct voire la cible dans des débats en radio ou en TV de déclarations d’élus qui avaient directement ou indirectement en charge certains aspects de la mobilité et qui affirmaient de façon plus ou moins directe et avec beaucoup d’aplomb vouloir détourner les automobilistes de la conduite.

    En ce qui concerne la vague verte qui existe quand même sur certains axes à Bruxelles mais sans indication de la vitesse idéale à pratiquer (ce serait trop facile !), elle est mise à mal par le système qui permet aux conducteurs de tram des lignes de la Stib sur ces mêmes axes de faire passer le feu au vert à leur arrivée pour faire perdre le moins de temps possible à leurs passagers, noble mission !

    Il n’en reste pas moins que créer une vague verte est d’une extrême difficulté. En effet, vu entre autres les distances variées qui séparent les carrefours avec feux, il est tout simplement impossible de créer une vague verte qui fonctionnerait en même temps dans les deux sens. Il faut donc se contenter d’un seul sens ! Mais heureusement, il est possible d’alterner ce sens en fonction du volume dominant de trafic par le basculement d’un sens à l’autre, par exemple entre le matin et le soir. Quand deux axes principaux se croisent et que vous voulez assurer la vague verte sur les deux axes, le modèle mathématique permettant d’y arriver devient d’une complexité extrême.

    Mais, Chère Simone, soyez bien consciente de ce que, avec l’état d’esprit qui anime les élus responsables de la mobilité, au moins à Bruxelles, il est totalement illusoire d’espérer la mise en place d’un système dont l’objet serait de rendre la mobilité plus fluide et donc plus efficace !

    Au grand dam de certains fonctionnaires qui veulent, au contraire, apporter leur pierre à l’édifice de l’efficacité du fonctionnement de la ville, certains de ces élus cherchent à générer le plus vite possible le chaos qui leur permettra de décider alors dans l’urgence et en dehors des choix démocratiques du sort de la mobilité routière en ville.

    Cette volonté que certains élus affichent avec ostentation est une double absurdité :
    1) le chaos structurel n’arrivera jamais !
    En effet, chaque automobiliste a ses limites du temps qu’il peut consacrer à ses déplacements. Si cette limite est atteinte trop régulièrement, il sortira de sa situation précise pour choisir un autre horaire ou un autre itinéraire, voire un autre mode de transport. De ce fait, il libèrera une place dans le trafic qui y relâchera la tension.
    2) une ville sans véhicule automobile est une ville morte !
    En dehors de l’eau, du gaz, de l’électricité, du téléphone, de l’internet et de la télédistribution, sur quoi arrive tout, absolument tout, ce que consomment les habitants des villes ? Monsieur de la Palice aurait répondu : sur des roues et des pneus pardi, jusqu’au domicile des habitants ou jusqu’au magasin du coin de la rue ou au supermarché !

    Que les militants du « non-automobilisme » soient donc bien conscients de ce qu’ils ne peuvent se payer ce luxe que parce qu’il y a des automobilistes « qui roulent pour eux »! Qu’ils le veuillent ou non, ils sont donc des automobilistes « indirects » !

    Sans compter que beaucoup d’entreprises quitteront la ville pour s’installer dans des endroits où elles redeviendront accessibles, ne fut-ce qu’à leurs clients et à leurs fournisseurs pour ne pas parler de leurs travailleurs.

    Rêvons donc de la vague verte, Chère Simone, mais soyons doublement réalistes, face à la difficulté de la mise en place d’un tel système et plus encore face à la volonté clairement adverse des personnes auxquelles les électeurs ont donné directement ou indirectement le pouvoir !

    A bientôt, Chère Simone, avec mes remerciements anticipés pour d’autres réflexions que vous apporterez dans vos chroniques.
    Philippe Casse
    Driving Research Centre

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