Le rôle des radars minimisé en France par L’Institut National de la Statistique


En 10 ans, les radars ont rapporté 4,2 milliards d'euros à l'Etat français.
En 10 ans, les radars ont rapporté 4,2 milliards d’euros à l’Etat français.

C’est l’enquête qui gène car elle n’émane pas du lobby automobile: en France, le très sérieux Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) a minimisé dans une étude récente  l’influence des radars automatiques sur la réduction des accidents mortels depuis 2003.

En France comme ailleurs en Europe de l’ouest, la courbe descendante des accidents mortels de la route a de quoi réjouir, même si les chiffres restent effrayants dans l’absolu: 3.653 automobilistes et passagers ont perdu la vie sur les routes de l’Hexagone en 2012, mais ils étaient 5.731 en 2003, l’année où les radars automatiques ont fait leur apparition.

Merci aux radars? Oui et non. Dans un premier temps, leur impact sur la sécurité a été énorme  -réduction de 50 à 75% des accidents mortels au cours des premiers mois- mais au fil du temps, l’effet s’est amenuisé pour se situer autour de 11%, estime l’INSEE. L’Institut estime  que «  l’installation des radars fixes dans les communes de moins de 6 000 habitants aurait évité environ 740 décès, 2 750 blessés graves et 2 230 accidents entre 2003 et 2011″ .

Peut-on s’en plaindre? A l’évidence, non. Ou le débat devient biaisé, c’est quand on veut faire croire, sur base de chiffres farfelus liés à l’effet des radars, que la vitesse est la principale cause d’accidents mortels et qu’il faut donc concentrer tous les efforts sur celle-ci. La démarche a aussi des effets pervers car, à côté de fous du volant qu’il faut réprimer par tous les moyens, elle assimile à des chauffards des contrevenants dont 93% ont été flashés pour des excès de vitesse ne dépassant pas  20 km/h. Plus de 60% de ceux-ci avaient d’ailleurs l’impression de respecter la réglementation et c’est l’incompréhension qui domine plus que l’effet pédagogique que devrait  induire la mesure répressive. En France toujours, ce système répressif a de lourdes conséquences sur le permis à point  dont la suppression momentanée incite des centaines de milliers d’automobilistes à rouler sans permis ni assurance.

En outre, la focalisation sur des limitations de vitesse de plus en plus variables et complexes à respecter évite de se poser des questions sur d’autres réalités. La réduction du nombre d’accidents est aussi due à la modernisation du parc automobile et à des mesures de sécurité passives (ABS, système anti-dérapages et autres contrôles électroniques) qu’il faut encourager; de même, il convient de s’intéresser davantage à d’autres causes d’accidents que sont l’inattention – trop concentré sur les panneaux de limitation, sa propre vitesse et les radars masqués, on n’a pas toujours le temps d’observer le trafic- , l’endormissement sur l’autoroute ou l’alcoolémie. Autant de remarques qui valent bien sûr aussi pour la circulation en Belgique où d’autres réductions de vitesse sont envisagées en Flandre.

Reste un dernier chiffre pour la France: en dix ans, les radars ont rapporté 4,2 milliards d’euros à l’Etat dont 800 millions cette année. Il est difficile de ne pas établir de lien entre le souci de la sécurité et ce magnifique champ d’expérimentation taxatoire!

L’article dans « Le Monde »

Le rapport de l’INSEE

Non, les radars ne sont pas des pompes à fric

 

 

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