Le test de la taxe au kilomètre a débuté malgré tout


La communication politique sur le projet de taxe au kilomètre a été nulle.
La communication politique sur le projet de taxe au kilomètre a été nulle.

Soutenue par les partis et les trois Régions en 2011 puis descendue en flammes ces derniers jours par les mêmes partis après une une pétition qui a fait mouche, la taxe au kilomètre fait l’objet d’un test depuis ce lundi matin. Cherchez l’erreur.

Au Royaume du surréalisme, la Belgique fait fort une fois de plus. Après les propos virulents tenus par des hommes politiques contre le projet de taxe au kilomètre, on aurait pu imaginer qu’à tout le moins le test prévu à partir de ce lundi soit reporté après les élections. Et bien non, il a  commencé comme prévu avec l’aide de 1.200 cobayes. Le premier mois servira d’écolage pour les automobilistes qui vont payer des sommes virtuelles pour rouler: 9 cents/km dans la zone du  futur RER, 5 cents sur autoroute et 6,5 cents sur les autres routes. Un GPS va calculer la taxe qui sera modulée selon l’heure et le niveau de pollution du véhicule. Après un mois d’essais débutera le vrai test dont les résultats sont attendus à la mai. Gageons qu’à ce moment, nos représentants auront mieux à faire que de commenter ce test.

En termes de communication, on peut dire que sur ce coup-là, les partis ont été nuls. D’abord en s’enthousiasmant pour un projet qu’ils n’avaient sans doute pas lu. Il a suffi d’une pétition de masse – 167.000 signatures contre- pour qu’ils fassent marche arrière, tétanisés par l’effet d’une telle mesure sur leur électorat. Ensuite, ni hier ni aujourd’hui, il n’ont pris la peine d’expliquer ce  projet défendu par les principales associations d’automobilistes et dont les nuances n’ont jamais été mises en avant. Dans l’esprit de ses concepteurs , la taxe doit concerner essentiellement les zones à fort trafic pour encourager le recours à d’autres moyens de transport; ailleurs, elle devrait être nulle ou très faible; des corrections sociales sont aussi prévues en fonction des revenus des ménages; ensuite, un des objectifs est de la rendre neutre dans un certain nombre de cas, même si ce dernier calcul  n’est pas clair.

Enfin et surtout, après des messages contradictoires et une confusion liée à d’autres solutions dont le péage urbain, on est revenu au point de départ,  à savoir l’absence de tout projet global pour une meilleure mobilité. A l’exception des effets d’annonce sur les objectifs de réduction du trafic et des mesures diverses – ralentissements artificiels, limitation du nombre de parkings etc- qui ont surtout pour effet d’énerver l’ automobiliste en panne d’alternative.

De quoi expliquer son exaspération et son rejet brutal d’ une nouvelle taxe qu’on n’a pas pris la peine de lui expliquer. La seule justification du test en cours, c’est le budget déjà dépensé pour le préparer. Un peu comme le RER  dont le financement reste l’objet de tensions entre les régions à l’époque d’un replis sur soi généralisé: Bruxelles est récalcitrant à payer pour les navetteurs, et La Flandre et la Wallonie traînent les pieds à régler les problèmes de mobilité propres à Bruxelles. En outre, disent des études récentes, le RER n’aura de sens que si des mesures d’accompagnement sont prises pour encourager son usage au détriment de la voiture.

Sera-t-on plus avancé sur le dossier mobilité en 2025, dernière date avancée pour la réalisation complète de ce fameux chantier? Au train (sic) où vont les choses…

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