Après 25 ans d’études diverses, Spa pourrait opter pour une autre mobilité


Chaque week-end de beau temps, les files de voitures s'allongent au centre de Spa.
Chaque week-end de beau temps, les files de voitures s’allongent au centre de Spa.

La mobilité n’est pas un souci limité à Bruxelles, Liège, Namur ou Charleroi. La petite ville de Spa cherche depuis 25 ans une alternative au trafic automobile. Elle va peut-être la trouver.

C’était une petite ville (10.400 habitants)  paisible entourée de collines verdoyantes,  baignée par ses fontaines et parcourue par des promeneurs venus goûter aux vertus de la fameuse eau et des thermes dont le nom est devenu générique pour désigner les « Spa » dans le monde entier.

Puis, là comme ailleurs, l’automobile a changé les modes de vie, les transports en commun ont perdu de leur intérêt – l’ancienne ligne de tram Spa-Verviers a été supprimée et son espace utilisé pour  élargir la route- et la proximité des sorties d’autoroute E42 et E25 a définitivement consacré le règne de la voiture. Parallèlement, la principale entreprise locale – Spa Monopole-, bien qu’installée juste à côté de la gare ferroviaire, achemine toujours ses marchandises via des camions que l’on a dû prendre l’habitude de voir traverser le centre ville sous le nez des touristes installés aux terrasses des cafés. D’ où une dépréciation de la seule artère traversant la ville de part en part, la  N62.

Faut-il incriminer les adeptes de l’auto ou Spa Monopole ? C’est d’abord la ville elle-même qui est en cause, et l’étroitesse d’une vallée enclavée n’offrant aucun itinéraire de déviation  digne de ce nom.  Comme le souligne un lecteur de « Réalités », mensuel  local très intéressant par ailleurs : « Cela fait 25 ans qu’on nous parle de plans de mobilité qui se succèdent, mais rien de nouveau n’a vu le jour. »

L’ancien « café de l’Europe » séduit à nouveau

Entre-temps, le charme un peu désuet de l’ancien « Café de l’Europe » séduit  à nouveau depuis quelques années, favorisé par le renouveau des thermes, de grands hôtels, des manifestations populaires (les « Francofolies ») et la proximité du circuit de Spa-Francorchamps. Chaque week-end de beau temps, Spa s’anime et le trafic augmente jusqu’à 40%, allongeant les files à l’entrée et au cœur de la petite ville d’eaux.

Pour soulager l’artère centrale, tous les  travaux ont été envisagés,  depuis la construction à grands frais d’une route de contournement dans les bois –  quitte à perturber la superbe forêt spadoise…et les zones de captation d’eau de Spa Monopole- jusqu’au creusement  d’un tunnel sous la colline d’Annette et Lubin bordant le centre ville.

La dernière étude confiée au bureau  Transitec  et soumise à la consultation populaire se veut plus réaliste.  Elle part du principe que le trafic de transit est d’abord local à travers des trajets en voiture de plus en plus courts et le « carrousel » lié à la recherche d’un parking. L’effet de grands contournements serait donc limité. Mieux vaudrait, dit ce bureau, limiter le nombre de parkings (330 sur les 1475 places actuelles), le rendre partiellement payant, développer les parkings gratuits aux entrées de la ville et prévoir des minibus urbains. Au vu des distances peu élevées à parcourir à pied ou en minibus, l’option peut se justifier.

L’objectif est aussi de permettre une mobilité douce du Parc de Sept Heures au Pouhon Pierre-le-Grand en instaurant un sens unique partiel pour les véhicules venant de Tiège (E42). Il répondrait à un usage partagé  de l’espace voulu par les habitants. Mais c’est là que les choses compliquent : que faire des voitures et des camions  arrivant de l’autre côté de la ville ? Soit les obliger à emprunter d’autres rues et perturber les  Spadois qui y résident, soit transformer en artère routière la « collectsud » désignant l’actuel voie de chemin de fer surplombant la ville entre la gare  et le terminus  du train à Géronstère. Il  y a donc des choix à opérer et qui, d’une manière ou d’une autre, gêneront des riverains.

Après la consultation des Spadois achevée il y a quelques jours, Transitec se dit prêt à prendre ses responsabilités. Et quid des poids lourds  qui ne représentent que 8% du trafic? Pour des raisons diverses, ceux de Spa Monopole seraient moins nombreux qu’il y a quelques années mais l’étude n’écarte pas l’idée de faire transporter les bouteilles  par chemin de fer comme cela se fait dans d’autres villes d’eau en France. Reste à connaître la position des édiles locaux face à ces choix et aussi  à un de leur principal pourvoyeur de main  d’œuvre et de taxes !

La bonne nouvelle est que Spa pourrait retrouver à moyen terme une certaine quiétude urbaine, comme à la « belle époque ».

 

Le plan communal spadois de mobilité

 

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