L’IBSR navigue entre les messages morbides et ludiques


La campagne la plus morbide n'arrêtera pas les fous du volant.
La campagne la plus morbide n’arrêtera pas les fous du volant.

L’Institut Belge de la Sécurité Routière innove  dans  sa communication : après avoir incité de jeunes conducteurs à assister à leur propre enterrement, il a proposé à travers « je flashe aussi » d’indiquer les endroits où il faudrait placer des radars. Deux opérations largement médiatisées et relatives à la répression de la vitesse qui tourne à l’obsession chez l’IBSR.

S’il faut juger l’efficacité de campagnes de sécurité à travers leur médiatisation dans les réseaux sociaux, l’IBSR vient de signer deux  « strikes » : en trois jours, un simulacre d’enterrement  a été partagé 1.600.000 fois, et l’appel sur le thème « je flashe aussi » a incité la population à suggérer 51.767 emplacements de radars.

Chacun aura jugé suivant sa propre sensibilité la campagne choc où des jeunes sont conviés à assister à leur propre enterrement après avoir commis un excès de vitesse puis à entendre les paroles de leurs proches : « je pensais que cela n’arrivait qu’aux autres » ; « je suis un père qui enterre sa fille ».

Ce matin  à la RTBF, l’écrivain Xavier Deutsch jugeait cette campagne « consternante » et symbole d’une société qui cultive le morbide ». C’est aussi notre avis : jusqu’ où faudra-t-il aller dans la mise en scène des événements les plus graves de la vie pour frapper les imaginations ? D’ autres estiment que cette vidéo touche un maximum de personnes qui seront  incitées  à réfléchir à leur comportement. Mais aussi marquante soit-elle, la pub ne remplacera pas, à la maison et à l’école, l’apprentissage des comportements sociaux adéquats ni surtout une  formation à la conduite défensive et complémentaire au permis. En outre, son message dramatique sera rapidement évacué par les quelques milliers de conducteurs sans foi ni loi.

Plus ludique -même si le sujet est sérieux- et annonçant une journée de contrôles de vitesse intenses un jour de la  semaine prochaine, l’autre campagne témoigne à travers son succès inattendu d’un comportement que connaissent bien tous les édiles communaux : d’accord pour toutes les mesures restrictives à la circulation, disent les habitants, sauf si elles me concernent. En l’occurrence, chacun est d’avis de placer un radar devant chez lui, pour autant qu’il puisse rouler ailleurs comme il l’entend. C’est la seule explication qui vient à l’esprit pour justifier la présence de plus de 50.000 radars dans notre petit pays! (On comptait moins de 2.000 radars fixes début 2011).

Un seul objectif, la répression de la vitesse

Reste le seul sujet de ces deux campagnes comme de beaucoup d’autres à l’exception du « Bob » annuel : la vitesse.  C’est une fois de plus oublier qu’un accident résulte souvent de différents facteurs parmi  lesquels figure effectivement la vitesse  – qui ne correspond pas nécessairement à la vitesse réglementaire à laquelle elle peut même être inférieure-,  l’alcoolémie,  les distances de sécurité, le port de la ceinture, l’usage du téléphone, la météo, la présence d’obstacles imprévus, l’état des routes et du véhicule et surtout l’inattention et/ou la fatigue. Un peu… fatiguant à répéter, ce message reflétant la réalité de la conduite  passe toujours aussi mal auprès des responsables de la sécurité routière.

 

 

 

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2 réflexions sur “L’IBSR navigue entre les messages morbides et ludiques

  1. Chère Simone,
    Votre article n’amène à mon esprit qu’une seule remarque sous forme de question : quand arrêtera-t-on de considérer que la vitesse est la « cause » des accidents ( la plupart d’entre eux si on écoute certaines voix !). Si c’était le cas, combien de morts y aurait-il chaque jour dans le Thalys ou les avions ?
    Comme je vous l’ai déjà écrit plusieurs fois, c’est bien le manque d’attention portée à la tâche de la conduite où le manque de talents ou d’expérience de certains conducteurs qui es la cause principale des accidents. Sinon comment expliquez-vous, Chère Simone, que les 8.400 km d’autoroutes allemandes où la vitesse est illimitées – pour autant que les circonstances atmosphériques et de trafic le permettent – aient un plus faible taux d’accidents et de victimes par km parcouru que les sections d’autoroutes avec limitation permanente de vitesse ?
    Tant que les autorités ne reconnaîtront pas pour la sécurité routière qu’il s’agit de la « qualité » de la conduite et non des valeurs « quantitatives » des conducteurs exception faites de celles dont il a été prouvé scientifiquement qu’elles affectent directement la qualité de la conduite (alcool et drogues), elles seront sur une voie beaucoup moins performantes dans la juste lutte contre les accidents.
    Et ici je ne parle même pas encore des mauvais conducteurs qui respectent tout le prescrit du code de la route. il ne faut pas rouler longtemps pour en rencontrer !
    A bientôt, Chère Simone, votre dévoué
    Philippe Casse
    historien de l’automobile

    Aimé par 1 personne

    1. Comme de coutume, on ne peut qu’approuver à 100% la sagesse de Philippe Casse.
      Juste un petit commentaire personnel à ajouter pour cette chère Simone: si les circonstances le permettent, il est moins dangereux de rouler à 200 km/h tous les sens en éveil qu’à moitié endormi à 120 km/h en pensant qu’on ne risque rien puisqu’on respecte la limitation établie par ceux qui savent tout en matière de sécurité routière!
      Je sais que ce commentaire est du genre à enfoncer une porte ouverte, mais cela fait du bien de le répéter face aux bêtises persistantes qui régissent ce qui deviendra bientôt l’art de l’immobilité.
      Pierre Capart
      le motard

      J'aime

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