Le luxe domine le marché de la moto


Trois BMW figurent dans le top 10 des ventes en Belgique, dont la 1200 GS Adventure.
Trois BMW figurent dans le top 10 des ventes en Belgique, dont la 1200 GS Adventure.

Qui aurait pu l’imaginer il y a quelques années? Fin juin, le marché belge de la moto était emmené pour la première fois par BMW.  Une illustration d’un phénomène en cours depuis des années: la moto n’est plus l’apanage des jeunes mais plutôt des quadras et des quinquas sensibles à la technologie, à un certain luxe, et prêts à mettre le prix.

Une moto à 13 ou 16.000 € , soit le prix d’une petite voiture, n’est pas à la portée de tout le monde. Et pourtant, la marque la plus populaire  en Belgique à la mi-2014 est BMW qui a immatriculé 1.773 machines depuis le début de l’année. Son avance sur le n° 2 – 5 unités-tient à un fil mais le passage de flambeau est symbolique quand on sait que Honda a dominé le marché belge depuis plusieurs dizaines d’années. BMW, qui a bénéficié d’un renouvellement technique et esthétique et se distingue par ses systèmes de sécurité, place ainsi trois motos dans le top 10, selon les derniers chiffres fournis par la Fédération Motocycliste Belge (FMB) et la Fébiac.

Très touché par la crise qui a notamment frappé les constructeurs japonais et encore en recul en 2013, le marché tend à se stabiliser cette année, favorisé par la météo printanière: 13.533 immatriculations en 6 mois (+ 1,9%), avec un attrait particulier pour les basic roadsters, les touring et les trails. S’y ajoutent bien sûr les scooters qui monopolisent plus de 30% des ventes. Les dix modèles les plus immatriculés sont ainsi les BMW R1200 GS et RT, les Vespa GTS 300 et GTS 125, la BMW R1200 GS Adventure, la Honda PCX 125, la Yamaha MT07, la Vespa Primavera 125, la SYM GTS 125i et la Honda MSX 125.  Par marques et derrière BMW et Honda au coude à coude suivent Yamaha et Piaggio.

 

Une alternative à la mobilité?

Quel avenir peut-on imaginer pour la moto en Belgique? C’était le thème d’une table ronde organisée récemment par « La Libre » (1). Objet de loisirs, le deux-roues motorisé pourrait voir s’ouvrir de nouvelles perspectives liées à la mobilité. C’est particulièrement vrai  si à Bruxelles où le temps de parcours depuis la périphérie est souvent aléatoire, sauf si on opte pour la moto. Mais tout le monde n’a pas « l’esprit motard » et puis rien n’est fait pour favoriser dans nos villes une pratique nécessitant la mise à disposition de parkings en suffisance, voire la possibilité d’emprunter les  voies réservées aux transports en commun et aux taxis.

Mais avant d’offrir une vraie alternative à la mobilité, encore la moto devra-t-elle se forger une autre image plus sécuritaire. Si, en référence à l’augmentation du nombre de kilomètres, elle est moins dangereuse qu’il y a 20 ans, le bilan des accidents reste lourd, avec 12% des morts sur la route: « 56%  sont dus à des erreurs humaines du pilote », rappelle Benoît Godard (IBSR), à côté d’autres causes majeures (erreur d’un automobiliste qui n’a pas vu le motard ou a mal évalué sa vitesse, motard peu visible lors  d’un dépassement). Le groupement des « motards en colère » y ajoute l’état du revêtement souvent lamentable, surtout en Wallonie, et globalement l’infrastructure routière qui devrait être revue complètement pour offrir une meilleure visibilité, surtout sous la pluie ou de nuit. A l’inverse, le motard s’équipe mieux aujourd’hui (casque, veste appropriée, voire gilet airbag) et les systèmes de sécurité se rapprochent de  ceux connus dans l’automobile, dont l’ABS qui sera obligatoire en 2016.

Deux mots revenaient dans la bouche des participants  à la table ronde au moment de conclure les débats: sensibilisation et formation. C’est-à-dire « sensibiliser le monde politique à l’utilisation des deux-roues et apprendre aux motards à mieux employer leur moto au quotidien ». Il y a quelques années, une étude de la Fébiac avait conclu que si 10% des automobilistes passaient à la moto, les embouteillages seraient  réduits de 40%. « Nos clients achètent une moto pour leurs loisirs, estime Marc De Groof, directeur de BMW Motorrad Belux. Mais, face aux encombrements, elle devient aussi un outil de travail. »

(1) La Libre, l’Essentielle Auto, 21 juin 2014.

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