La cohabitation entre pilotes professionnels et amateurs reste malaisée aux 24 Heures de Spa


Des 24 Heures à l'arrêt à la tombée de la nuit.
Des 24 Heures à l’arrêt à la tombée de la nuit.

Pour financer des programmes toujours plus coûteux, le sport automobile accepte à tous les niveaux des pilotes « payants ». La difficulté est de s’assurer de leur compétitivité avant de les lancer dans un peloton comme celui aligné aux 24 Heures de Spa.

Samedi soir en salle de presse à Francorchamps, c’était « silence radio », à l’exception d’une brève communication orale sur l’état « stabilisé » de Markus Mahy impliqué dans un spectaculaire accrochage entre deux Ferrari au virage proche de Stavelot portant le nom de Paul Frère. Alors que les concurrents étaient à l’arrêt en bord de piste pour faciliter l’intervention des services de secours, des images rediffusaient les accidents en chaîne ayant marqué le début de course. Dans la zone des stands, seuls le bruit des groupes électrogènes et la musique en provenance de l’une ou l’autre soirée VIP assuraient le fond sonore. Pour tout dire, l’atmosphère était sinistre.

De quoi entraîner les rumeurs les plus dramatiques, y compris au sein des teams,  à propos du pilote Marcus Mahy que d’aucuns imaginaient décédé, après les craintes déjà inspirées par un blessé dans le virage rapide de Blanchimont et d’autres accidents spectaculaires dans le raidillon. Autant de faits  qui, d’une manière ou d’une autre, trouvaient leur origine dans un peloton très compact mettant aux prises des GT3 très rapides sur la piste sèche, aux performances proches, mais menées par des pilotes professionnels ou amateurs. Ainsi, à fin de chaque neutralisation, les « pros » repartaient à l’attaque au milieu des « gentlemen drivers » qui avaient parfois du mal à gérer la température de leurs pneus et se faisaient piéger par les gommes froides. D’où la répétition d’incidents similaires.

Il n’est pas simple de gérer une communication de crise mais les infos réduites au strict minimum sur les multiples incidents du premier quart de la course ne pouvaient qu’alimenter les dérapages à l’heure des réseaux sociaux. Et en évoquant ce lundi midi à la RTBF « la loi des séries dont il faudra tirer des conclusions sur la sécurité », l’organisateur Stéphane Ratel n’était pas beaucoup plus disert sur le sujet et tentait de minimiser la situation.

Personne ne veut remettre en cause la cohabitation entre pilotes professionnels et amateurs car elle est indispensable dans une couse d’endurance  pour former un peloton d’une soixantaine de voitures partagées chacune entre trois conducteurs. Le sujet a souvent été évoqué à l’époque des 24 Heures de Francorchamps en tourisme et on aime rappeler la réflexion de Jacky Ickx  qui disait rouler de nuit dans la longue ligne droite des Hunaudières au Mans « comme un chauffeur de taxi »: « c’est la seule manière de ne pas se laisser surprendre par un concurrent plus lent qui déboîte sans vous avoir vu dans ses rétroviseurs ».

De nouvelles règles à définir

En revanche, cette cohabitation malaisée sur le rapide tracé de Francorchamps impose des règles qui, en fonction des événements du dernier week-end, doivent être revues. Faut-il imposer un minimum de tours aux essais à chaque pilote, revoir les temps de qualification, repenser les neutralisations pour limiter les problèmes de gestion des pneus froids lors des re-départs, réécrire les briefings d’avant-course ou prendre d’autres initiatives? Les réponses  appartiennent aux animateurs de la Blancpain Endurance Serie.

Dans les  commentaires, les dégagements du circuit de Spa-Francorchamps permettant de revenir sans mal sur la piste après une erreur de conduite étaient aussi évoqués. Avec les « bacs à sable », une sortie de route se traduisait autrefois par le blocage de la voiture. Et à une époque antérieure, chaque pilote savait qu’ une erreur de trajectoire pouvait mettre sa vie en danger.

Une notion quelque peu perdue de vue grâce à la sécurité actuelle des circuits  et des voitures mais que les accidents de samedi soir ont rappelé aux mauvais souvenirs d’un certain nombre d’observateurs.Pour autant qu’ils incitent à prendre les mesures adéquates pour limiter – sans bien sûr pouvoir les éliminer totalement-   les risques de la cohabitation en 2015, ces incidents  sans conséquences humaines dramatiques n’auront pas été tout-à-fait inutiles.

 

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