La  Fortwo qui réconcilie avec Smart


Une Smart Fortwo moins ferme et dotée d'une meilleure boîte de vitesses.
Une Smart Fortwo moins ferme et dotée d’une meilleure boîte de vitesses.

A nos yeux, la Smart Fortwo coupé souffrait de deux défauts rédhibitoires : une suspension trop ferme d’une autre époque et une boîte automatique au comportement saccadé infernal, même si elle a évolué au fil des générations. Deux handicaps sérieusement gommés sur la 4e version dont 60% des pièces sont partagées avec la Renault Twingo.

Le jour et la nuit ? La Smart Fortwo reste ce qu’elle est, avec un empattement court qui n’en fera jamais une limousine, un look très particulier, deux places strictes et une politique de prix très ciblée qui lui valent admirateurs et détracteurs. Les uns louent ses capacités urbaines, son encombrement réduit dans les parkings et une image forte ; les autres trouvent son usage trop limité qui en font au mieux une troisième voiture du ménage, voudraient une 3e place et estiment son prix exagéré.

La petite nouvelle ne va pas départager les uns et les autres mais elle évitera au moins à ses supporters inconditionnels de nier les coups de raquette dans le dos au passage de la moindre inégalité dans le sol ou les aléas de l’ancienne boîte robotisée obligeant à lever le pied à chaque changement de rapport. Entre-temps, les ingénieurs ont augmenté les débattements de la suspension et tiré parti des voies élargies pour améliorer une stabilité en ligne droite qui reste malgré tout relative. En outre, la boîte automatique Renault à double embrayage est beaucoup plus agréable et contribue selon nous à faire aujourd’hui de la Smart une micro-citadine tout à fait achetable.

Septante et un chevaux pour une conduite urbaine calme

Associée au moteur 3 cylindres 1 l. de 71 ch (il n’y a plus de moteur diesel) , la  Smart à boîte auto sera jugée par d’aucuns poussive, notamment sur base d’un temps de réaction un peu élevé à l’accélération. Disons qu’elle convient mieux à une conduite calme a priori logique en ville. A un rythme plus dynamique, le petit moteur  grimpe dans les tours et se montre à la fois bruyant et glouton. Lors d’un test logiquement urbain, notre consommation a été de 7,5 l/100 km, très éloignée des 4,1 l. annoncés en mode conventionnel. C’est un peu le propre de ces 3 cylindres utilisés à un régime élevé. En cause aussi, le poids  (près de 900 kg, 15 de plus que la Twingo à 4 places) dû à différents renforts, y compris dans les structures d’une voiture qui se veut sûre malgré des zones de déformation limitées par sa taille (2,69 m de long, identique à l’ancienne version).

Doté de sièges confortables, d’un coffre à hayon à double ouverture et au gabarit loin d’être ridicule, la Smart conserve ses couleurs vives et propose de nouveaux équipements dont un centre multimedia et des assistances au franchissement de ligne et au risque de collision. Tout dépend bien  sûr du prix. La  Fortwo coupé 71 ch. « passion » avec ordinateur de bord et GPS est disponible à partir de 11.132 € auquel on sera tenté d’ajouter la boîte auto à 6 rapports pratique en ville (1.016 €), voire l’aide au stationnement arrière (305 €), le toit panoramique (356 €), le pack cool et media (681 €) etc. D’accord, il y a déjà une Smart Fortwo 60 ch. à 9.222 € mais le modèle testé et très bien équipée dépassait les 18.000 €. Toujours pour une micro-citadine à 2 places et sans bénéficier du moteur turbo de 90 ch également disponible. Question de choix et de moyens avec, à la clé, un réel plaisir de conduite en  ville, grâce aussi à la boîte auto et au rayon de braquage incroyablement court. Un petit détail: le curieux capot avant s’emboîtant comme un jeu de légo et abritant la batterie et les orifices de remplissage des liquides (le moteur, on le sait, est dorénavant à l’arrière, au profit de l’espace et de la maniabilité).

Forfour ? Bof

Pour qui veut plus d’espace et de places, Smart propose  la « Forfour »  qui étire sa longueur et son empattement à respectivement 3,49 m et 2,494 m.  De quoi accueillir quatre personnes et quelques bagages. La Smart y perd évidemment son âme, sans apporter un véritable avantage par rapport à d’autres petites berlines. Pire, le moteur essence de 71 ch tout à fait acceptable sur la Fortwo et en conduite urbaine devient un handicap sur route : le ronronnement à haut régime du 3 cylindres fatigue à la longue (consommation moyenne de 7,4 l/100 km), on se surprend en côte à redescendre en 4e vitesse et on évite a priori tout dépassement dans le trafic par souci de sécurité. Sans perdre de vue un confort relatif aux places arrière et une grande sensibilité au vent latéral qui incite même sur autoroute à  lever le pied.

Bref, pas de quoi s’enthousiasmer pour la « grande Smart » dont le prix de la version « 71 ch » essayée à boîte manuelle et très bien équipée – à l’exception du GPS- frôlait les 18.000 €.

Der neue smart forfour, 2014 Polsterung in Stoff schwarz/orange, Instrumententafel und Türmittelfelder in Stoff orange und Akzentteile in schwarz/grau The new smart forfour, 2014 Upholstery in black / orange fabric, Dashboard and door centre panels in orange fabric and contrast components in black/grey
Un choix de coloris pour égailler l’habitacle.
Smart Forfour à la longueur et à l'empattement étirés.
Smart Forfour à la longueur et à l’empattement étirés.
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4 réflexions sur “La  Fortwo qui réconcilie avec Smart

  1. Cette mise au point est drôlement utile ! (Elle est fabriquée chez nous (;-)), en Moselle, à Hambach, le long de l’autoroute Metz-Strasbourg) mais cela tu le savais, Cher Yves. Pascal

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  2. Chère Simone,
    Un petit commentaire sur la boîte de vitesses de la Smart « d’avant »: il est intéressant de constater que les critiques viennent presque toujours de conducteurs(trices) qui la considèrent comme une boîte automatique à convertisseur de couple ou une boîte à double embrayage comme les DSG de VW alors qu’elle est une boîte robotisée.
    Et il faut utiliser un outil selon son mode d’emploi !
    Une boîte robotisée nécessite de lever le pied au changement de rapport. Bien entendu pour y arriver il faut être un conducteur(trice) doué(e) de la sensibilité nécessaire à se rendre compte de quand la voiture « veut et va changer de vitesses ». Les bons conducteurs y arrive et cette boîte récompense alors son bon utilisateur de l’avoir en quelque sorte « aider à changer » en changeant beaucoup plus rapidement que quand on garde le pied sur l’accélérateur.
    Les modes d’emploi des automobiles deviennent de plus en plus long (pour protéger la responsabilité sociétale des constructeurs!) mais leur lecture apporte quand même à celui ou celle qui la fait quelques petits bonheurs bien plaisants au cours des milliers d’heures qu’il ou elle passera à son volant.
    Bonne route en Smart « d’avant » ou « d’après » !
    Cordialement
    Philippe Casse

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  3. J’ai réceptionné ma nouvelle smart depuis 1 mois et malheureusement elle consomme en moyenne mixte (ville-campagne-autoroute) plus de 8 litres.
    Smart ne veut rien savoir… Proposent un test moyennement paiement.
    A savoir !!!

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    1. La consommation des petits moteurs 3 cyl. est très dépendante du type de conduite. Je viens de reprendre une Smart à Budapest en me contentant de 5,8 l/100 à un rythme sage. En conduite plus nerveuse en Belgique, j’ai atteint 7,5 l.

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