Quand le comportement de la gendarmerie française provoque colère et malaise


L'application de la loi n'empêche pas de faire preuve de discernement, par exemple dans la gestion d'un carrefour. Son absence peut provoquer la colère des automobilistes piégés par les forces de l'ordre, comme nous l'avons vécu dans le sud-ouest de la France.
L’application de la loi n’empêche pas de faire preuve de discernement, par exemple dans la gestion d’un carrefour. Son absence peut provoquer la colère des automobilistes piégés par les forces de l’ordre, comme nous l’avons vécu dans le sud-ouest de la France.

 

Le souci d’améliorer la sécurité n’autorise pas tout. Certaines pratiques de la gendarmerie  française  provoquent un énorme malaise teinté de colère. La même impression que l’on peut ressentir après un hold up. Ni plus ni moins.

C’était une belle  étape qui se terminait dans le sud-ouest de la France. Deux journées tranquilles pour franchir 840 kilomètres, entrecoupées d’ une nuit au bord de la Loire. Après avoir quitté l’autoroute, restait à rejoindre la superbe région du Quercy.

En ce samedi après-midi, il y avait un peu de trafic au moment d’aborder un « stop » et j’étais à l’arrêt derrière deux voitures qui s’apprêtaient à tourner à gauche. Au moment où celles-ci, en l’absence de véhicules prioritaires, traversèrent la route- confirmant donc que le passage était libre- j’ai avancé de quelques mètres pour tourner à droite.

Un gendarme m’attendait en contrebas : contrôle des papiers, du permis de conduire, de l’assurance, de la conduite sous l’effet de l’alcool ? Du tout. D’après le pandore, je n’avais pas marqué le stop. Formellement, je n’avais pas respecté quelques secondes d’arrêt mais passé au pas en l’absence du moindre risque puisque la route était occupée par les deux voitures ayant quitté le stop vers la gauche.

Il apparût d’emblée que la seule volonté de l’autre gendarme – celui qui remplissait les papiers pendant que son collègue constatait les « infractions »-n’était pas de de me rappeler le code de la route ou de me faire une remontrance mais de me délester, après d’autres, de 90 € en cash. « Et encore en tant qu’étranger  échappez-vous à un retrait de 4 points du permis de conduire. »

Pendant mon interpellation, d’autres conducteurs tout aussi paisibles  ne marquèrent pas davantage l’arrêt obligatoire de quelques secondes comme le fit remarquer mon passager. Mais, soucieux de ne pas devoir affronter en même temps l’ahurissement ou la colère de plusieurs « contrevenants », le représentant de l’ordre nia les faits. Quoi qu’il en soit, j’imagine que l’après-midi a été fructueuse. Je ne parle pas de la lutte pour une meilleure sécurité mais de la ponction financière qui me laissa exactement  le même malaise teinté de colère contenue que si quelqu’un m’avait arrêté en rue pour me voler ma carte de crédit ou mon portefeuille.

S’il y a des automobilistes dangereux, il y a des représentants dont l’excès de zèle non seulement ne sert en rien la sécurité routière mais provoque une vraie animosité à l’égard du gendarme. Si c’était le but poursuivi le samedi 5 septembre vers 17h30 au stop bordant la D 920 entre Mayssac et Nespouls, il a été atteint.

Et qu’on ne vienne pas me parler des dangers de la route ni de la mortalité en hausse sur les routes françaises. Ici, comme expliqué à un des deux verbalisants, leur comportement s’apparenta à un vrai piège et à rien d’autre, à mille lieux des vrais dangers à pénaliser.

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6 réflexions sur “Quand le comportement de la gendarmerie française provoque colère et malaise

  1. Partageant mon interprétation de cet incident, un lecteur de mon blog m’a fait remarquer que le mot « haine » dans le titre était peut-être exagéré. C’était pourtant mon sentiment à chaud, après avoir eu la conviction de m’être fait truander par deux gendarmes incapables de faire preuve de discernement – cela demande un peu de réflexion- et pratiquant un abus de pouvoir manifeste en m’infligeant une sanction forte tout-à-fait injustifiée. A froid, je reste désappointé par un tel comportement qui témoigne aussi de la toute puissance dont se croient investis aujourd’hui certains représentants de l’ordre en France. Néanmoins, je vais retirer du titre le mot haine qui ne peut qu’exacerber les relations avec les gendarmes qui, heureusement, n’appliquent pas tous la loi avec le même aveuglement que ceux auxquels j’ai été confronté aux portes du Quercy.

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      1. L’article ne laisse aucune ambiguïté sur le respect de la règle mais vous ouvrez, M. Hebrant,un débat tout à fait intéressant. La conduite automobile se limite-t-elle au respect de règles ou inclue-t-elle une attitude responsable? Sous la pluie ou dans le brouillard, un automobiliste peut se montrer trop rapide et donc dangereux tout en respectant parfaitement le code de la route. Idem pour les conducteurs distraits pour une foule de raisons ou entrant sur une route principale ou une autoroute à un rythme tellement lent qu’ils sont dangereux pour les autres occupants. C’est tout le problème de la conduite responsable et qui doit être considérée comme une activité à part entière. En l’occurrence, j’étais attentif au moment d’aborder ce carrefour et n’ai pas pris l’ombre d’un risque. Si le gendarme avait noté ma conduite prudente mais signifié que le code de la route m’oblige à marquer clairement l’arrêt, j’aurais parfaitement compris ce rappel. Ici, il n’y eu aucun dialogue d’autant plus que le gendarme qui m’interpella et dressa le PV n’avait même pas vu la « contravention » notée par son collègue. Revenu sur les lieux pour prendre des photos destinées à ce blog, j’ai noté que des dizaines d’automobilistes prudents ont, après avoir observé que la voie était libre, adopté la même attitude que moi. Tous des criminels? Je maintiens que l’application d’une sanction sévère -je pense pour les Français surtout au retrait de 4 pts sur le permis- sans le moindre discernement est l’expression d’un abus de pouvoir.

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      2. D’accord avec vous Monsieur Hebrant.
        J’ajouterais – par rapport au commentaire d’yvesdp – qu’effectivement, la loi ne doit pas toujours être suivi aveuglément mais – et ce mais est important – uniquement pour augmenter la sécurité. Par exemple, pour permettre d’éviter un autre danger plus grave.

        Dans le cas présent, c’est juste une négligence comme nous en faisons tous parfois sur la route en se disant après coup « ouf, ce n’était pas grave cette fois-ci »

        Quand aux gendarmes, ils ont appliqués la loi – c’est leur métier. Cela ne m’empêche pas de comprendre la frustration de s’être fait pincer.

        JMiB

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  2. L’attitude des forces de l’ordre et des pouvoirs publics est de plus en plus révoltante dans de nombreuses situations. A Bruxelles, ils ont même mis toute une série de tunnel à 50 km/h alors que même l’institut en charge de la sécurité routière a démontré que cela n’était pas nécessaire. Tout est fait pour raqueter l’automobiliste chaque fois que c’est possible avec pour objectif final de ne plus permettre qu’aux nantis de rouler, c’est scandaleux.

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  3. Je suis d’accord avec M. Hebrant. Le respect, par tous, des règles du code de la route permettrait beaucoup moins d’accidents. Un petit arrêt manqué, un petit dépassement de vitesse, un petit non respect de zone 30 qui semble mal placé ou encore un petit parking sauvage sur un trottoir, tout cela est anodin mais le conducteur aura inculqué ces infractions « normales » à ses enfants assis à l’arrière de la voiture et même aux autres conducteurs qui l’entoure. D’ailleurs souvent, lors du premier jour d’école, le premier cours est donné par les parents à leurs enfants dans la voiture en se stationnant n’importe comment sans respecter les piétons et les cyclistes ainsi qu’en offrant le spectacle lamentable de l’excès de vitesse avec l’excuse suprême qui justifie n’importe quel blessé ou mort : « je suis pressé, moi ». Je comprends bien que vous n’aimez pas payer pour une infraction qui vous semble aussi anodine mais la police française fait son travail qui consiste aussi à constater les morts sur les routes qui sont causées par un manque de respect des règles du code de la route.

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