Le marché auto belge dopé par les marques « premium »


Logiquement, BMW devrait se retrouver à la deuxième place du marché belge derrière Volkswagen.
Logiquement, BMW devrait se retrouver à la deuxième place du marché belge derrière Volkswagen.

Le marché automobile belge a passé en 2015 le cap symbolique des 500.000 nouvelles immatriculations, en priorité grâce aux marques dites « premium ».

Avec 501.066 voitures neuves immatriculées l’an dernier (+ 3,75% par rapport à 2014), le marché automobile belge a franchi la barre symbolique des 500.000 unités qu’il n’avait plus atteinte depuis 2011. A l’examen des données fournies par la Fébiac, quelques chiffres permettent de tirer des conclusions surprenantes.

Premier constat : la hiérarchie officielle par marques telle qu’elle apparaît aujourd’hui est fausse ! En cause, un système tout-à-fait légal mais regrettable : plusieurs importateurs, dont Renault, pratiquent pour différentes raisons ce qu’on appelle les désimmatriculations. En clair, ils retirent des immatriculations des voitures enregistrées quelques jours plus tôt afin de leur donner une nouvelle affectation.  Cette pratique se solde chaque mois par des différences de plusieurs milliers d’unités qui sont corrigées le mois suivant après la prise en compte des désimmatriculations dans les 30 jours.

Volkswagen leader du marché belge ?

Ainsi, le top 4 des immatriculations de 2015 diffusé il y a quelques jours par la Fébiac – Renault, Volkswagen, BMW, Peugeot- deviendra dans quelques semaines, sauf très grosse surprise des ventes en décembre, ce qu’il était à la fin novembre : 1. Volkswagen ; 2. BMW ; 3. Peugeot ; …4. Renault ! Cette nouvelle hiérarchie réduira à néant les commentaires actuels sur la descente de VW de son piédestal suite aux affaires que l’on connaît et mettra en évidence un autre phénomène à travers la 2e place de BMW : le succès fulgurant des marques « premium ».

Ce dernier a plusieurs explications dont une au moins remonte à quelques années : la diversification des gammes au sein de ces marques premium emmenées par le trio allemand Audi-BMW-Mercedes. A travers des citadines et des cross-overs notamment, ces constructeurs autrefois spécialistes chassent sur les terres des généralistes que sont  Renault, PSA Peugeot Citroën, Toyota et beaucoup d’autres. Misant sur une image de qualité et d’innovation qu’ils font payer au prix fort, ils trouvent ainsi de nouveaux clients et accroissent sensiblement leurs bénéfices.

A l’autre bout de l’échelle et pour des raisons économiques mais aussi de choix sociétal, des petits utilitaires Citroën, Peugeot ou Renault se vendent bien, tout comme certains modèles japonais et coréens ou  Dacia, la filiale roumaine et low-cost de Renault qui occupe la 14e place du classement par marques. Mais entre ces deux extrêmes, beaucoup de constructeurs généralistes stagnent ou sont en recul, à quelques exceptions près (Opel, Nissan, Suzuki, Mazda…)

BMW et Mercedes ont progressé de plus de 15% en 2015

Ces éléments ne suffisent pas à comprendre en 2015 les bonds spectaculaires de quelques marques premium en Belgique: BMW (+ 16,3% par rapport à 2014), Audi (+ 8,1%), Mercedes (+ 15,4%), Volvo (+ 11,6%), Mini (+ 18,2%), Land Rover (+ 13,7%),Porsche (+ 38,8%), Jaguar (+ 52,5%)… Trois d’entre elles (BMW, Audi, Mercedes) figurent dans le top 10 des ventes.

Pour en savoir plus, il faut examiner les ventes des voitures dites de société – représentant la moitié des immatriculations- mais dont le terme prête à confusion et pourrait être remplacé par le qualificatif « professionnel ». Il regroupe toutes les ventes à des personnes ou sociétés soumises au régime de la TVA : indépendants utilisant un véhicule dans leur travail, employés bénéficiant du régime dit « cafétéria » (une somme est extraite du salaire pour réduire les charges et est consacrée à la mise à disposition d’une voiture ou à d’autres services), flottes d’entreprise etc. A travers notamment les plans cafétérias, des salariés ont remplacé leur véhicule privé par un autre bénéficiant de fortes remises grâce à des achats groupés atteignant parfois plusieurs milliers d’unités. D’où la tentation de « s’offrir » une voiture premium plus moderne et associée à une meilleure sécurité, à une technologie d’avant-garde et à une pollution réduite. Assez de données pour justifier les ventes très majoritairement professionnelles de certaines marques (jusqu’ à 75%) et une partie non négligeable des immatriculations globales en 2015.

Bien sûr, ces succès commerciaux favorables aussi à l’économie n’amélioreront ni la mobilité ni la pollution globale liée au trafic automobile congestionné. Mais c’est un autre débat.

 

 

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2 réflexions sur “Le marché auto belge dopé par les marques « premium »

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