La mobilité doit être repensée à l’aide des revenus générés par l’automobile


Repenser la m
Selon une enquête réalisée par la Fédération Internationale Automobile (FIA), 38% des taxes européennes automobiles ne sont pas réinvesties dans l’infrastructure routière. Le constat général vaut aussi pour la Belgique qui souffre notamment d’un manque d’entretien du réseau.

La situation est tellement ubuesque qu’elle prêterait à sourire si elle ne perturbait pas au quotidien le trafic à Bruxelles et bien au-delà : le mauvais état des tunnels dans la capitale et leur fermeture actuelle ou programmée symbolisent la non gestion des infrastructures routières, des travaux, des parkings de dissuasion annoncés depuis des années et de la mobilité bruxelloise dans son ensemble confrontée à nos contentieux régionaux, locaux et linguistiques.

La situation est à peine meilleure en Wallonie où l’héritage de feu Michel Daerden à l’époque où il était en charge des Travaux publics se fait encore sentir, entre revêtements dégradés, nids de poule et chantiers de rénovation en cours.

Le secteur automobile génère 206 milliards d’euros de taxes en Europe

Ce n’est pas cette situation « à la belge » qu’a dénoncé  à Bruxelles la FIA en présence de représentants de l’Union européenne mais bien une approche plus globale : sur les 286 milliards d’euros que les Etats membres européens perçoivent chaque année auprès des propriétaires de voitures, seulement 178 milliards sont réinvestis dans l’infrastructure routière, suivant une enquête du bureau CE Delft portant sur l’année 2013. En fonction des taxes variables d’un pays à l’autre, seuls les revenus générés par les droits d’accises sur les carburants, la taxe de circulation, les taxes d’immatriculation, les taxes routières et la taxe de mise en circulation ont été pris en compte. N’en fait pas ainsi partie la TVA sur la vente de voitures, le carburant et les pièces de rechange. En pratique, 63% des revenus proviennent des accises sur les carburants. Et si on considère le seul secteur automobile (hors bus, camionnettes, poids lourds et motos), il génère 206 milliards de taxes chaque année en Europe. Le problème est qu’une grande partie de ces revenus ne profite ni au réseau routier ni aux transports en commun mais à d’autres secteurs de la vie publique.

Une « décarbonisation » à promouvoir

Or, les besoins d’une meilleure et d’une autre mobilité, tant pour l’économie que pour l’environnement, sont énormes et dépassent largement le cadre des seules infrastructures routières ou de la réduction des embouteillages à travers notamment une meilleure digitalisation. Ils concernent la « décarbonisation » en général : meilleur réseau de transport, alternatives à basses émissions, soutien à des véhicules zéro émission, taxes repensées en fonction de l’environnement, révision de la vignette autoroutière très contestée, harmonisation européenne des principes régissant tous les modes de transport. Autant d’initiatives nécessitant des moyens qui devraient provenir des taxes payées par les usagers.

Au niveau belge, note Touring en se référant aux chiffres de la Fébiac, les propriétaires de véhicules à moteur ont rapporté 16,5 milliards d’euros à l’Etat en 2015 dont 4,7 milliards d’accises sur les carburants, 3,6 milliards de TVA sur les pièces de rechange et 1,6 milliard de taxe de circulation. Sur ce montant, 1,2 milliard (7%) a été consacré aux infrastructures routières et quelque 5 milliards seulement aux transports en commun (900 millions pour De Lijn, 350 millions pour le TEC, 285 millions pour la STIB et le reste pour la SNCB).

La mobilité, le souci majeur des Bruxellois

Si la mobilité a été considérée dans une enquête d’opinion récente comme le souci majeur à Bruxelles – et par répercussion sur tous les axes dans un large périmètre-, elle mérite non seulement des moyens a priori disponibles à travers les taxes existantes mais aussi une approche scientifique dépassant les a priori pro ou anti-voitures, les positions idéologiques ou les objectifs politiciens à court terme.

A l’expérience, le choix d’entraver artificiellement la circulation automobile n’a pas suffi à modifier les comportements des conducteurs belges. Il faut donc améliorer la fluidité automobile et entretenir le réseau routier qui en a grand besoin ; en parallèle, encourager les alternatives aux moteurs à combustion et intensifier un réseau de transport plus diversifié et multimodal prenant en compte les besoins spécifiques ; enfin réorganiser un système de taxation de même niveau mais ventilé suivant de nouveaux critères.  « Une partie des usagers, soulignait un intervenant de la FIA, devraient pouvoir gérer leurs déplacements à l’avenir avec des véhicules en location ou partagés et une tarification adaptée à leurs besoins, comme pour un GSM. »

Et un autre observateur européen vivant à Bruxelles rappelait une évidence : « il faut y réduire la pression automobile. » Le tout est de déterminer une méthode rationnelle, globale et… séduisante pour y arriver.

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