La mobilité intelligente arrive


La télématique est en mesure de révolutionner la mobilité.
La télématique est en mesure de révolutionner la mobilité.

Le sujet est incontournable au moment où le Salon de l’auto va ouvrir ses portes ce samedi à Bruxelles (1) : la mobilité. Les enjeux sont immenses et les professionnels sont dans les starting blocks. Et puis surtout, grâce aux nouvelles possibilités de la télématique et au « network », la mobilité intelligente arrive.

C’était un voyage professionnel comme d’autres, à une exception près : la voiture n’avait pas sa place dans ce minitrip récent de Bruxelles à Amsterdam où se succédèrent marche, autobus, métro, train et…bateau. Et s’il y eut un bref intermède en autocar, il apparut incongru dans le paysage, entre grandes artères bouchonnées, canaux, rues étroites et vélos.

Amsterdam n’est pas Bruxelles, Paris, Londres, Tokyo ou Pékin mais un même sujet monopolise l’actualité dans toutes les grandes métropoles : la mobilité ou plutôt l’absence de mobilité. Sans espoir d’améliorations autres que par des mesures drastiques anti-voitures ? Pas nécessairement.

L’évolution tient en un mot, « network » (réseau).  C’est lui qui, de mieux en mieux maîtrisé, va permettre de développer une vraie mobilité multimodale et d’offrir une gamme d’outils performants aux acteurs et aux usagers des transports. L’exemple le plus (im)populaire dans le monde est la plate-forme Uber largement utilisée par les nouveaux consommateurs et qui, en en coup de clic, permet de bénéficier d’un taxi dans les meilleurs délais et des conditions optimales. Les autres applications sont légion, y compris dans le choix intelligent de cette multi-modalité.

Mieux préparer une mobilité plus réfléchie

Ainsi, ALD Automotive, un des principaux gestionnaires de véhicules de leasing en Europe et dans le monde, a développé un « mobility center » informatique destiné aux sociétés et aux fleet managers mais qui, adapté, pourrait intéresser toute personne à la recherche d’une mobilité plus rationnelle. Dans un espace de discussion à 360° entouré d’écrans donnant des informations diverses, les intervenants sont invités par un jeu de questions à déterminer les options privilégiées de leur mobilité : coût, flexibilité, poids sur l’environnement, influence sur la rémunération etc.

On leur demande ensuite de préciser les modes de transport souhaités, le nombre de kilomètres à parcourir, les limites en rejets de CO, le type de contrat ou les services annexes (parking par exemple). Puis les deux graphiques -options de base et contrat envisagé – sont superposés afin d’essayer de les rapprocher. L’objectif est évidemment de faire réfléchir les intervenants et de les inciter à définir une politique de mobilité qui soit profitable à l’employeur, à l’employé et à l’environnement.

La mobilité doit être considérée dans son ensemble

« L’avenir de la mobilité, résume John Saffrett, Chief Administrative Officer chez ALD International, doit être considéré dans son ensemble et pas seulement à travers un des acteurs. D’où la nécessité de négocier avec tous les partenaires publics ou privés, que ce soient les constructeurs automobiles, les sociétés de transport, les loueurs de différents types de véhicules, les propriétaires de parking ou les fournisseurs de données informatiques. Je ne crois pas en revanche à une solution de mobilité globale car le sujet est complexe et devra être abordé région par région ».

Les principaux acteurs de la mobilité innovante sont connus dont les véhicules à la demande (transports publics, taxis partagés ou non, minibus), les véhicules autonomes et électriques loués ou non suivant différentes formules ou utilisés en covoiturage. En plus des vélos et des vélos électriques et de toutes les offres couplées. La future mobilité reposera donc sur une série de services, y compris de financement, et aura besoin des fournisseurs de données informatiques.

Près de 8 millions d’adeptes du carsharing en Europe

Dans de nombreuses villes, des offres se mettent en place. L’Europe compte ainsi 7,9 millions d’utilisateurs du carsharing traditionnel et 2,6 millions d’adeptes du « Peer to Peer », c’est-à-dire de la location de voitures entre particuliers. Dans la première catégorie, Zipcar, membre du groupe Avis,  propose depuis septembre, après Drive Now (BMW et Mini) ou Zen Car (voitures électriques) , un service de free-floating (à enlever et déposer n’importe où dans la ville) à Bruxelles et à l’aéroport de Zaventem: après avoir chargé l’application et réservé un véhicule, le loueur ouvre à l’aide de son smartphone une voiture dont les clés se trouvent à l’intérieur ; le prix se calcule à la minute (25 centimes pour une Peugeot 208, tous services et carburant compris) et le véhicule peut être redéposé n’importe où dans une des zones contrôlées. Zipcar s’est associé en novembre à CarAmigo pour permettre des locations de longue durée. Autre exemple : en France, la SNCF a pris les rênes de la plate-forme Ouicar qui gère la location de 30.000 voitures entre particuliers.

Cambio a séduit 23.000 clients

Et bien avant ces initiatives récentes, la STIB a été en 2003 un des fondateurs de Cambio qui regroupe aujourd’hui 23.000 clients adeptes de cette formule de voitures partagées dans une trentaine de villes : à la différence du free-floating, les voitures sont enlevées et remises au même emplacement, sur base d’un abonnement mensuel et d’une tarification liée au temps et au nombre de kilomètres.

La concrétisation de cette approche suppose évidemment des partenariats efficaces entre les divers acteurs de terrain (parkings intelligents, loueurs de voitures à la demande, transports publics etc) mais aussi une politique de gouvernance bien pensée (données data disponibles, structure efficace de la mobilité, taxation claire, plateformes intégrées, incitants fiscaux) et une technologie innovante.

A terme, un smartphone devrait suffire pour effectuer toutes les opérations, de la commande des services disponibles jusqu’au paiement.

Qui va gérer la nouvelle mobilité ?

Restent des questions dont celle-ci : qui seront les gestionnaires de cette nouvelle mobilité ? Les sociétés de leasing pourraient jouer un rôle majeur dans la multi-modalité qu’elles pratiquent déjà aujourd’hui en proposant des options, services annexes et alternatives à la seule voiture individuelle. Leur survie tiendra à leur créativité : « nous investissons beaucoup aujourd’hui pour être forts dans le futur », confirme Oriane de Coninck, Marketing Supervisor chez ALD Automobile qui mise sur un développement du leasing aux particuliers au détriment des flottes traditionnelles et lance des offres particulières dont, en Belgique, des véhicules électriques en leasing. Un autre loueur, Europcar Belgique, vient d’ouvrir une nouvelle station à Bruxelles près du quartier européen, afin de proposer dans un espace unique, en complément de la location de voitures, une gamme innovante : voitures partagées Ubeeqo, scooters électriques en « free floating », segways, voitures électriques et Villo.

Mais la concurrence sera rude, y compris de la part des constructeurs automobiles. « Nous pratiquons déjà le leasing partagé, rappelle le Country Manager de Nissan Belux , Richard Tougeron.  Plusieurs personnes se répartissent les coûts de location d’une voiture dont l’usage est convenu selon les besoins de chacun ».

Renoncer à sa voiture de société ?

L’autre grande question concerne la possession d’une voiture individuelle : quand et par qui sera-t-elle abandonnée au profit d’un seul usage occasionnel ? La réponse est notamment dans les mains des 424.000 utilisateurs de voitures de leasing (ils sont 750.000 si on comptabilise toutes les voitures de société). Quels incitants pousseront certains à se débarrasser d’un véhicule indispensable pour les uns mais d’abord associé pour d’autres à un avantage fiscal ? On sait que ce dernier est en train d’évoluer vers d’autres opportunités salariales encore à préciser. Le montant moyen net disponible pour les utilisateurs actuels d’une voiture de leasing – les autres automobilistes ne sont pas concernés- serait de 450 €.

Plus globalement, l’évolution tient à des facteurs multiples qui influenceront ou non les choix de chacun et des autorités responsables : urbanisation croissante, poids de la génération Y et des suivantes, disponibilité des ressources naturelles, responsabilité sociale, voiture autonome et/ou électrique, connectivité, augmentation de la population, qualité de l’air et surtout nouvelles offres de mobilité en porte à porte.

Soit une longue chaîne d’incitants dont les maillons se nouent à un rythme que certains trouvent trop lent pour l’environnement ou l’économie mais qui, à terme, enverra dans les oubliettes un slogan que l’on croyait ancré pour longtemps au cœur de nos sociétés occidentales : « ma voiture, c’est ma liberté ».

(1) Le Salon de Bruxelles est ouvert du 14 au 22 janvier. Infos: http://autosalon.be/fr

Un millier de voitures sont disponibles à Bruxelles en location.

Un millier de voitures sont disponibles à Bruxelles en location.

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