L’intérêt pour la voiture électrique reste à concrétiser en Belgique


renault

Interconnectée sûrement, un peu moins mue par un moteur diesel, la voiture est aussi électrique au Salon de Bruxelles. Mais la demande est encore loin de correspondre à l’offre.

La Flandre veut un parc 100% électrique en 2050, Amsterdam en rêve dès 2030, la Norvège immatricule aujourd’hui 1 véhicule électrique sur 7, neuf Etats nord-américains et quatre pays européens (Allemagne, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni) ont adhéré à la ZEV (Zero Vehicle Emission) Alliance prônant elle aussi la disparition des moteurs thermiques d’ici à 2025.

Réalistes ou non, ces prévisions paraissaient inimaginables il y a 8 ans, alors que Carlos Ghosn, PDG de l’Alliance Renault Nissan, était méprisé par ses homologues notamment allemands lorsqu’il évoquait un futur marché européen électrique à 10%. « Depuis, notre CEO n’a jamais changé de cap, rappelle Richard Tougeron, nouveau Country Manager de Nissan Belux après avoir exercé différentes fonctions en France. Il a maintenu les investissements prévus malgré les réticences des filiales et l’absence de résultats commerciaux. » En 2009 il est vrai, le parc de voitures électriques n’était de 6.000 unités en Europe.

Annonçant au dernier Mondial de l’auto le lancement d’une nouvelle version de la Zoe – la ZE.40 atteignant 300 km d’autonomie réelle grâce à une nouvelle batterie lithium-ion de 41 kWh-, Ghosn ne s’est pas privé de sourire à son tour  : « nous parlons du présent quand les autres évoquent le futur ».

Du succès de Tesla au Dieselgate

Plusieurs phénomènes expliquent la mutation actuelle : d’abord l’intérêt manifesté à partir de 2013 par les constructeurs allemands qui n’étaient pas prêts auparavant à aborder ce marché ; ensuite le formidable succès d’image de Tesla qui prévoit 500.000 ventes en 2018 ; enfin, les effets désastreux du Dieselgate qui ont incité Volkswagen à accélérer sa mutation vers des moteurs non thermiques : la Golf restylée et dotée elle aussi d’une nouvelle batterie (35,8 kWh) devrait se rapprocher de l’autonomie de la Zoe. Mieux, le groupe Volkswagen ambitionne, grâce notamment à la Chine, d’être n°1 des voitures électriques en 2025 à travers une trentaine de nouveaux modèles et la commercialisation de 2 à 3 millions d’unités par an.

Il ne faut pas rêver néanmoins : à quelques exceptions après – 26.700 voiture électriques immatriculées par an en Norvège, plus de 22.000 en France, le marché européen reste très marginal. Outre la réduction du prix d’achat, deux éléments sont indispensables pour le faire évoluer : la fréquence et la rapidité des recharges, et la politique fiscale.

Un réseau de recharges standardisées initié par les constructeurs

Au premier chapitre, les constructeurs allemands (BMW, Daimler, Porsche et Audi) rejoints par Ford ont annoncé la création d’une coentreprise destinée à installer un réseau européen de recharges rapides d’ici à 2020. Dès cette année, des bornes apparaîtront sur 400 sites et seront accessibles à tous les véhicules électriques ou hybrides rechargeables au standard CCS (pour « combined charging system), quelle que soit leur marque. Aujourd’hui, on compte 12.000 stations de recharge en Hollande pour 17 millions d’habitants, 10.000 en France et beaucoup moins en Belgique où le marché des véhicules électriques, fin octobre, se limitait à 1.803 unités en 10 mois. « Mais la mobilité est en train de changer, estime Jean-Paul Renaud, DG de Renault Belgique Luxembourg qui présente en première mondiale au Salon de Bruxelles un nouveau Kangoo électrique annoncé avec 200 km d’autonomie réelle. Les pouvoirs publics et les règlements évoluent, les voitures sont de plus en plus hybrides ou électriques, interconnectées et autonomes. Et en Europe, on compte déjà 150 zones urbaines réservées aux véhicules à basses émissions ».

 Le futur à moyen terme (2050 ?) passe impérativement par des voitures électriques intelligentes interagissant avec un réseau électrique lui aussi intelligent (smart grid) et alimenté par des énergies renouvelables. Un fameux enjeu loin d’être en cours de réalisation et qui incite à douter des délais espérés.

Les politiques fiscales ont un impact direct

Entre-temps, les avantages fiscaux varient d’un pays à l’autre avec des politiques très volontaristes dans des pays comme la Norvège, la Hollande ou la France. Ailleurs, la variation des politiques fiscales a des effets immédiats sur les ventes : +138% en Autriche après une réduction des taxes sur les véhicules d’entreprise, – 78% au Danemark après le rétablissement progressif de la taxe d’immatriculation. En Belgique, les mesures sont peu incitantes en dehors de la déductibilité fiscale à 120% pour les sociétés et d’une prime à l’achat de à 5.000 € en Flandre- elle va être dégressive- qui justifie essentiellement l’augmentation des ventes cette année.

Dans l’immédiat, les compagnies pétrolières n’ont pas de souci à se faire mais il ne faudrait pas grand-chose -des mesures concrètes dans quelques pays et une série de grandes villes par exemple- pour que les compteurs s’affolent.

Le top 5 des immatriculations en Belgique (fin octobre) : 1. Tesla Model S, 554 ; 2. Nissan Leaf, 415 ; 3. Renault Zoe, 188 ; 4. BMW i3, 163 ; 5. Mercedes Classe B, 86

 

 

 

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Une réflexion sur “L’intérêt pour la voiture électrique reste à concrétiser en Belgique

  1. Bonjour Yves. Bien reçu via ma fille Patrizia ton article Abarth. Hier déjà. Il est très complet. Bravo. Ce n’était pas facile du tout. Merci beaucoup.

    Pascal

    Envoyé de mon iPhone

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