Souvenirs d’un amateur d’ancêtres: « la  sortie de la Mazda MX5 a réveillé ma passion pour les petits roadsters »


Plutôt que d’acheter pour quelque 20.000 € une Miata dont le capital allait se dégrader, Paul Simeons a  préféré une Triumph TR3 de 1956 qui garderait sa valeur.(Ph. DR).

Comment devient-on collectionneur de voitures anciennes ? L’origine remonte souvent au creux de l’enfance. Et puis, un jour ou l’autre, les circonstances incitent à passer à l’acte d’achat. Un reportage paru le week-end dernier dans « Essentielle Auto ».

L’attrait pour les voitures et notamment les véhicules anciens est rarement du au seul hasard, et il y a souvent de l’hérédité dans ce choix. Encore faut-il avoir les moyens d’assouvir une passion qui n’est pas gratuite. Souvenirs d’un médecin spécialiste glanés au long d’années où, au-delà d’une vie professionnelle et familiale bien remplie – son épouse elle aussi médecin partage heureusement son goût pour les randonnées cheveux au vent-, l’automobile a été rarement absente.

-«  Le phénomène déclencheur, raconte Paul Simeons, a été il y a 27 ans la sortie de la Mazda Miata MX-5. En découvrant ce roadster, je me suis dit : voilà la nouvelle MGB. C’est-à-dire un modèle japonais et donc au moteur fiabilisé et débarrassé des pertes d’huile et autres inconvénients liés aux anglaises. Mais plutôt que d’acheter pour quelque 20.000 € une Miata dont le capital allait se dégrader, j’ai préféré une Triumph TR3 de 1956 qui garderait sa valeur. Ce fut le début de mon aventure avec les ancêtres, notamment au volant de cette TR3 qui est à nouveau en restauration depuis 2 ans. »

« Petit enfant, je me tenais debout à côté du conducteur »

D’où vient votre intérêt pour l’automobile ?

– « J’ai toujours apprécié les voitures et les voyages mais j’aimais aussi observer les conducteurs. Mon père était pharmacien à Anderlecht, dans le quartier de la Roue et près du dépôt du tram. Un des délégués pharmaceutiques possédait une Volkswagen Coccinelle et m’emmenait parfois dans ses pérégrinations. J’ai l’impression dans mon imaginaire de petit enfant de l’avoir accompagné jusqu’au bout du monde. Je devais avoir moins de 6 ans car je n’allais pas encore à l’école.  Je ne voyais rien en position assise et rester à genoux sur le siège passager était inconfortable ; dès lors, je me tenais debout à côté du conducteur et accrochait mes mains en-dessous du tableau de bord pour voir la route. »

« Heureuse époque » (!) pour les enfants privés de sièges adaptés, bien avant la disponibilité des ceintures de sécurité : « mon grand-père possédait une Buick Roadmaster V8 et nous partions le week-end en famille. Mon père conduisait, mon grand-père était à droite et moi, je restais au milieu. Maman, ma grand-mère paternelle et ma sœur se tenaient à l’arrière. Je me souviens aussi que mon père a eu deux de Soto, une brune et une bleue métallisée. Les pneus n’étaient pas très performants à l’époque et pour rouler plus vite, il avait fait monter des pneus de camion ! Dans les virages, on sentait les gommes qui râpaient à l’arrière sous l’effet, je présume, de grandes glissades. Mais je n’ai jamais demandé combien de kilomètres les pneus résistaient à ce régime. »

« Je passe les vitesses comme mon père à l’époque de ses Jaguar »

Puis, après les américaines, vint la période des Jaguar :

Mon père était intéressé à l’origine par la Jaguar Mark VII 3,4 l. de 1953 mais, dans le quartier populaire où se situait sa pharmacie, ce n’était pas le véhicule idéal pour garder sa clientèle ! Il a donc attendu la sortie de la plus discrète version 2,4 l…dans laquelle avait été placé un moteur 3,4 l.  Je me souviens qu’il est venu me chercher à l’école en septembre 1956 avec cette voiture. Ce fut mon premier contact avec Jaguar. Dès ce moment, j’ai été attentif à la conduite de mon père : je regardais comment il mettait ses mains sur le volant ou enclenchait les rapports, ce qui n’était pas évident avec la boîte de vitesses Moss. Pour passer de 2e en 3e, le mouvement se faisait en deux temps et il marquait un arrêt au point mort avant de pousser le levier vers l’avant. J’ai gardé cette habitude aujourd’hui, même avec ma BMW 130i. »

« On a désoudé, redressé et resoudé le caisson plié d’une Renault 4L »

Comment êtes-vous passé du statut d’amateur de voitures à celui de restaurateur ?

«- En 1968, alors que j’étais en blocus chez une amie, le toit d’une grange s’est effondré, écrasant la Renault 4L neuve qui s’y trouvait, y compris le châssis à caisson. Mon père m’a dit : on va te construire une voiture. Il a été dans une casse chercher une carrosserie de 4L avec l’aide d’un ouvrier puis nous avons désoudé, redressé et resoudé un des caissons pliés ! Comme il avait grâce à sa formation des connaissances en chimie, nous avons badigeonné la caisse un peu rouillée avec de l’acide phosphorique pour transformer l’hydroxyde de fer hydrophile en phosphate de fer hydrofuge. Soit le principe des peintures phosphatantes qui sont apparues des dizaines d’années plus tard. Et pendant trois ans, j’ai roulé en 4L, avant que mes parents ne m’offrent une voiture pour la fin de mes études. J’avais le choix entre une Alfa Giulia 1600 et une BMW 2002 mais, me souvenant du goût de mon père pour les moteurs à longue course et dotés de couple, j’ai opté pour la 2002 plutôt que pour la Giulia. Voilà comment je suis devenu accroc des BMW plutôt que des Alfa ! »

Bien plus tard, votre choix s’est donc porté sur un premier ancêtre, la Triumph TR3 :

-« Au-delà du rapprochement avec la Miata, ce choix n’était pas innocent. Adolescent, je lisais dans le journal Tintin les aventures d’hommes hors du commun. Et je me souvenais de la vie du pilote britannique Peter Collins, fils d’une famille de grands bourgeois. Il y racontait l’histoire de son père qui, pour soigner un domestique gravement malade, avait été chercher en un temps record un médecin au volant de sa TR3. Je m’étais dit qu’un jour j’achèterais ce modèle ! »

Pour Paul Simeons, une passion remontant à la petite enfance. (Ph. ydp)

 

 

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