Vivement la fin de la « Semaine de la mobilité »


 

C’est ce qu’on appelle dans les médias un « marronnier », c’est-à-dire un événement récurrent tournant en boucle et où on peine à trouver des idées nouvelles. La « Semaine de la mobilité » en fait partie.

D’accord, je suis passé à la version électrique mais c’est quand même un vélo, et j’adore ! Parcourir les chemins vallonnés de la forêt de Soignes vers les pistes cyclables du Brabant flamand, le musée de Tervuren ou le château de la Hulpe, c’est ma détente préférée en fin de journée, surtout lors des longues soirées du début de l’été. L’avantage majeur du vélo électrique ? Ne jamais craindre de s’égarer ni se préoccuper du chemin du retour. Et si la nuit est tombée entretemps, un phare correct suffit à me ramener à la maison, voire à débusquer un faon ou un chevreuil surpris par un visiteur nocturne et silencieux.

Au moment où les plaidoyers pro-vélo font leur sortie annuelle dans les médias, je devrais donc être un bon client pour la « semaine de la mobilité ». Et pourtant, celle-ci m’horripile chaque année un peu plus. C’est quoi ce cirque des vélos qui envahissent Bruxelles un dimanche au point de devenir dangereux, ou ces automobilistes qui se font siffler par des cyclistes qui reprendront le volant dès lundi matin ? Le pire, c’est la répétition des discours politiquement corrects à propos de la mobilité, viscéralement anti-bagnoles (en l’occurrence, le combat est plutôt social), nourris la plupart du temps des seuls partis pris et dépourvus de bases scientifiques.

Le tout automobile est révolu, mais encore ?

Que des parents conduisent leurs enfants à l’école en vélo, j’admire même si j’ai parfois peur pour ces derniers; que l’on encourage la marche à pied ou l’usage des transports en commun, tant mieux pour notre santé et la réduction de la pollution. Que le développement des pistes cyclables favorise la pratique du cyclisme, parfois à un rythme très sportif, c’est une évidence comme j’ai pu le constater à Copenhague. L’époque du tout à l’automobile est effectivement révolu et une nouvelle culture doit s’installer progressivement. D’accord sur le principe mais en pratique ?

Montrer du doigt le seul Diesel et annoncer en Wallonie son interdiction en 2030– après l’avoir encouragé abusivement jusqu’il y a peu – ou vouloir miser sur la seule voiture électrique tient du seul effet d’annonce à court terme. C’est oublier que, globalement -cela n’exclut pas des mesures d’interdiction  en ville-  les moteurs Diesel sont moins consommateurs d’énergie et rejettent donc beaucoup moins de C02 dans l’atmosphère que les moteurs à essence ; c’est perdre de vue de lourds investissements (recharge des batteries, stockage de l’électricité, incitants fiscaux indispensables etc), les composants rares des batteries ou le bilan écologique global de la voiture électrique qui sont autant de freins à un usage massif.

Plutôt une « Décennie de la multimodalité »

Pour avancer, mieux vaudrait abandonner la « Semaine de la mobilité » au profit d’une « Décennie de la multimodalité » à travers des initiatives concrètes, ciblées et pensées au cas par cas: la mise en place des parkings de dissuasion à l’entrée des villes assorti d’une fermeture  de certains quartiers aux voitures les plus polluantes , la remise sur le tapis d’un péage urbain, une meilleure coordination des travaux de voirie et d’entretien du réseau pour ne pas compliquer davantage le trafic, de nouvelles pistes cyclables, une revalorisation du réseau de chemin de fer sous-utilisé à Bruxelles, l’arrivée du RER, l’autopartage, une promotion raisonnable de la voiture électrique , des transports publics toujours plus performants, une réutilisation des voies navigables etc.

Si la régulation de l’usage de la voiture s’impose, c’est aux pouvoirs publics et aux consommateurs à la concrétiser. Car l’automobiliste, à l’exception des intégristes que l’on trouve là comme ailleurs, n’est pas plus buté qu’un autre citoyen ni insensible à une pollution des transports en milieu urbain. Sans parler des embouteillages qu’il supporte de moins en moins bien. Mais plus que des discours, il attend des alternatives crédibles, même si elles devront parfois être assorties de contraintes pour aider à changer les comportements.

Dans l’immédiat, vivement la fin de la semaine de la mobilité.

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Une réflexion sur “Vivement la fin de la « Semaine de la mobilité »

  1. L’idée est bonne sur le papier c’est clair, mais il est vrai que cela doit être bien encadré pour éviter les problèmes (a l’instar des sorties en roller qui sont souvent encadré par la ville)

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