Doublé Porsche après 24 heures de folie à Francorchamps


Kevin Estre, Michael Christensen et Richard Lietz imposent la Porsche 911 GT3 du GPX Racing avec 3 secondes sur l’autre Porsche Rowe Racing. @reportage photo ydp.

Au terme de multiples neutralisations et d’une interruption de plus de 5 heures, Porsche émerge de 24 heures aussi aquatiques qu’acrobatiques à Spa-Francorchamps.

Commentateurs, pilotes, chefs de team et surtout spectateurs auront du mal à analyser les dernières 24 Heures de Spa complètement déjantées sur un circuit plus que jamais fidèle à sa réputation.

Ainsi, le célèbre microclimat de la cuvette de Francorchamps a été l’arbitre, si non la vedette, du double tour d’horloge qui n’en fut pas vraiment : après un départ sous les drapeaux jaunes justifié par de grosses averses, la pluie a fini par avoir raison de la course elle-même interrompue par les organisateurs dimanche peu avant 6 h. du matin. Une décision prise après avoir demandé l’avis des chefs de team. Les trombes d’eau étaient telles en cette fin de nuit que les pilotes avouaient ne pas pouvoir dépasser la vitesse de 140 km/h dans la longue ligne droite des Combes à cause de l’aquaplanage les privant de motricité.

A l’évidence, les GT modernes n’ont rien de véhicules amphibies. Fallait-il pour autant arrêter la course pendant plus de 5 heures ?  « Aux Coupes de Spa 1978, j’ai roulé sous une pluie diluvienne à 280 km/h dans Masta avec la Porsche 934, commentait Willy Braillard sur les réseaux sociaux. Mais je ne juge pas car je n’ai jamais conduit les voitures actuelles ! »

De longues neutralisations avant un arrêt total

En outre, dès la fin d’après-midi, deux sorties de route avaient été à la base de très longues promenades « sous drapeau jaune », dont une de plus d’une heure, nécessitée par les réparations à apporter aux rails de sécurité en haut du circuit.

Faut-il rappeler que dans cette configuration, les pilotes ne peuvent plus dépasser et doivent limiter leur vitesse à 80 km/h ? De quoi casser l’enthousiasme de certains spectateurs qui, après avoir été trempés par les intempéries de l’après-midi, quittaient déjà le circuit en début de soirée.

En définitive, le public le plus chanceux aura été celui qui a rejoint Francorchamps dimanche en fin de matinée pour assister au nouveau départ donné à 11h30 pour un dernier quart de course aussi passionnant qu’acrobatique grâce à un niveau de conduite très élevé dans un contexte atmosphérique toujours troublé mais moins que durant la nuit.

Porsche émerge après beaucoup d’autres

Malgré une longue interruption, le classement final n’a rien d’illogique et a permis à une des marques favorites d’émerger. Porsche, qui a longtemps délaissé les 24 Heures de Spa, y est revenu ces deux dernières années avec des équipes de pointe dont 6 voitures engagées ce week-end.

Un peu distancées en début de course, notamment par l’une ou l’autre erreur de stratégie, les voitures de Stuttgart ont fini par sortir du lot, s’offrant même un doublé grâce à deux équipes rivales qui entretinrent le suspense jusqu’au bout à travers les derniers incidents de course.

Une course difficile à suivre, sauf sur son téléphone

Mercedes, très en verve dans les premières heures, complète le podium dont les Audi ont été écartées pour la première fois depuis 2011, le team belge WRT étant même privé d’un accessit suite à un accrochage dans lequel fut impliqué René Rast dans le dernier quart d’heure.

Un livre ne suffirait pas à détailler les multiples incidents ayant émaillé cette course de folie et très difficile à comprendre pour le spectateur, sauf s’il était passé des bords de la piste à l’écran de son téléphone ou de son pc pour suivre en live un événement aussi bien filmé que commenté avec brio.

Un point du règlement complexe pour le public

Ainsi, outre la qualité du système audio toujours très médiocre autour du circuit et empêchant de suivre les commentaires du speaker, un des points du règlement complique la donne pour le public : l’obligation d’un arrêt technique de 5 minutes imposé à chaque voiture à un moment de son choix. Mais comment savoir si tel concurrent bien placé a ou non déjà effectué ce passage au stand coûtant en définitive 2 tours de circuit ? A un moment donné dimanche midi, les trois premiers concurrents n’avaient pas encore procédé à cet arrêt et donc le 4e classé était en fait le leader !

Peut-on contrôler 72 GT à Francorchamps ?

Au moment de conclure cette course hors du commun rassemblant sans aucun doute le meilleur plateau GT au monde, qu’il s’agisse des voitures ou des pilotes, la présence très perturbante de la pluie n’empêche pas de se poser une question : est-il encore possible, même sur un circuit de 7 km, de contrôler efficacement 72 GT en folie tout en garantissant un spectacle de qualité ?

La multiplication des neutralisations puis les nouveaux départs en peloton toujours délicats et sources d’incidents à répétition cassent inévitablement le rythme et le spectacle.  Surtout lorsque la réparation complexe du système actuel de rails nécessite une heure de travail.  On imagine que les organisateurs de SRO, peut-être victimes de leur succès, se poseront les mêmes questions pour l’année prochaine.

Frédéric Vervisch premier Belge

Au classement final, Kevin Estre, Michael Christensen et Richard Lietz imposent la 911 GT3 du GPX Racing avec 3 secondes sur l’autre Porsche Rowe Racing de Nick Tandy/Frédéric Makowiecki/Patrick Pilet, malgré la tentative de remontée de Tandy sur Estre en vue de l’arrivée. La Mercedes Black Falcon de Maro Engel/Yelmer Buurman/Luca Stolz termine troisième après avoir été en difficulté dans les conditions changeantes à une heure de la fin.

Très performant, notamment sous la pluie, Frédéric Vervisch (Audi Sainteloc) se classe meilleur belge et quatrième avec Christopher Haase et Markus Winkelhock. A noter aussi la belle 6e place de la Honda de Bertrand Baguette et de ses équipiers Renger van der Zande (P-B) et Mario Farnbacher (All).

De quoi donner peut-être donner l’envie à Honda d’intensifier sa présence en GT aux côtés des marques allemandes qui continuent à dominer les 24 Heures en GT, à l’inverse notamment d’Aston Martin (abandon de Maxime Martin après la sortie d’un de ses équipiers) et surtout de Bentley qui a complètement loupé son 100e anniversaire.

L’arrivée, un soulagement pour le vainqueur mais aussi pour les commissaires de route soumis à rude épreuve ce week-end.
Mercedes complète le podium après avoir animé le début de course.
Le panneau jaune indiquant la neutralisation de la course a été omniprésent jusqu’à l’arrivée..
Le premier accident aux virage des Combes  consécutif à un souci technique a nécessité la sortie des ambulances pour emmener le pilote et un commissaire de route vers un check in à l’infirmerie. Puis le remplacement des rails a neutralisé la course pendant plus d’une heure. Ce n’était que le début…

 

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