la future Fiat Panda électrique sera destinée à tous les publics


@ydp

Plus qu’un concept, la « Centoventi » dévoilée au printemps dernier pour les 120 ans de Fiat annonce la prochaine Fiat Panda attendue en 2021. Elle apparaîtra en 2023 en version électrique. Survol de trois ans de recherches débridées avec les designers du « Centro Style FCA » à Turin.

« Don’t follow me, I’m lost too ! » (Ne me suivez pas, je suis aussi perdu !). Ce bandeau lumineux défilant sur le hayon arrière de la « Centoventi » n’est qu’un gadget parmi beaucoup d’autres imaginé par une impressionnante équipe de designers rencontrés au « Centro Style » de FCA (Fiat Chrysler Automobiles) à Turin. Un centre très privé comme il se doit et où un portier très consciencieux va scotcher à deux reprises l’objectif du smartphone qui nous sert d’appareil photo.

Peine perdue : ce jour-là, c’est portes ouvertes dans deux studios, ceux de la Fiat Centoventi et de l’Alfa Romeo Tonale évoquée par ailleurs. Volubiles comme le sont (presque) tous les designers automobiles, les concepteurs de la petite Fiat vont nous faire partager pendant une matinée leur enthousiasme inspiré par 3 années de recherches peu banales. Objectif de la CC4 (son premier nom de code désignant la 4e génération Panda) : conserver l’approche minimaliste de la première version et bien sûr innover tout en prévoyant d’emblée une version électrique trop peu présente aujourd’hui dans la gamme de FCA.

Renouveler la Panda à succès

L’idée est venue d’Olivier François, le Français à la tête de Fiat Automobiles depuis 2011. Sa première réflexion était : quelle sera l’étape suivante pour une marque connue pour ses petites voitures populaires et fonctionnelles, à l’image de la Panda apparue en 1980 et dont la carrière à succès aura duré plus de 20 ans ? Cette 2CV à l’italienne destinée à la ville et à la campagne, nous l’avions testée lors de son lancement à Rome, avec sa banquette arrière transformable en un lit rudimentaire, ses tissus de siège déhoussables et son confort de suspension plutôt basique lui aussi.

Son raisonnement, le CEO de Fiat l’a ensuite affiné : toujours pour une citadine, comment pourrions-nous proposer une approche différente de l’électrification ? « Au départ, ce projet était un peu fou, concède Alberto Dilillo, chief designer Fiat, car nous partions de zéro. Nous voulions à la fois retrouver notre histoire riche de voitures populaires et en même temps concevoir un nouveau produit destiné à tous les publics. Notre liberté était totale, qu’il s’agisse de la technologie, des matériaux, des fournisseurs, de l’architecture ou du design. On s’est par exemple inspiré des couleurs chaudes des années ’60 pour les accessoires, on a trouvé à la « fashion week » de Milan un matériel léger, aéré et peu coûteux pour les sièges et on a réfléchi à des usages multiples comme sur la Panda du siècle passé. »

Une plate-forme avec des composants séparés et en option 

Après les premières esquisses, les idées ont dès fusé dans tous les sens : « comment répondre au coût de l’électrification et aux vrais besoins de l’utilisateur, notamment par rapport à l’autonomie des batteries ? Comment simplifier le design et limiter le coût de la fabrication ?  L’objectif majeur restait de créer une nouvelle alchimie destinée à séduire nos futurs clients sur la base d’un véhicule facile à produire et si possible durable ».

Progressivement au fil des recherches, la voiture est devenue une plate-forme avec des composants séparés, intégrés dans le design mais que le client est libre d’acquérir ou non. « Il lui appartient d’aller d’un point A à un point B avec un modèle basique ou de l’améliorer progressivement avec les options de son choix. »

De base, une seule batterie et un seul siège

En pratique, la modularité est flashante. Ainsi, en fonction de l’autonomie souhaitée, le client peut opter pour une seule batterie (100 km) ou ajouter jusqu’à quatre racks pour une autonomie maximale de 500 km. Mieux, les quatre batteries principales sont situées sous le plancher et doivent être placées par un concessionnaire. Mais la cinquième coulisse sous le siège passager, est amovible et peut être transportée comme une petite valise. Objectif en cas de besoin : la recharger à la maison, voire faire l’échange avec une batterie pleine.

Toujours en version de base, la couleur de la carrosserie est grise et l’intérieur est carrément austère avec un tableau de bord basique et …un seul siège. Au client de faire son marché en choisissant par exemple un siège passager normal ou destiné à un bébé, un support pour ordinateur ou un espace bagages à l’arrière. Idem pour la planche de bord en deux versions (avec smartphone ou deuxième écran intégré), les porte-bouteilles, les filets et une série d’accessoires (114 au total) de différents coloris, achetables en ligne ou à imprimer en 3D et adaptables grâce à un système de montage-démontage breveté. En font partie quatre types de pare-chocs, autant de kits d’habillage extérieurs et …quatre toits dont un ouvrant, plus la possibilité d’intégrer des cellules photovoltaïques pour prendre en charge la ventilation en été.

Lettrage au choix sur le hayon arrière

Et puis, il y a ce fameux lettrage sur le hayon arrière dont les designers sont très fiers : « on peut y faire passer des messages personnels – « Bébé à bord » – ou des annonces publicitaires si le véhicule est parqué à côté d’un stade de football ou d’un restaurant. »

Peut-on dire que ce concept est sans concurrence ? « Il peut apparaître tel quel, répond Alberto Dilillo, mais pour nous, il représente d’abord un hommage à la marque Fiat transposé dans une architecture sur roues. C’est cela qui nous semble unique. »

Quel sort va être réservé au concept « Centoventi » ? « Il a été très bien reçu au Salon de Genève, mieux même que nous l’imaginions, répond Klaus Busse, l’Allemand à la tête du département design des marques italiennes du groupe. On attend maintenant la réaction des ingénieurs en charge de la construction à propos du poids, du système d’ouverture des portes et de la conception générale. La décision relative à une éventuelle production pourrait être rapide mais, de toutes façons, il faut prévoir trois ans entre la présentation d’un concept et la mise sur le marché d’une voiture. »

Assez de temps pour faire réagir la concurrence ? Comme on l’imagine, une série de brevets protègent l’éventuelle Panda du futur.

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