La Mercedes Classe A peut se montrer très sobre


Dans sa version essence 1.3 turbo conçue en partenariat avec l’alliance Renault- Nissan, la quatrième génération de la Mercedes Classe A, devenue un ordinateur sur roues, peut se montrer très sobre.

La dernière Mercedes « A 200 Launch Edition Berline » a de quoi surprendre. D’abord aux yeux des non initiés, à l’image de quelques amis découvrant les formes élégantes de cette mini-Classe S alors qu’ils avaient toujours en mémoire l’ancien petit monovolume ! L’occasion de leur rappeler que celui-ci a été abandonné en 2012 lors d’une vraie rupture stylistique qui vit apparaître une berline au toit bas, aux lignes aérodynamiques et aux mécaniques pouvant atteindre 381ch sous le sigle AMG. Un virage capital pour le constructeur de Stuttgart qui lui a permis d’attirer 70% de nouveaux clients dont la moyenne d’âge a diminué de plus de 10 ans !

Deux innovations majeures

Quatrième du nom, la Classe A apparue en 2018 et allongée de 12 cm reste dans la même veine esthétique que la précédente. Mais elle se singularise par deux innovations dont l’une au moins donne  un coup de vieux à la plupart de ses rivales : une instrumentation aux allures de tablette de nature à séduire une partie de la clientèle et peut-être à déstabiliser une autre, plus traditionnelle.

Avec ses deux écrans tactiles dont la taille est fonction du niveau d’équipement (au mieux, deux fois 10 pouces) et les commandes via le volant et le pavé central, la Classe A se gère comme une tablette tactile. Oubliés bien sûr les anciens écrans à aiguille : le conducteur, via les touches à impulsion sur le volant, choisit ce qu’il veut faire apparaître face à lui, entre vitesse, navigation, cartographie, horloge ou consommation ; et puis, une série des commandes tactiles sur l’écran du milieu de la planche de bord et via le pavé central activent les mêmes fonctions et d’autres : téléphone, radios, médias, bluetooth, infos et réglages divers et notamment du style de conduite ; s’ ajoutent les commandes vocales et l’assistance « Mercedes me » qui se déclenche parfois sans que vous ne l’ayez vraiment demandé après avoir touché le pavé tactile très sensible ou en réaction à un hello de votre passagère.

Des aides à la conduite parfois envahissantes

A vrai dire, ces multiples fonctions, aides à la conduite et avertissements en tous genres dans la circulation  apparaissent parfois envahissants ou demandent à tout le moins un peu d’apprentissage pour les maîtriser et ne pas se laisser distraire de l’essentiel, c’est-à-dire le regard vers la route ! Voilà donc une Classe A à l’impressionnante technologie embarquée, dont l’assistance vocale a des accents d’intelligence artificielle (elle mémorise notamment vos préférences) et au besoin semi-autonome en préservant la distance avec le véhicule qui précède et en maintenant la voiture entre les lignes.

Une des autres surprises est liée à la mécanique en provenance de l’alliance Renault-Nissan, un petit 1300 cc turbo associé à une boîte automatique 7G-DCT avec commandes manuelles au volant. Une Mercedes-Renault ? Nuance : l’allemande conserve au moins l’exclusivité d’une technologie, la désactivation des cylindres à faible charge. Et puis, si le bruit mécanique est banal, la montée en régime linéaire et la boîte plus souple que réactive, la puissance disponible concourt à un vrai dynamisme dans le trafic : 163 ch. en l’occurrence !

Une consommation aux alentours de 6 litres aux 100 km, voire inférieure

Le premier but de cette mécanique innovante est pourtant ailleurs : permettre, malgré les performances, une conduite sobre. Pour la tester, nous avons parcouru un peu plus de 1.000 Km en ville puis sur routes et autoroutes. Comme on pouvait le supposer, le milieu urbain n’est pas le plus adapté à un petit moteur turbocompressé et les montées en régime répétées font grimper la consommation instantanée à 12, voire 15 litres ou plus pour atteindre une moyenne globale proche de 10 l/100 km. Sur routes et autoroutes en revanche, le résultat est très convaincant : à une allure raisonnable et en respectant les limitations de vitesse (françaises en l’occurrence), la moyenne varie entre 5,5 et 6l/100 km. A un rythme plus soutenu, elle a atteint 6,6 l/100 km, toujours avec un moteur à essence !

Plus d’espace, finition soignée, confort correct

Voilà donc une offre à prendre en considération parmi les compactes, mais tout est question de choix. D’abord celui d’une berline conventionnelle à l’heure où la cote des SUV à la position surélevée n’en finit pas de grimper. Ensuite celui d’un petit moteur à essence au moment où le marché est perturbé par des informations contradictoires sur les motorisations les plus opportunes. Celui-ci a au moins l’avantage de permettre une comparaison intéressante avec la consommation et les rejets de C02 des moteurs diesels, du moins hors ville.

Restent les caractéristiques d’un modèle premium avec ce qu’il suppose en termes de finition, d’équipements et de coût. L’allongement de la dernière Classe A se traduit par un peu plus d’espace dans le coffre (370 l. au lieu de 341) et dans un habitacle soigné aux places avant mais aussi à l’arrière -sauf la position centrale traditionnellement sacrifiée- où les passagers apprécieront un toit ouvrant panoramique assurant une belle luminosité. Sur route, la tenue de cap est très précise et rend la Classe A « joueuse », les bruits aérodynamiques sont bien maitrisés et, quel que soit le réglage adopté, le confort reste relativement ferme.

Bien sûr, les prix se situent dans la norme des concurrents : en finition « Progressive Line » et moyennant quelques options (toit ouvrant, cuir, boîte automatique…), le modèle essayé est facturé à 38.744 €.

Un moteur qui sera produit à un million d’exemplaires

Face à la baisse d’intérêt pour le diesel et à l’obligation de réduire les émissions de C02, les petits moteurs à essence turbocompressés offrent une alternative. Le 4 cylindres 1.3 T à injection directe de la Mercedes Classe A est le fruit d’une collaboration entre l’Alliance Renault/Nissan et Daimler en cours depuis 2010.

Il a nécessité 4 ans d’étude et 40.000 heures d’essais avant d’être proposé dans des versions 115, 140 et 160 ch pour l’Alliance (163 sur la Classe A). Entre autres caractéristiques de ce moteur à course longue pour favoriser le couple à bas régime, la pression d’injection a été boostée à 250 bars pour  permettre un rapport jusqu’à 123 ch/litre.

Une autre évolution concerne la réduction des frottements et, sur la version Mercedes répondant aux normes Euro 6d (avec filtre à particules), les cylindres 2 et 3 peuvent être désactivés à charge partielle et jusqu’au régime de 3.800 tr/min : les soupapes de ces deux cylindres restent fermées et l’injection est coupée.

Monté d’abord sur les Renault Scénic et Mercedes Classe A, le 1.3 turbo est destiné à une série de modèles des deux partenaires. D’où une production annoncée à terme d’1 million d’exemplaires dans cinq usines dont trois en Europe et deux en Chine.

 

 

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